Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 11:45

Le vote à l'Assemblée nationale, la semaine dernière, du projet de loi de financement de la sécurité sociale, n'a pas dans l'opinion et la presse le retentissement qu'il mérite.

 

Que dire en effet d'un gouvernement qui fait le choix délibéré de laisser la sécurité sociale courir à sa perte?

 

Quel record de déficit faudra-t-il enregistrer pour que la droite réagisse? 30 milliards d'euros cette année, et autant tous les ans jusqu'en 2013, n'est-ce pas assez pour inciter le gouvernement à agir? Avec ce Déficit à Grande Vitesse, la sécu sera bientôt en faillite. D'ores et déjà, ses dépenses au quotidien sont couvertes par 65 milliards d'autorisations de besoins de financement.

 

Des solutions existent pourtant. Au cours du débat parlementaire, les socialistes en ont proposé un certain nombre: soumettre les retraites chapeau au droit commun, taxer les stock options, revenir sur les exonérations sur les heures supplémentaires car elles handicapent l'emploi, réexaminer les exonérations sur les bas salaires quand elle sont sans lien avec la compétitivité des entreprises.

 

Non à tout, a répondu le gouvernement. Pas question pour lui de toucher au bouclier fiscal, aux niches qui entravent le fonctionnement de notre protection sociale, aux 58 milliards d'euros d'exonérations diverses qui sont pour la plupart des cadeaux aux privilégiés. Même rejet des amendements socialistes sur le mode de rémunération des médecins, les dépassements d'honoraires, la lutte contre les déserts médicaux.

 

Sa solution : faire les poches des Français, au travers des franchises médicales, du relèvement du forfait hospitalier, des déremboursements de médicaments, de l'augmentation des tarifs des mutuelles.

 

Et surtout, pénaliser les patients. Tout un symbole: la majorité a décidé de limiter à 5 ans le remboursement à 100% des soins pour les affections de longue durée (ALD). Le jour même où la droite votait, seule, le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui prévoit d'exclure les malades du cancer en rémission de ce régime des ALD, le président de la République convoquait les média pour présenter la deuxième phase du plan cancer.

 

C'est incompréhensible? Même pas. Simplement, M. Sarkozy et sa majorité assument ouvertement leur décision de brader la sécurité sociale au profit d'organismes privés. La crise a bon dos, elle a même les reins solides, puisqu'elle justifie, aux yeux de la droite, ces atteintes aux principes de notre solidarité nationale. La médecine à deux vitesses à de beaux jours devant elle.


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Commentaires

Incompréhansible dites vous l'attitude du gouvernement. A moi, pardonnez-moi elle  m'apparaît assez  limpide: il faut faire admettre au bon peuple que "l'exception sociale française" qui  a souvent servi d'exemple  et dont on parle encore  , a vécu et qu'il faut désormais se prendre en charge et passer à pertes et profits, les service publics sous toutes leurs formes, le droit du travail, et la couverture sociale sous toutes ses formes aussi  pour faire place  nette aux intérêts privés et donner toute son envergure en le justifiant  à l'ultralibéralisme d'ores et déjà en place. La machine à broyer n'est pas près de s'arrêter su on n'y veille
Commentaire n°1 posté par Palette HOFMAN le 09/11/2009 à 16h47
Nous savons pertinemment que la santé telle que définie par l'OMS ( physique, mentale, sociale...) est une aspiration légitime pour chaque homme; c'est un droit inaliénable en démocratie et même dans les pays totalitaires;c'est pour chaque être un besoin élémentaire au même titre que se nourrir, se chauffer ...
Ces besoins élémentaires procèdent non seulement de la solidarité, ne serait-ce que pour pour la couverture financière, mais au même titre que pour la justice de la règle de droit. Nous constatons une dégradation de l'accès aux soins pour les plus démunis notamment par l'usage immodéré et quasiment généralisé des dépassements d'honoraires par les médecins spécialistes - ces dépassements
dans l'indifférence  a-priori des élus de droite et des instances médicales ne sont en fait que la partie visible de l'iceberg abyssal de la détérioration de la situation financière - Nous avons la très nette conviction que les mesures prises par le gouvernement ne sont pas justes à l'égard des plus pauvres de nos concitoyens et ne peuvent pas résoudre le déficit colossal de La sécurité sociale ( rappelons, par contre, l'équilibre obtenu pas Martine Aubry dans le gouvernement Jospin ). Devant la gravité des états généraux de la santé s'imposent sans tarder en France rassemblant l'ensemble des partenaires sociaux et professionnels; mais faut-il croire que l'ambition n'est de de privatiser l'assurance-maladie par le canal des compagnies privées d'assurance? Madame la Ministre de la santé je vous interpelle sur une question d'équité entre vos concitoyens dans l'exemple précis du bénéfice du vaccin contre la grippe A!
Pourquoi les seniors de plus de 65 ans même s'ils sont porteurs d'affections de longue durée sont-ils exclus de vos directives de vaccination? Les membres du gouvernement Fillon âgés de moins de 65 ans bénéficient-ils du vaccin?
Commentaire n°2 posté par Bernard le 10/11/2009 à 17h18
Deux vitesses!!
Elle va bientôt avoir une boîte six la médecine.
Mag
Commentaire n°3 posté par mag le 20/11/2009 à 19h00

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