Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 10:47

Un décret d'application de la loi du 3 août 2009 sur la mobilité dans la fonction publique actuellement en préparation suscite une grande inquiétude.

 

Ce projet de décret relatif à « la réorientation professionnelle des fonctionnaires de l'Etat » justifie en effet toutes les méfiances.

 

Il est présenté dans un contexte de restrictions budgétaires, puisque 100 000 emplois ont été supprimés dans la fonction publique depuis 2007.

 

Surtout, son contenu est ahurissant.  Ce projet de décret permettra de placer en période de « réorientation professionnelle » tout « fonctionnaire dont l'emploi est supprimé dans le cadre d'un projet de réorganisation ou d'évolution de l'activité du service ».

 

Durant cette période, l'agent devra constituer son « projet personnel d'évolution», tout en restant à la disposition de l'administration pour des missions ponctuelles sur d'autres postes, qu'il ne pourra refuser plus de trois fois sans être placé en disponibilité d'office, donc privé de travail mais aussi de salaire!

 

Une fois en disponibilité, l'agent qui refuserait encore trois postes en vue de sa réintégration pourra être licencié. Bien sûr, il est à craindre que ces propositions d'affectations soient inacceptables notamment pour des raisons d'éloignement géographique.

 

Le 25 janvier, le président de la République s'indignait  sur TF1 de la situation des contractuels non titularisés. On dénombre en effet aujourd'hui 841 700 non titulaires qui représentent 16% du total des fonctionnaires. Nicolas Sarkozy est-il allé trop loin? Quoi qu'il en soit, une semaine plus tard, l'Etat envisage de démanteler le statut de la fonction publique et invente le chômage non indemnisé.

 

Il faut toujours se méfier du vocabulaire technocratique. Cela fait longtemps qu'un « demandeur d'emploi » cache un chômeur. Avec ce décret, « réorientation professionnelle » serait un euphémisme pour  licenciement, et « restructuration  de l'Etat » un synonyme de démantèlement de la fonction publique.De sorte que « fonctionnaire » pourra bientôt se traduire par « bouc émissaire ».


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Commentaires

Cela fait déjà bien longtemps que le fonctionnaire est devenu corvéable à merci.
Mais le réel problème est que le gouvernement veut se débarrasser du service public en le réduisant à son strict minimum, refusant ainsi ses plus grandes responsabilités, à commencer par celui d'assurer à tous un enseignement correct. On détruit peu à peu tous les services publics. L'EN sera bientôt dans un tel état de délabrement que seuls les bannis de la société y enverront encore leurs enfants, et les écoles publiques ne seront bientôt plus que des ghettos où, de plus en plus souvent, l'un des élèves pètera les plombs, massacrant ses camarades et ses profs à la carabine. Le système à.........l'américaine, modèle de perfection de notre cher président!
Commentaire n°1 posté par Colette Martin le 03/02/2010 à 13h57

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