Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 14:36

 

Qu'y a-t-il de plus grave en France que l'état d'abandon dans lequel sont laissées les banlieues? Elèves en échec scolaire, jeunes sans emploi, familles mal logées, quartiers dépourvus de services publics, villes enclavées faute de transports collectifs: depuis des décennies, les élus de terrain, les associations, assurent du mieux possible une présence et un soutien auprès des populations confrontées à ces multiples difficultés et discriminations. Mais à leur engagement répond trop souvent le désengagement de l'Etat, qui a nettement empiré depuis 2002. Ministre de l'Intérieur, Sarkozy avait beaucoup parlé, mêlant l'insulte envers la « racaille » aux promesses mirobolantes. Mais il n'a pas agi, et il n'est même jamais revenu sur la dalle d'Argenteuil. Candidat, il avait annoncé un « plan Marshall », dont la présentation, plusieurs fois repoussée, a enfin eu lieu vendredi dernier. Encore un plan, encore un flop. Sur les institutions, sur la croissance, sur les banlieues, le même scénario se répète, au risque de devenir lassant: beaucoup d'ambition au départ, un lancement en fanfare. Une grande déception au final. Les mesures que le chef de l'Etat a énumérées vendredi, certes émaillées de bonnes intentions, ne dérogent pas à cette habitude car elles pèchent par un double défaut structurel. Le premier est leur logique sécuritaire, choquante et inappropriée. Le ton du président est inutilement moralisateur (« il faudra se lever tôt le matin et mériter la confiance de l'Etat ») et dangereusement stigmatisant lorsqu'il déclare une «guerre sans merci à l'endroit des trafiquants ». Le maintien de l'ordre est l'une des missions premières de l'Etat, ce n'est pas un slogan. Et les jeunes des banlieues n'ont pas besoin que l'on s'adresse à eux comme à des délinquants a priori. La deuxième carence est l'insuffisance, voire l'absence, de financement. Il y a un fossé entre l'exigence d'une solidarité partagée au moyen d'une réelle péréquation entre les villes riches et les villes pauvres, et la perspective « d'engager une réflexion sur la répartition des dotations aux collectivités » évoquée par Nicolas Sarkozy. Les Français sont fatigués de ce décalage entre les discours tonitruants et les actes rabougris. Cette lassitude se traduit sur les courbes des sondages, ce qui est le problème de l'UMP. En revanche, le temps perdu pour la France est grave. Les banlieues ne peuvent plus attendre.

 


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Bienvenue !


Parce que j’ai toujours considéré qu’en ma qualité d’élu je devais rester en contact permanent avec vous,
et parce que je sais combien il est important pour chaque citoyen de trouver un espace d’expression et de dialogue,
j’ai ouvert ce blog, d'une part, pour vous permettre de prendre connaissance de

mon activité politique, de mes engagements, voire, de mes coups de gueule, et d'autre part, pour vous offrir la possibilité d’échanger avec moi sur des sujets d’actualité.

 

  Vos commentaires m'intéressent,

bienvenue sur mon blog!

 


Bernard ROMAN

Pour me contacter  :
contact@bernard-roman.org

 

Coordonnées

Permanence parlementaire
165 rue d'Arras
59000 Lille
Tél. 03 20 52 09 20
Fax.03 28 54 01 37
contact@bernard-roman.org



Siège de Région
151 avenue du Président Hoover
59555 Lille cedex
Tél. 03 28 82 50 01
Fax.03 28 82 59 01

Recommander

RSS

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés