Partager l'article ! Sarkozy et le droit d'ingérence: Le quotidien Le Monde connaît actuellement de graves difficultés financières qui lui impose ...
Le quotidien Le Monde connaît actuellement de graves difficultés financières qui lui imposent une recapitalisation. Il est inutile d'insister sur l'importance de l'enjeu, compte tenu de la place de ce journal de référence dans la presse écrite française. A ce paramètre s'ajoute désormais, comme pour toute la presse, la nécessité de s'adapter au développement de l'information par internet.
Un certain nombre de repreneurs potentiels se sont manifestés à ce jour, sachant que l'une des spécificités du Monde est que c'est à la rédaction qu'appartiendra le choix final, puisque les journalistes, par l'intermédiaire de la société des rédacteurs associée aux sociétés de personnels, disposent d'un droit de regard sur la gestion de l'entreprise et possèdent la minorité de blocage.
Il y a une dizaine de jours pourtant, le directeur du quotidien a été purement et simplement « convoqué » à l'Elysée, pour y rencontrer le chef de l'Etat en personne, qui entend peser sur l'avenir du Monde. Nicolas Sarkozy a donc fait connaître son opposition à l'une des offres de reprise, qu'il assortit de la menace directe, au cas où cette offre serait malgré tout retenue, de remettre en question les aides gouvernementales importantes prévues pour le sauvetage de l'imprimerie du quotidien, qui doit être restructurée. Cela s'apparente, ni plus ni moins, à du chantage.
Le président de la République, qui compte déjà de nombreux « amis » au sein des directions de radios, journaux, télévisions, est un récidiviste de ce droit d'ingérence. Il s'est octroyé le pouvoir de nommer lui-même les présidents de l'audiovisuel public, allant même jusqu'à prétendre rompre ainsi avec l'hypocrisie antérieure.
Il lui semble donc totalement normal, alors qu'il est désormais totalement accaparé par la préparation de sa nouvelle candidature en 2012, de s'assurer d'un contrôle accru sur les moyens d'information.
Ce n'est un secret pour personne que Nicolas Sarkozy a une conception très personnelle de la démocratie, qu'il aime bien plier à son bon vouloir, sans aucun état d'âme sur les moyens mis en place à cet effet. Les pressions exercées ces jours derniers sur le journal Le Monde en sont une nouvelle illustration. Sans doute pas la dernière.
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