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Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 14:51

 

 

Il y a six mois, Nicolas Sarkozy assurait que les 35 heures n'existent plus en France. Cette semaine, l'UMP annonce qu'il faut les supprimer! Au-delà du paradoxe apparent, on se demande à quoi sert de rouvrir ce débat. L'UMP réunissait mardi une convention sur « la refonte du dialogue social ». Il faut bien comprendre que dans « refonte » il y a surtout « fonte ». Jean-François Copé en a profité pour attaquer une nouvelle fois les 35 heures. Derrière cette annonce se cache non pas l'abrogation des 35 heures, mais la suppression de toute durée légale du travail et donc du seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Ce que veut la droite, c'est renvoyer la détermination du temps de travail à la négociation par branche ou par entreprise, ce qui aura pour effet de fragiliser les salariés en leur retirant la protection qu'apporte la loi: ils seront très vite obligés d'accepter de travailler plus longtemps sans toucher d'heures supplémentaires. Par dogmatisme, la majorité continue de s'acharner contre les 35 heures, alors que celles-ci  ne sont pas responsables de la perte de compétitivité de la France, imputable essentiellement à la mauvaise politique économique conduite depuis près de dix ans. Cette régression sociale sans précédent sera probablement inscrite dans les intentions de la droite: si elle l'emporte à nouveau en 2012, elle s'acharnera toujours plus contre les salariés, comme elle le fait avec la réforme des retraites. Contre l'avis des syndicats et avec l'appui du Medef, le gouvernement vient d'annoncer pour les générations nées à partir de 1955 l'allongement de la durée de cotisation à 41,5 années pour obtenir une retraite à taux plein. Lors de la présentation de la réforme, Eric Woerth s'était engagé à respecter la loi de 2003 qui prévoit le passage à 41,5 ans en 2020. Le gouvernement vient aussi de supprimer le dispositif d'allocation équivalent retraite qu'il avait promis de reconduire pour les 30 000 demandeurs d'emploi de moins de 60 ans qui ont suffisamment cotisé. Il a aussi publié un décret d'application très restrictif sur la pénibilité au travail. Le couperet tombe sur les salariés, une fois de plus.


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