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Dimanche dernier, au lendemain des commémorations des attentats du 11 septembre 2001, Bernard Squarcini, patron de l'antiterrorisme français, assurait dans la presse que « la menace d'un attentat sur le sol français n'a jamais été aussi grande » et que « tous les clignotants sont dans le rouge ».
Le lendemain, on apprenait que l'organisme dirigé par cet ami de Nicolas Sarkozy, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), chargée de la protection des intérêts de l'Etat et de la lutte contre le terrorisme, a procédé à des investigations destinées à retrouver la source des informations sur l'affaire Woerth-Bettencourt divulguées cet été par le quotidien Le Monde. Cette enquête a conduit à la mise au placard d'un proche collaborateur de la Garde des Sceaux.
Quel rapport entre ces déclarations alarmantes et les barbouzeries de la DCRI ? La disproportion est choquante. Si la sécurité des Français est si gravement menacée, les services chargés de la protection du territoire n'ont-ils rien de mieux à faire que de procéder à des « vérifications techniques » afin d'identifier l'origine des fuites dans la presse sur l'affaire Bettencourt?
Frédéric Pechenard, directeur général de la police nationale, autre ami de Nicolas Sarkozy, assure que les services du contre espionnage ont enquêté sur l'origine des informations dont disposait le journaliste du Monde à sa demande. C'est un mensonge par omission. Personne ne peut croire que la direction générale de la police nationale se soit auto-saisie. Car l'utilisation de moyens exceptionnels comme ceux qui ont été employés, qu'il s'agisse d'écoutes téléphoniques ou de consultations de listes d'appels, n'est légalement possible que sur ordre du Premier ministre, après demande du ministre de l'Intérieur, de la Défense ou des Finances, et après avis de la Commission nationale des interceptions de sécurité, qui ne donne son feu vert que pour les atteintes les plus graves à la sécurité nationale et qui en l'espèce dément avoir été consultée.
Cet imbroglio est donc un mensonge supplémentaire dans une affaire qui en compte déjà beaucoup, et surtout, cette procédure rocambolesque, qui bafoue les règles du droit sur l'utilisation des services secrets, viole également les lois sur la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes. On se souvient que Nicolas Sarkozy avait tenté, en vain, de choisir les repreneurs du Monde. On comprend pourquoi.
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