Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 11:11

 

Plus Sarkozy dégringole dans les sondages, plus Fillon monte. L'un paie sa surexposition, son omniprésence, l'autre encaisse les dividendes de son mutisme et de son effacement. Si le plongeon du premier est étonnamment rapide, les faveurs recueillies par le second sont imméritées. Pour Fillon, le silence est d'or, mais il ne lui offre qu'une protection à durée limitée. Face à cette désagrégation accélérée, je pense que la Ve République va reprendre ses droits. Jusqu'ici, la présidence Sarkozy, c'est le monde à l'envers: depuis cinquante ans, le premier ministre sert de « fusible » au chef de l'Etat, et ce partage des rôles concourt à la stabilité du régime. Depuis huit mois, par la seule volonté du président, par une sorte de fait du prince, le système est inversé, et c'est le président lui-même qui est aujourd'hui déstabilisé. Ce dysfonctionnement entraîne une crise grave, la politique conduite par l'exécutif étant à la fois incohérente, impopulaire, et surtout sans résultats. La contestation atteint les rangs de l'UMP. Les élus déboussolés se replient derrière le premier ministre, et lâchent celui en qui ils voyaient encore récemment leur homme providentiel. Cet opportunisme hâtif est peu glorieux mais c'est leur affaire. Le vrai problème est que Sarkozy a trop désacralisé la fonction présidentielle. Cette erreur d'appréciation, accompagnée de très nombreuses fautes de goût, a profondément déplu aux Français. D'une certaine manière, c'est rassurant. D'abord parce que le désaveu brutal de l'opinion souligne l'attachement des citoyens à leur République, leur refus de la voir bradée sur l'autel de la frivolité. Mais aussi parce que, si le chef de l'Etat veut reprendre la main, il devra revenir à une conception de son pouvoir et à une pratique des institutions plus traditionnelles. Ce serait une bonne nouvelle, car cela annoncerait, après quelques mois d'errements, un mode de fonctionnement permettant à chacun d'exercer son rôle. Si le président prend la mesure de sa mission et de ses exigences, le gouvernement pourra gouverner, sous le contrôle du parlement. Et l'opposition pourra s'opposer, ce qui revitalisera le débat démocratique. Le coup de semonce des sondages annonce peut-être la fin des excès de l'hyperprésidence et le retour à la raison.

 


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Commentaires

bien vu Bernard 
c'est donc la fin du petit tzar kozy ???
Commentaire n°1 posté par jean schepman le 13/02/2008 à 23h50
Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ! Si Nicolas Sarkozy est en chute dans les sondages, il n'en demeure pas moins le président de la République jusqu'en 2012 et possède la majorité au Parlement. Par conséquent, même si la Gauche remporte les prochaines élections municipales, même si elle se glose de la situation ubuesque à Neuilly-sur-Seine, le petit Monaco d'Île-de-France, la Gauche ne pourra rien faire face à la déferlente de "réformes" qui s'annonce après les élections. En difficulté, le locataire de l'Elysée n'aura pas d'autres choix que de foncer tête baissée, d'accélérer on ne sait vers où, mais il va accélérer et rien, ni personne ne pourra l'arrêter car la Gauche est minoritaire au Parlement, pis certains caciques socialistes approuvent à mots couverts les réformes entreprises... Vous aurez beau protester - si protestation il y a - vous pourrez vociférer autant que vous voudrez, Sarkozy imposera sa politique. Citons quelques exemples : réforme du BAC PRO en 3 ans ; fusion des séries générales S, ES et L ; remise en cause, voire suppression du statut de fonctionnaire ; fusion des trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) ; etc. Les années 2008 et suivantes vont être rudes pour les  Français et, malgré vos gesticulations, vos déclamations, vous ne pourrez pas vous opposer à la machine sarkozyste... Pis, le gouvernement justifiera la chute de popularité du chef de l'Etat par la volonté déçue des Français à voir s'accélérer les réformes jugées "nécessaires" pour "moderniser" le pays. Il en concluera que pour répondre au mécontentement, il faut relancer le rythme des réformes, l'accélérer même !

En écrivant ces quelques lignes, j'enrage car si le PS avait voté "non" au Congrès de Versailles, il aurait définitivement paralysé l'action de Sarkozy...
Commentaire n°2 posté par Opsomer le 14/02/2008 à 11h12

La lecture du Figaro, organe de presse officiel de l’UMP – je suis tenté d’écrire la « Pravda » de l’UMP – est éloquente ! Les interviews de Hervé Morin et François Fillon sur le site de ce journal confirment ce que j’ai écrit précédemment : les réformes vont se poursuivrent parce que les Français le demandent, le réclament, l’exigent. Je n’ai pourtant rien demandé et vous ?

 

Hervé MORIN. Les fluctuations de sa popularité ne m'intéressent pas. Les sondages sont à la démocratie ce que les cours de Bourse sont à l'économie réelle. Ce qui compte c'est sa légitimité tirée de son élection. Le président de la République dispose d'une majorité parlementaire solide et l'opinion désire très majoritairement une politique de changement : voilà ce qui compte. Nicolas Sarkozy a été élu sur l'idée même du changement. Et qui peut nier que notre pays a besoin de se transformer en profondeur pour s'adapter à un monde dans lequel la liberté est le moteur principal. Quels que soient les états d'âme ou les résultats des élections, ce changement doit se poursuivre. […] Source : Le Figaro, 14 février 2008.

 

François FILLON. Que la majorité soit inquiète parce qu'elle ressent l'impatience des Français ou parfois leur incompréhension, c'est normal. Mais je veux lui dire que, si elle veut vraiment mettre en œuvre le programme du Président, il faut continuer à chercher des ouvertures nouvelles et à susciter des débats qui amènent la société française à réfléchir sur elle-même. […]Les Français ne sont pas réticents aux réformes. Au contraire, ils sont demandeurs. […]Toutes ces réformes ont été soutenues par les Français dans des proportions inégalées. La majorité doit se réjouir de ce soutien et peut afficher ce bilan avec fierté. […]A partir du moment où l'on raisonne sur la durée d'un quinquennat, on ne doit pas se laisser enfermer dans le calendrier électoral. La seule chose qui compte pour moi est de savoir si le choix d'avoir recours à des experts permet ou non d'enrichir le programme de réformes du gouvernement. […] Avec Nicolas Sarkozy, je maintiendrai le cap des réformes. […] On regrette toujours de ne pas être allé assez vite. Mais je note qu'on est allé plus vite et plus fort que tous les gouvernements qui nous ont précédé. […]Les municipales auront des conséquences politiques... locales. Il n'est pas question pour nous de mélanger les élections locales et les échéances nationales. Le Président a été élu pour cinq ans. En revanche, et c'est la raison pour laquelle je fais campagne aux côtés de mes amis de la majorité, je sais qu'il est plus facile d'expliquer les réformes aux Français avec l'appui des élus de la majorité présidentielle qu'avec des élus qui sont dans l'opposition systématique. […] Ça n'a pas d'incidence sur la continuité des réformes. […] Le Président est en première ligne comme aucun des présidents de la Ve République avant lui ne l'a été. Il conduit une politique audacieuse. Ma conviction, c'est que le moment venu, les Français lui sauront gré du redressement engagé. […] Avec le président de la République, nous n'avons jamais pensé qu'appliquer un programme de réformes aussi ambitieux serait une promenade de santé. Puisque ce n'est pas une surprise, ce ne sont donc pas les sondages qui vont nous détourner de notre chemin. Pour nous le seul sondage qui vaille vraiment, ce sont les chiffres attestant de la réalisation de nos objectifs. Les réformes plus que jamais ! Source : La Figaro Magazine, 14 février 2008.

Commentaire n°3 posté par Opsomer le 15/02/2008 à 14h03

Bienvenue !


Parce que j’ai toujours considéré qu’en ma qualité d’élu je devais rester en contact permanent avec vous, et parce que je sais combien il est important pour chaque citoyen de trouver un espace d’expression et de dialogue,
j’ai ouvert ce blog, d'une part, pour vous permettre de prendre connaissance de

mon activité politique, de mes engagements, voire, de mes coups de gueule, et d'autre part, pour vous offrir la possibilité d’échanger avec moi sur des sujets d’actualité.

 

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