Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 17:26

Des policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont examiné les factures téléphoniques détaillées d'un journaliste du Monde qui travaillait sur l'affaire Bettencourt. A l'époque des faits, à l'automne dernier, un conseiller ministériel accusé d'être à l'origine des fuites dans la presse avait été limogé. Mais le Premier ministre avait juré devant les députés que les interceptions de sécurité s'effectuaient « dans le strict respect des libertés publiques » et dans le souci unique de « l'intérêt national ». Aujourd'hui, face à la plainte déposée par le quotidien, le ministre de l'Intérieur admet pudiquement des « repérages de communications téléphoniques » réalisés, selon M. Guéant lui-même, qui à l'époque des faits était secrétaire général de l'Elysée, afin de rechercher les sources des fuites dans la presse. Comment ne pas relever la double illégalité de ces actions qui ne peuvent avoir été commanditées qu'en haut lieu ? Les sources des journalistes sont protégées par la loi du 4 janvier 2010 qui interdit de porter atteinte directement ou indirectement au secret des sources. L'exécutif veut faire croire qu'il s'agissait pour lui non pas d'espionner un journaliste mais de remonter jusqu'au fonctionnaire qui l'informait, dérobade qui ne rend pas son intervention moins scandaleuse ni plus légale. De plus, une surveillance du type de celle qu'a exercée la DCRI à l'encontre d'un journaliste ne peut être légalement justifiée que par des menaces sur la sécurité nationale, par exemple dans des enquêtes sur le terrorisme ou l'espionnage industriel.  On voit mal en quoi l'éventualité d'un financement illicite des campagnes électorales de l'UMP relèverait des intérêts vitaux du pays. Nous sommes face à ce qui est peut-être une affaire d'Etat.  Au vu de l'empressement du pouvoir à étouffer les investigations journalistiques, devant les mensonges de hauts responsables de l'Etat, il est légitime de demander des clarifications. Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale réclame la création d'une commission d'enquête.


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