Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 16:49

Le mois d'octobre a été émaillé de conflits sociaux. Ils continueront en novembre. Dès cette semaine, les marins pêcheurs manifestent leur inquiétude. Ces mécontentements sont légitimes et ils ont un point commun : ils portent sur le pouvoir d’achat. Car l'envolée des prix devient insupportable. Or, ni le chef de l'Etat ni ses ministres ne mesurent l'ampleur du problème. Ils devront pourtant prendre en compte trois exigences. La première est la vérité. Le gouvernement se retranche derrière l'indice des prix de l'Insee, alors qu'il ne correspond plus à la véritable consommation des ménages. Il est urgent de le corriger, comme les socialistes l'avaient proposé durant la campagne pour les présidentielles, en intégrant le coût du logement, de l'énergie, des assurances, de toutes les charges contraintes. Preuve de l'incompréhension de nos dirigeants, la ministre de l'économie rejette toute baisse des taxes sur l'essence et invite les Français à délaisser la voiture pour se rendre au travail, comme si les jeunes mères ou pères de famille pouvaient déposer leurs enfants à la crèche ou à l'école en vélo ! Le deuxième principe qui s'impose est la justice. En dépit du slogan « travailler plus pour gagner plus », théoriquement mis en oeuvre grâce à la défiscalisation des heures supplémentaires, les salariés ne voient rien venir, car le système est pratiquement inapplicable. A ce jour, le seul Français dont le salaire ait augmenté de 140% s'appelle Nicolas Sarkozy. Celui-là même qui s'est fait élire en promettant de valoriser le travail. Pour l'instant, qu'avons-nous vu ? Quinze milliards d'euros de cadeaux fiscaux offerts cet été aux plus riches, soit un chèque de 100 000 euros pour les 2 500 contribuables dont les revenus ne proviennent pas de leur seul travail. Troisième urgence, l'action. Il est anormal que ni le premier ministre, ni la ministre de l'Economie, n'aient la moindre ébauche de solution aux problèmes de la période. L'essence augmente ? Alors, pourquoi ne pas rétablir la TIPP flottante, pourquoi ne pas rendre effectif le chèque transport, pourquoi ne pas alourdir l'impôt sur les sociétés des grands groupes pétroliers ? Les ménages modestes sont écrasés par leurs loyers ? Un moratoire sur le prix des loyers donnerait le temps de réfléchir à des mesures favorables aux locataires, au lieu de vouloir à marche forcée imposer « une France de propriétaires ». Mais surtout, plus que tout, des initiatives fortes en faveur de la création d'emplois et de la revalorisation des salaires les plus modestes sont aujourd'hui impérieuses. Sarkozy aime s'occuper de tout et jouer les Zorro ? Très bien ! Qu'il s'attaque à la question des prix et du pouvoir d'achat. Fillon se désespère de sa chute de popularité ? Eh bien qu'il fasse son travail de premier ministre !


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