Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 12:17

Rien n'est joué, nous disaient les dirigeants de la droite au soir du premier tour. Désormais les jeux sont faits: le deuxième tour a confirmé la victoire de la gauche, la déroute de la droite, et amplifié la montée du Front national, dont le score a inhabituellement progressé d'un dimanche à l'autre.

 

En minimisant le vote du 14 mars, les ténors de l'UMP ont semble-t-il poussé les électeurs à enfoncer le clou. Oui, ils font confiance à la gauche pour poursuivre dans les régions le travail qu'elle y conduit depuis 2004. Non, ils n'acceptent plus la politique de Nicolas Sarkozy, faite de favoritismes divers et d'injustices généralisées. Ce n'est pas  la crise que les Français reprochent à la droite, mais sa manière d'y répondre. Dans ces conditions, le discours de l'UMP sur « le maintien du cap fixé par les élections nationales » est inquiétant, car il signifie que le gouvernement n'entend ni l'inquiétude ni la colère du pays. En récitant d'une même voix: « Elections régionales, conséquences régionales », les amis du président de la République s'enferrent dans un slogan vide de sens et ne rendent pas service à leur camp. Dès demain, Nicolas Sarkozy sera contesté dans ses propres rangs, notamment au sein des groupes parlementaires, s'il se refuse à admettre ses erreurs et à changer de cap.

 

La gauche rassemblée savoure sa joie et elle le mérite bien. Notre victoire est plus ample encore que celle de 2004. Le différentiel de 18 points entre le score de la gauche et celui de la droite est sans précédent. Mais tous les leaders de la gauche soulignent à juste titre que ce résultat historique nous donne des devoirs, au premier rang desquels celui de responsabilité. Cette exigence partagée ne devra pas s'émousser au contact du calendrier politique. Si l'abstention s'est réduite entre les deux tours, elle reste à un niveau d'alerte qui invite à l'humilité et à la remise en question toutes les formations politiques.

 

Ce que nous avons à bâtir dans les prochains mois, c'est donc un rapport de confiance avec les Français. A partir des régions, en travaillant d'abord sur les enjeux territoriaux pour lesquels les citoyens nous ont mandatés hier, et en combattant le projet de démantèlement des territoires que le gouvernement veut imposer au parlement. Nous avons démontré depuis 2004 que des régions de gauche pouvaient contrebalancer les effets les plus dévastateurs de la politique de la droite. Mais jusqu'à un certain point seulement, et c'est pourquoi nous devons aussi préparer les échéances nationales pour proposer au pays un changement profond. La belle victoire remportée hier par la gauche n'est pas un blanc-seing, mais elle légitime cette espérance.


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