Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 11:09

 

 

La France entre dans la rigueur, elle n'a plus le choix: le déficit atteint 7,5% du PIB, la dette  78,1% du PIB.

 

Depuis 3 ans, le gouvernement a laissé filer les déficits, diminué les impôts des plus riches, préservé leurs niches fiscales, concédé de coûteux cadeaux fiscaux, laissé les banquiers, financiers, traders et autres capitalistes s'enrichir comme si de rien n'était malgré la crise.

 

Aujourd'hui, il est contraint d'engager des mesures d'austérité qui risquent de compromettre le fragile espoir d'un retour de la croissance.

 

L'exécutif annonce une réduction des dépenses de 100 milliards d'euros sur trois ans et la lettre de cadrage de François Fillon invite en effet les ministres à réduire de 10% sur 3 ans leurs dépenses d'intervention. Le Premier ministre a confirmé mardi dernier à l'Assemblée nationale que la diminution du nombre d'emplois publics allait se poursuivre.

 

Le pire est à venir car les annonces du gouvernement ne sont pas à la hauteur de l'objectif budgétaire qu'il affiche. Tout juste François Fillon concède-t-il que les niches fiscales seront réduites de 5 milliards en 2 ans, soit 2,5 milliards par an alors qu'elles coûtent chaque année 75 milliards au budget de l'Etat! On est donc loin du compte.

 

Les Français ont toutes les raisons de s'inquiéter de la situation économique du pays. Nicolas Sarkozy vient de confirmer, alors que son gouvernement jure ne pas toucher aux aides à l'emploi, la suppression des allègements de charges consentis aux entreprises de moins de 10 salariés pour faire face à la crise, qui avaient permis la création de nombreux emplois. Difficile alors que le chômage frappe désormais 10,1% de la population active.

 

De même, pendant que les ministres promettent aux Français qu'ils ne souffriront pas de la rigueur, le chef de l'Etat décide de ne pas reconduire deux dispositifs mis en place en 2009 pour aider les plus fragiles à traverser la crise, à savoir la prime de 150 euros versée à 3 millions de familles modestes et la suppression des deux acomptes dûs au titre de l'impôt sur le revenu 2008.

 

Ces premières décisions confirment que les dépenses sociales risquent bien d'être sacrifiées, notamment les contrats aidés, le RSA, les aides au logement. Pendant que la majorité chipote sur les mots, un sondage démontre que les Français ont compris ce qui les attend, puisque 64% d'entre eux estiment que le gouvernement vient d'engager une politique de rigueur.

 


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