Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 11:29

 

S'il fallait trouver un fil rouge à l'action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, ce serait le mépris.

 

Mépris des Français, auxquels le gouvernement fait payer le prix de la crise et de la rigueur annoncée, sans pour autant remettre en cause une politique qui aggrave les inégalités.  A cet égard, la réforme des retraites est le symbole absolu de l'arrogance du pouvoir: pas de négociation avec les syndicats, volonté de faire l'impasse sur le parlement puisque c'est aux médias (et non à l'Assemblée nationale) que le secrétaire général de l'Elysée (et non le ministre du travail) annonce les maigres concessions envisageables, et surtout refus de tenir compte de l'exigence de justice et de solidarité à l'égard des salariés de ce pays, notamment des plus vulnérables.

 

Mépris de la France, de sa Constitution, de ses valeurs, au travers d'une politique sécuritaire qui ne règle rien, mais discrimine les étrangers, empile des lois inapplicables, et cherche à instiller dans les esprits le poison de la stigmatisation en assimilant l'immigration et l'insécurité, dans le seul but de glaner des soutiens électoraux.

 

Mépris de l'intérêt général, qui devrait être pourtant le principe directeur de l'action du chef de l'Etat. Au contraire, seuls les intérêts particuliers comptent, seuls les privilèges des puissants sont préservés, au travers d'une connivence entre le pouvoir et le monde de l'argent qui dicte tous les choix économiques et dont l'affaire Woerth-Bettencourt n'est jamais qu'un symptôme.

 

Le résultat est le climat délétère pour le pouvoir de cette rentrée. La popularité de l'exécutif est très basse, en dépit de  ses tentatives de diversion pour masquer son échec à relancer  la croissance et l'emploi. La majorité se fracture, comme en témoignent des déclarations et prises de position émanant de personnalités de poids. Des dizaines de milliers de manifestants ont exprimé samedi le dégoût que leur inspire la dérive xénophobe constatée au sommet de l'Etat.  Demain, la colère suscitée par l'injustice, celle du projet sur les retraites, et plus largement celle qui se dégage de toutes les réformes conduites depuis trois ans, sera à n'en pas douter massive. Sera-t-elle entendue? Non, elle sera, comme toujours, minimisée. Et méprisée.

 


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