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Une double opportunité se présente aujourd'hui pour les droits des femmes en Europe.
Celle de la présidence espagnole de l'Union européenne tout d'abord. José Luis Zapatero, qui a fait voter par le parlement espagnol des lois courageuses sur l'égalité entre les femmes et les hommes, a inscrit cet objectif parmi les priorités de sa présidence européenne et notamment du Conseil des ministres des 25 et 26 mars prochains.
Celle de l'évolution institutionnelle ensuite. L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne et la création de l'Institut Européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes élargissent les
compétences de l'Union en matière de droits des femmes.
Le gouvernement français ne saisit pas cette chance pour la cause des femmes. La France, qui n'a d'ailleurs plus de ministère dédié aux droits des femmes, n'a pas présenté ses positions en vue de la réunion de Valence et n'avait pas prévu d'en saisir le parlement.
Le groupe socialiste a donc rédigé une proposition de résolution qui invite le gouvernement français à soutenir dans les négociations européennes à venir le principe de la « clause de l'Européenne la plus favorisée ». Il s'agit d'identifier parmi les législations des Etats-membres celles qui sont les plus favorables aux femmes, et de proposer l'alignement sur celles-ci de l'ensemble des législations nationales. Cette harmonisation par le haut pourrait s'appliquer dans cinq domaines: les droits sexuels et reproductifs, le droit de la famille, la prévention et la lutte contre les violences de genre, l'accès aux responsabilités dans la vie publique et l'entreprise, et l'émancipation économique.
Ce texte, rejeté par la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale mais voté à la quasi unanimité de la commission des lois mercredi dernier, sera débattu dans l'hémicycle jeudi prochain.
L'attitude de la majorité sera intéressante à observer. Car les inégalités persistent en Europe, en matière d'emploi, de formation, de rémunérations, d'exposition au travail précaire. Les violences physiques concernent près de deux femmes sur dix en Europe et les violences sexuelles une sur dix. Les inégalités dans la sphère publique restent élevées: la féminisation des parlements européens ne s'élève en moyenne qu'à 23,7%, avec des écarts allant de 46,7% en Suède à 6,7% à Malte et un peu glorieux 18,5% en France.
J'espère que l'Assemblée nationale soutiendra cette initiative du groupe socialiste afin de doter les citoyennes d'Europe des moyens légaux de leur émancipation et de leur garantir le plus haut niveau de protection juridique offert par l'un des Etats-membres. Une manière de porter l'égalité entre les femmes et les hommes au rang de principe européen et, pourquoi pas, de faire de l'Europe un modèle.
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Bernard
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