Partager l'article ! L'humour pas drôle de Frédéric Mitterrand...: Alors que l'inquiétude grandit, notamment au sein de la rédaction du Parisien ...
Alors que l'inquiétude grandit, notamment au sein de la rédaction du Parisien/Aujourd'hui en France, sur les intentions du repreneur potentiel Serge Dassault, le ministre Frédéric Mitterrand assure que le sujet est » économique et nullement politique ».
Mieux vaut en sourire! Car il faut être un ministre sarkozyste pour oser affirmer que Serge Dassault n'a aucun lien avec la politique. Il dirige un groupe industriel qui vit des commandes de l'Etat, lequel vient d'ailleurs de décider l'achat de onze Rafale pour compenser l'absence de commandes d'avions à l'étranger. Il est déjà propriétaire du Figaro, dont la connivence avec le pouvoir actuel est voyante. Il est sénateur UMP, et a été pendant quinze ans maire de Corbeil-Essonnes, jusqu'à l'invalidation de son élection en 2009 par le Conseil d'Etat, en raison de soupçons de dons d'argent.
Le Figaro et Le Parisien sont vendus chaque jour à 800 000 exemplaires, alors que l'addition des ventes du Monde, de Libération, de La Croix, L'Humanité et France-Soir totalise 590 000 numéros.
S'il réussissait à acquérir Le Parisien, M. Dassault détiendrait donc 60% des quotidiens nationaux vendus chaque jour.
Comment ne pas craindre une telle mainmise à moins de deux ans d'une élection présidentielle à laquelle Nicolas Sarkozy, dont Serge Dassault est un ami, est d'ores et déjà candidat? Comment ne pas poser la question fondamentale en démocratie de l'indépendance de la presse et du pluralisme de l'information? Le ministre de la culture et de la communication, que les députés socialistes ont interrogé hier à l'Assemblée nationale, assure pourtant que le gouvernement auquel il appartient est un grand défenseur de la liberté de la presse! Le prix de l'humour politique est décidément à portée de main pour Frédéric Mitterrand!
La seule solution est une loi contre la concentration de la presse. Le groupe socialiste avait été il y a un an à l'initiative d'une proposition de loi en ce sens que la droite a rejetée. Si elle avait été adoptée, l'acquisition d'un second quotidien par Serge Dassault serait impossible aujourd'hui.
Les journalistes du Parisien, premiers concernés mais derniers informés des manoeuvres en cours, font part de leur préoccupation. La Société des journalistes rappelle les principes d'indépendance du journal et ajoute que « le titre ne peut être au service d'un homme, d'un clan, d'une entreprise ou d'un parti politique ». On ne peut mieux dire ce qui se passerait si Serge Dassault s'emparait de ce quotidien.
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Bernard
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