Partager l'article ! La valeur travailleur: Pour Nicolas Sarkozy, dont la dernière lubie est un référendum sur le chômage qui se ...
Pour Nicolas Sarkozy, dont la dernière lubie est un référendum sur le chômage qui sent bon la dénonciation de « l'assistanat », un bon chômeur est un chômeur radié. C'est d'ailleurs un classique de la droite et depuis dix ans, le nombre de radiations administratives mensuelles à l'allocation chômage a augmenté de 67%. Pourtant aujourd'hui, avec un taux de chômage proche de 10%, avec 1 million de chômeurs de plus en 5 ans et 500 000 chômeurs de longue durée supplémentaires depuis deux ans, avec 25% de jeunes sans emploi, le chômage est devenu, malheureusement, la première préoccupation des Français. Alors puisque le président-candidat a échoué à réduire le chômage (il avait promis de le ramener à 5% de la population active), le candidat-président s'attaque aux chômeurs, au travers d'une procédure référendaire qui sous couvert de s'adresser au « peuple », lui permettrait surtout de mettre à l'écart les corps intermédiaires, en particulier les syndicats, ces empêcheurs de déréguler en rond. Sur le fond, il n'y a rien de nouveau. A l'issue d'une formation obligatoire, tout chômeur devrait accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été formé. Cette disposition existe déjà: la loi du 1er août 2008 impose aux demandeurs d'emploi de ne pas refuser plus de deux propositions correspondant à « l'offre raisonnable » définie en lien avec Pôle emploi. De même, le contrôle exercé par Pôle emploi est déjà en place: 40 000 radiations mensuelles sont prononcées- il s'avère d'ailleurs que la sanction pour refus de deux offres raisonnables d'emploi est rarissime. Par contre, Pôle emploi manque cruellement de moyens compte tenu des restrictions budgétaires décidées par le pouvoir sarkozyste qui a diminué de 12% pour la seule année 2012 les crédits de la mission emploi-travail. Comme en 2007, l'important pour Nicolas Sarkozy est de laisser entendre que les chômeurs ne veulent pas vraiment travailler. Les licenciés d'Arcelor-Mittal à Florange, de PSA à Aulnay-sous-Bois, de Cofinoga à Mérignac, pour ne citer qu'eux, apprécieront. Quelqu'un peut-il rappeler à ce président prompt à s'exonérer de son bilan que la « valeur » du travail, c'est l'homme. La vraie « valeur travail », c'est le travailleur.
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Bernard
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