Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 10:10

Lorsque Xavier Darcos, alors ministre de l'Education nationale, a engagé la réforme des lycées, il a été contraint de reculer devant la fronde des lycéens. Le gouvernement, qui avait négligé la phase de concertation, a remis l'ouvrage sur le métier et aujourd'hui, Luc Chatel présente la nouvelle version de cette réforme que Nicolas Sarkozy a promise durant sa campagne en 2007.

 

Dans les cartons de M. Chatel figure donc ce projet de disparition de l'histoire-géo comme matière obligatoire en terminale scientifique, qui suscite depuis quelques jours la légitime inquiétude des enseignants comme de nombreux géographes et historiens. Le gouvernement explique que la terminale S doit devenir encore plus spécialisée, comme si les futurs bacheliers scientifiques pouvaient se dispenser d'une discipline qui leur permet de comprendre l'évolution du monde, sa diversité et les enjeux de son avenir, alors que ces problématiques seront au coeur de leurs travaux futurs, des appréciations qu'ils auront à forger, des anticipations qu'ils devront élaborer dans leur vie professionnelle.

 

La connaissance du passé n'est une option pour aucun jeune, elle est au contraire une exigence. L'histoire est l'une des matières qui participe à la formation de cet esprit critique indispensable à tous, littéraires comme scientifiques. Elle est en cela un apprentissage de la liberté de penser et un élément structurant de cette culture personnelle et collective qui construit le sentiment d'identité que Nicolas Sarkozy et Eric Besson se proposent en ce moment d'enfermer dans un cadre par eux défini. Comme l'explique Benjamin Stora, « l'histoire n'est pas une simple discipline, mais une conception de la citoyenneté ».

 

Quant à la géographie, comment le gouvernement peut-il juger opportun d'en réduire la place dans les programmes, au moment où le réchauffement climatique et ses conséquences sur le devenir de la planète Terre sont désormais un paramètre essentiel de toute réflexion sur l'avenir? Le climat, que je sache, cela s'apprend en cours de géographie.

 

Cette décision est tout simplement stupide. Les connaissances en histoire et en géographie sont celles qui permettent d'appréhender les mouvements des sociétés humaines, les relations entre les pays, les liens entre les évènements, la chaîne de la vie, tout simplement. C'est ce qu'on appelle la culture. Or, la culture, c'est un peu la bête noire de ceux qui nous dirigent aujourd'hui.

 


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Commentaires

LA FACE CACHÉE DE LA RÉFORME DU LYCÉE

 

Initiée par Xavier Darcos mais menée par Luc Chatel, la réforme du lycée est lancée ! Une de plus, qui, au-delà des bonnes intentions de façade, répond en vérité aux exigences budgétaires du moment. Ainsi prévoit-elle que les enseignements communs en 1re des voies générales et technologiques seront rapprochés. Cette mesure annonce ni plus ni moins de nouvelles fusions de classes aux dépens des enseignements généraux comme le français, l’histoire-géographie, les langues vivantes ou l’éducation physique et sportive… qui représentent 60 % de l’horaire total. Dans cette perspective, il n’y aura plus de distinction de filière en 1re pour ces matières puisque regroupées en tronc commun. D’ailleurs, il est parfaitement envisageable dans une logique comptable de regrouper les heures de cours d'une classe de 1re technologique de 20 élèves (chiffre pris au hasard) avec celle d'une classe de 1re S de 18 élèves pour obtenir une classe de 1re d’enseignements communs de 38 élèves, d’où une économie non négligeable d'heures au final, donc de postes de professeurs (moins 16 000 pour 2010, après les 13 500 de cette année, et la saignée n'est pas finie…). La manœuvre est d’autant plus aisée que d’une façon générale, il n’existe pas de seuils de dédoublement arrêtés au plan national (circulaire n°2000-009 du 13 janvier 2000) et que les programmes concernés seront harmonisés. Pis, des matières sont supprimées en terminale à l’image de l’histoire-géographie pour la filière scientifique. Autre conséquence de cette réforme : la nécessité croissante pour les enseignants concernés de travailler sur deux ou trois sites, voire plus à terme, et/ou d'accepter la bivalence (enseigner deux matières). L'enseignement y gagnera-t-il en qualité, en efficacité ? Que nenni ! Mais les économies seront ainsi réalisées... toujours au nom de l'intérêt supérieur de l'élève !

Commentaire n°1 posté par Opsomer le 09/12/2009 à 17h27
Il va où Sarko ? IL FAIT régime , jogging, se tappe une manequinne !!
Nos jeunes ont besoin de connaitre l'histoire et la géographie , car le passé aide à ne plus reproduire les erreurs. La géogaraphie, c'est qu'en France, il faut penser que d'autres existent ! vive le chauvinisme
Commentaire n°2 posté par adorable le 10/12/2009 à 01h01

Le syndrome de la grenouille....

 

Si vous plongez une grenouille dans de l'eau bouillante, elle sort immédiatement et vigoureusement du récipient, alertée qu'elle est par la douleur qui stimule alors son instinct de survie.

Mais si vous la déposez confortablement dans une bassine d'eau à température ambiante, et que vous faîtes chauffer progressivement la température, la grenouille se sent de mieux en mieux, s’endort, puis cuit, et se meurt sans s’en rendre compte…

 

Ces dernières années, à mesure que le gouvernement avance et impose ses « réformes », la température monte de plus en plus. Et aujourd’hui le gouvernement insiste, persiste, et signe avec une réforme de l’enseignement supérieur des plus alarmantes.

 

Attaquée de toute part depuis des années pour casser le Service Public à l’éducation, et ouvrir une brèche béante au système d’éducation privé, l’École à la française n’en peut plus de se voir sans cesse rognée, et les professeurs souffrent quotidiennement des conditions dans lesquels leur métier s’exerce.

 

Aujourd’hui, l’enjeu est de taille. Sortir du tronc commun des filières S l’enseignement des cours d’histoire-géographie, et le rendre optionnel, c’est symptomatique d’un gouvernement qui souhaite endormir les jeunes consciences lycéennes, et leur retirer les outils à même de développer chez eux leur esprit critique.

Leur quoi ? Leur esprit critique.

Oui, mais l’esprit critique c’est quoi ?

Exercer son esprit critique c'est oser remettre en question l'opinion commune, et c’est prendre conscience qu’elle est souvent erronée et toujours malléable (à grand renfort de plan de communication médiatique par exemple).

Mais alors ?! Si la « ménagère de moins de 50 ans » exerce son esprit critique continuera-t-elle à croire que la politique menée par Nicolas Sarkozy est juste ?

 

Pas si sûr… Et les gouvernants le savent très bien. Alors, à mesure qu’ils augmentent la température, ils retirent le thermomètre. Et la fameuse « ménagère de moins de 50 ans » s’endort petit à petit devant sa télévision asservissante et débilitante, croit être informée en lisant la presse « gratuite », se laisse orienter vers des débats sur l’identité nationale qui viennent éveiller en elle des instincts primaires, et s’endort, convaincue d’avoir LE Président super actif qu’il lui faut pour défendre son pré carré…

« Ah, Sarkozy, quel bon Président ! » s’exclame-t-elle dans un soubresaut. Et pourquoi dire le contraire s'il elle se l'entend répéter quotidiennement par les médias ? Pourquoi dire le contraire si elle n’est pas clairement informée, et sensibilisée ?

 

Heureusement, grâce aux actions quotidiennes de certains Élus, de certains journalistes, de certaines associations, les Citoyens non avertis sont heureusement alertés des dangers, et les prises de conscience collectives permettent alors d’éviter d’être cuit sur place, ébouillanté dans le chaudron des réformes gouvernementales.

Méfiez vous de l’ « UMP », ce n’est pas « Un Merveilleux Parti » duquel est issu « Un Merveilleux Président ». C’est tout simplement « Une Marmite Pestilentielle » de laquelle il convient de s’extirper au plus vite !

En ce sens, Monsieur Roman, votre blog joue pleinement son rôle bienveillant au service de l’intérêt général.

 

J’ajoute que j’ai pour ma part avoir été sur les bancs d’un Lycée qui portait le nom de Robespierre (tout un symbole), et c’est dans cet établissement qu’un professeur nous a toujours sensibilisé sur la nécessité de développer notre esprit critique. Tient, mais dîtes moi, c’était justement le professeur d’Histoire Géographie…

 

 

Commentaire n°3 posté par Benoît Marzec le 11/12/2009 à 10h59

Bienvenue !


Parce que j’ai toujours considéré qu’en ma qualité d’élu je devais rester en contact permanent avec vous, et parce que je sais combien il est important pour chaque citoyen de trouver un espace d’expression et de dialogue,
j’ai ouvert ce blog, d'une part, pour vous permettre de prendre connaissance de

mon activité politique, de mes engagements, voire, de mes coups de gueule, et d'autre part, pour vous offrir la possibilité d’échanger avec moi sur des sujets d’actualité.

 

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Bernard ROMAN

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