Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 11:59

 

Plus on croit s'approcher d'un mirage, plus il s'éloigne et plus il s'efface. Il en va de même avec la prime de 1000 euros.  En mars dernier, le ministre du travail, conscient du coût politique pour l'UMP des difficultés de pouvoir d'achat des Français, lance la proposition d'une prime salariale liée aux dividendes. Le 7 avril, Nicolas Sarkozy, retrouvant ses accents de campagne de 2007, reprend l'idée à son compte et François Baroin, ministre du budget, évoque un montant minimal de 1000 euros. Le problème est que depuis, la baudruche ne cesse de se dégonfler au fil des arbitrages. Au départ, la prime concernait tous les salariés des entreprises ayant au moins 50 salariés, soit 8 millions de bénéficiaires potentiels. Puis elle s'est vue restreinte aux entreprises qui versent des dividendes, soit 4 millions de bénéficiaires virtuels. Puis, elle s'est rétrécie encore aux cas de dividendes en augmentation par rapport aux deux années précédentes. Au final, sur les 16 millions de salariés du privé, moins de 2 millions  pourraient hypothétiquement être concernés. De même que le nombre de bénéficiaires, le montant de la gratification s'est rabougri. Ainsi, dans les entreprises qui auront rempli tous les critères, il sera négocié chaque année entre l'employeur et les syndicats, dans le cadre de la négociation sur les salaires. L'employeur pourra se limiter à une prime symbolique, voire la verser sous des formes non pécuniaires, mais aussi l'utiliser pour freiner la progression des salaires dans son entreprise. C'est là le principal danger. Ce gouvernement, qui a refusé tout coup de pouce au Smic durant la crise et que l'idée d'augmenter les salaires insupporte, cherche à faire croire aux salariés qu'ils pourront recevoir quelques miettes une fois que les actionnaires se seront répartis les dividendes de l'entreprise, perspective que le Medef se chargera de torpiller. Au final, la prime de 1000 euros sera une tromperie totale, de la frime, et un instrument supplémentaire d'aggravation des inégalités.


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