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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 09:41

 

 

S'il est un domaine dans lequel le bilan de Nicolas Sarkozy peut être examiné de manière exhaustive, c'est la sécurité. Comme ministre de l'Intérieur de manière presque ininterrompue entre 2002 et 2007, et depuis son élection à la présidence de la République, il a toujours fait de la sécurité sa priorité, son marqueur, son emblème. Aussi n'est-il pas étonnant que le rapport de la Cour des comptes  sur « l'organisation et la gestion des forces de sécurité » dérange ce pouvoir qui n'a cessé de biaiser les chiffres et de jouer sur les mots. Au lieu de polémiquer, le ministre de l'Intérieur et l'UMP feraient mieux de voir la réalité en face. Car les observations de la Cour des comptes ne sont que des confirmations de ce que les élus, les citoyens et les policiers eux-mêmes constatent au quotidien. Entre 2002 et 2010, les violences contre les personnes ont augmenté de 21,2%. La « culture du résultat » chère à Nicolas Sarkozy conduit à ce que la Cour des comptes qualifie de « pilotage statistique ». Elle cite l'exemple de la lutte contre le trafic de stupéfiants, délibérément ciblée sur l'interpellation des consommateurs, tout simplement parce que l'arrestation d'un fumeur de cannabis compte à la fois pour un délit constaté et un fait élucidé, permettant d'enjoliver les statistiques. La Cour des comptes souligne aussi qu'en 2011, en raison de la RGPP, le nombre de policiers affectés dans les services de sécurité publique est revenu à son niveau de 2002 et que, beaucoup de policiers restant affectés à des tâches administratives, le pourcentage de policiers effectivement sur la voie publique en 2009 ne dépassait pas 5,5%! Non seulement la présence de la police sur le territoire est insuffisante numériquement, mais elle est de plus très inégale: moins d'un policier pour 500 habitants dans certains villes sensibles d'Ile-de-France, un pour 200 habitants dans des petites communes tranquilles de province. Le désengagement de l'Etat, qui accroît le rôle des polices municipales, aggrave ces disparités. Enfin, les rapporteurs jugent la vidéosurveillance, mesure phare de cette majorité, très coûteuse pour des résultats peu probants. Au final, c'est un réquisitoire sévère mais objectif que dresse la Cour des comptes, qui est dans son rôle en vérifiant la bonne utilisation des fonds publics, et dont les méthodes de travail, collégiales et rigoureuses, ne justifient pas le mépris de certains responsables UMP qui ont vu dans son travail « un tract du PS ».


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