Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 14:12

 

 

Les formations populistes progressent partout dans l'Union européenne, qu'elles dirigent en coalition avec la droite classique comme en Italie ou qu'elles appuient des gouvernements comme au Danemark et aux Pays-Bas. En Hongrie, le premier ministre Viktor Orban  a remporté les élections il y a huit mois en ralliant son parti, « Fidesz », aux thématiques de l'extrême-droite. A la tête du gouvernement, il fait donc voter des lois conformes à ses idées. Ainsi, vendredi dernier, la Hongrie s'est-elle dotée d'un dispositif de censure de la presse. Le problème est que, le lendemain, elle a pris pour six mois la présidence de l'Union européenne. Dans la mesure où le respect de la démocratie est un principe commun aux 27 pays qui composent l'Union, sachant que la charte des droits fondamentaux annexée au traité de Lisbonne leur demande d'assurer la liberté de la presse, cela crée un malaise. Pourtant, à ma connaissance, seuls le Luxembourg et l'Allemagne ont protesté contre la loi liberticide votée par le parlement hongrois. Le silence des autres Etats-membres, et notamment de la France, est choquant, et sans doute en grande partie imputable au fait que « Fidesz », au parlement européen, est affilié au Parti populaire européen. Comme l'UMP. De fait, Nicolas Sarkozy, s'il a voulu se présenter dans ses voeux comme un président protecteur, omet de protéger les libertés et n'a pas dit un mot des interrogations qu'inspire cette présidence hongroise de l'Europe. Il a pourtant insisté sur les valeurs républicaines. S'il veut les défendre, il en a l'occasion. Au moment où la pression populiste s'accroît sur l'Europe, la droite républicaine devrait en combattre les idées et s'en démarquer nettement. Au lieu de quoi, en France en tout cas, elle les intègre à son discours. C'est l'une des leçons de 2010. Du débat sur l'identité nationale, que M. Copé entend d'ailleurs relancer, aux odieuses expulsions des Roms l'été dernier, de la loi anti-burqa au discours sécuritaire de Grenoble, le chef de l'Et.at et son parti, talonnés par l'extrême-droite et taraudés par la peur qu'elle leur inspire du point de vue électoral, cherchent à ratisser sur ses terres. Au risque de valider les thèses populistes et de s'en faire les complices.


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