Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 11:04

 

Le report de 65 à 67 ans de l'âge auquel les salariés peuvent toucher une retraite sans décote est la mesure la plus injuste du projet de loi Woerth. Elle pénalisera les salariés qui ont eu des carrières incomplètes, au premier rang desquels les femmes. Aujourd'hui, 21% de femmes prennent leur retraite à 65 ans, contre 13% d'hommes. Les salariées du secteur privé en âge de liquider leur pension touchent une retraite inférieure de 45% à celle des hommes. Devront-elles désormais  jouer les prolongations?

 

Le gouvernement se déclare ferme et assure tenir bon. Mais il est  plus embarrassé qu'il ne l'admet. La preuve en est  que l'interview de M. Woerth dans Le Parisien de mardi a été rectifiée avant sa parution. La version publiée par le quotidien diffère en effet de celle qui a été envoyée aux agences de presse dans la soirée de lundi. Les corrections, apparemment dictées par l'Elysée, portent sur plusieurs points, dont celui du relèvement à 67 ans de l'âge de départ à la retraite à taux plein. Le ministre nie la pénalisation qui en découle pour les salariées, estimant que le problème est celui des écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes, qu'il qualifie de « discrimination » dans sa première réponse, et de « différence » dans la seconde. Dans la première version, il considère que « les bornes d'âge ne sont pas négociables ». Dans la deuxième, « elles ne peuvent être modifiées ».

 

Ces nuances pourraient être le signe d'un changement de ton, perceptible aussi sur la question du maintien de la retraite à taux plein à 65 ans pour les mères de trois enfants.  Une partie de la droite sénatoriale défend cet aménagement. Lundi, le ministre répond que « ce n'est pas le problème ». Mardi, il n'exclut plus un aménagement. Plus tard encore, Eric Woerth, agacé, assure n'avoir « jamais évoqué ce sujet en particulier ».

 

La raison de ces atermoiements est simple: le gouvernement n'a pas la majorité au Sénat sans l'appui des centristes, qui espèrent obtenir des assouplissements.

 

A la suite de la mobilisation massive du 7 septembre, des évolutions mineures ont été décidées par le chef de l'Etat. A la veille de la journée sociale du 23 septembre, l'opposition, les syndicats, les salariés, doivent donc continuer à protester et à proposer une autre réforme. Le gouvernement est passé en force à l'Assemblée, espérant ainsi imposer l'idée que tout était « plié ». Au contraire, rien n'est joué.

 


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