Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 10:54

La réduction à 5,5% du taux de TVA dans la restauration a dès l'origine soulevé un grand scepticisme. Le premier bilan ne lève pas les doutes, au contraire.

 

Le contrat d'avenir signé il y a un an entre les restaurateurs et le gouvernement prévoyait la création de 20 000 emplois supplémentaires en 2 ans, une baisse des prix de 3%, et un accord social pour les salariés du secteur.

 

Qu'en est-il? Les créations d'emploi ne sont pas au rendez-vous. Le ministre Novelli a cru bon d'annoncer que l'objectif était non seulement atteint mais dépassé: c'est faux. Certes, quelque 21 000 emplois sont comptabilisés, mais le secteur en avait détruit 14 000 entre janvier 2008 et juin 2009, et la profession crée habituellement 15 000 emplois par an: c'est en supplément de ces derniers que devaient venir les 20 000 emplois pérennes promis par le gouvernement.

 

Rendez-vous manqué aussi pour la baisse des prix, avec une maigre diminution de 1,3%. La moitié des restaurateurs n'ont pas réduit leurs tarifs et 10% d'entre eux les ont même relevés!

 

Enfin, sur le plan social, un coup de pouce salarial a certes été accordé, mais l'effort de modernisation est demeuré fort modeste et en-deçà des engagements de la profession.

 

Face à ce bilan pour le moins mitigé, la droite est un peu gênée. Le rapporteur UMP du budget à l'Assemblée nationale plaide en faveur de l'instauration d'un taux de TVA intermédiaire de 12% dans la restauration. Dans la perspective du « coup de rabot » qui doit toucher l'ensemble des niches fiscales, François Baroin a qualifié la baisse de la TVA dans la restauration de « très très grosse niche » à laquelle il trouverait justifié de s'attaquer. Même Nicolas Sarkozy aurait évoqué cette semaine devant les députés UMP qu'il recevait à l'Elysée cette décision comme « une erreur de détail » dans sa politique économique -ce qui n'a pas empêché Christine Lagarde de jurer ses grands dieux qu'elle ne la remettrait pas en cause.

 

Dans cette cacophonie, une chose est sûre: alors que le déficit des finances publiques contraint le gouvernement à adopter des mesures de rigueur, comment justifier la prorogation d'un dispositif qui coûte 2,4 milliards par an à l'Etat, montant qu'il est instructif de mettre en regard des 3 milliards d'économies générées d'ici 2013 par la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires. La comparaison est indigeste, à tout le moins.


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