Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 14:16

Il est très fort, Sarkozy: plus il intervient, plus tout va mal pour lui!

 

Deux exemples, que je retiens parmi la multitude des épisodes de même nature. Il a suffi que le chef de l'Etat se mêle de la recapitalisation du journal Le Monde en faisant connaître son hostilité à l'une des offres sur les rangs pour que cette dernière soit finalement retenue. De la même manière, il a fait modifier la loi pour nommer lui-même les PDG de l'audiovisuel public. Résultat, Radio France connaît une crise majeure et le chef de l'Etat a dû renoncer à  nommer celui qu'il pressentait à la tête de France Télévisions. Le pire, c'est que ces déconvenues ne lui serviront sans doute pas de leçon et qu'il continuera à croire que ces pratiques qui avaient cours avant mai 1981 peuvent être réhabilitées impunément. Il n'en est rien. La France a changé, les Français surfent sur le net et vivent tous les épisodes de la vie publique en temps réel, en y participant, en les commentant, et il faut vraiment vivre à l'Elysée pour ne pas le comprendre.

 

Autre exemple. Il est évident, depuis sa création, que le bouclier fiscal est une injustice que les Français ne pardonneront pas à Sarkozy. Au parlement, nous en demandons l'abrogation depuis des mois, utilisant tous les moyens dont nous disposons, débat budgétaire, propositions de loi, questions au gouvernement. Il nous est toujours répondu avec un incroyable mépris, notamment lorsque nous avons dénoncé un dispositif qui permet aux contribuables les plus fortunés d'échapper à l'effort qui est demandé à chacun pour financer le revenu de solidarité active. Je vois mal aujourd'hui, alors que nous venons d'apprendre que la détentrice de la première fortune de France se voit restituer par l'Etat un chèque de 30 millions d'euros au titre du bouclier fiscal, alors même qu'il est possible qu'elle ait recours à l'évasion fiscale par ailleurs, comment les jours du bouclier fiscal pourraient ne pas être comptés.

 

Combien d'avertissements, combien de manifestations, combien d'échecs faudra-t-il à Nicolas Sarkozy pour qu'il admette qu'il fait fausse route? Ni l'échec cuisant de son parti aux régionales, ni les millions de manifestants contre la réforme des retraites, ni les chiffres accablants de l'économie française, ne le détournent de sa ligne politique clientéliste, inefficace, terriblement inégalitaire.

 

Un fossé infranchissable s'est creusé entre Nicolas Sarkozy et le peuple qu'il dirige. Le chef de l'Etat est coupé de la réalité du pays. Les Français sont touchés par la crise, le chômage, inquiets devant la perspective d'un plan de rigueur, en colère face à un projet de réforme des retraites qui demande des efforts lourds aux salariés, révoltés par une politique qui laisse de côté de plus en plus de jeunes et abandonne les quartiers sensibles, mais lui, depuis son Palais, ne mesure pas leur révolte face aux connivences et aux conflits d'intérêts qui émaillent l'actualité, de l'épisode Epad à l'affaire Bettencourt, du scandale des sommes reversées au titre du bouclier fiscal aux faveurs accordées encore et toujours aux banquiers, rentiers, patrons et autres privilégiés. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis à ses électeurs une « République irréprochable »: il les a trompés. Au passage, il s'est aussi trompé, et il est sans doute trop tard pour qu'il redresse la barre. En serait-il d'ailleurs capable, c'est une autre question.


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Commentaires

Quel artifice faudrait - il  déployer pour que Monsieur Sarkozy conservât un espoir d’être réélu aux prochaines élections présidentielles ? Il est vrai que les révélations du «  Canard Enchaîné « ou d’autres médias qui commencent à délaisser l’hommage systématique du pouvoir n’améliorent pas l’indice de popularité de Monsieur Sarkozy. La démission de deux secrétaires d’Etat ce matin ne concourt pas à rehausser le niveau de satisfaction dans les sondages et surtout la confiance ni à éteindre l’incendie qui menace la majorité; la précipitation de la démission peut – être du limogeage paraît révéler la panique et l’expédient ! Le malaise est profond chez les classes moyennes françaises qui font ou défont les élus. Outre les abstentions - records dans les élections partielles ce « week – end « la mauvaise humeur des Français est plus que palpable. Hors – hexagone les presses étrangères ne sont pas tendres. Bienheureuse Madame Merkel qui faisait tellement plaisir à voir lors de la victoire récente de l’équipe allemande de football ! Les indices économiques de l’Allemagne notamment son commerce extérieur reprennent de la vigueur et traduisent une gestion efficace du pays. En France la dissolution de l’Assemblée Nationale est – elle inéluctable pour laisser intentionnellement la gauche s’échiner à redresser la France malade, «  se casser les dents «  et artificiellement rendre du beau à Monsieur Sarkozy dans les sondages ? Mais le seuil d’impopularité n’est – il pas déjà irréversible ? Les présidents de la Vième République auront tous contribué au bien – être des Français : De Gaulle et notre indépendance et la poursuite de la décolonisation et la participation pour les travailleurs, Pompidou et l’embellie moderne de l’économie, d’Estaing la majorité à 18 ans et la politique pour la femme avec Madame Weil, Mitterand et l’Europe et la vision humaniste pour notre société,  Chirac et la position de retrait lors de la deuxième guerre du Golfe sous la pression des Français et le respect de la France par les nations arabes mais …pour la suite attendons encore un peu avant de conclure que le pouvoir actuel a tout faux !

Commentaire n°1 posté par Charles le 05/07/2010 à 16h29

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