Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 12:18

 

La retraite à 60 ans est l'une des réformes majeures du gouvernement de Pierre Mauroy. C'est une conquête sociale emblématique du socialisme, et c'est bien pour cela que la droite veut sa suppression. Pour déboulonner un symbole.

 

Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy s'était pourtant solennellement engagé à ne pas revenir sur la retraite à 60 ans parce que, disait-il, cela ne figurait pas dans son programme présidentiel et qu'il n'était donc pas mandaté pour le faire. Cet engagement paraissait sincère, on voit ce qu'il en est advenu. La démocratie française se trouve à un stade de délitement si avancé que nous ne nous étonnons même plus des reniements du président de la République, devenus monnaie courante. Comme sont habituels les propos démagogiques et populistes de la plupart des membres du gouvernement, et du Premier ministre lui-même qui ne recule devant aucun amalgame.

 

Cette majorité, cela a été dit, prend les Français pour des imbéciles. Ainsi, François Fillon a-t-il assuré au cours du week-end que les manifestants de mardi dernier « méritent d'être respectés », mais que « ceux qui ne manifestent pas méritent d'être respectés dans leurs convictions ». Il est un peu expéditif, lorsque 2,7 millions de personnes défilent contre une réforme, d'en déduire que ceux qui ne manifestent pas la soutiennent!

 

Le Premier ministre caricature de la même manière la position des socialistes. Tous les dirigeants du PS expliquent de manière claire et cohérente que si nous l'emportons en 2012 nous rétablirons le droit de partir à 60 ans.

 

Cet engagement a déchaîné les critiques de la majorité, et de François Fillon lui-même qui nous accuse d'irresponsabilité en déformant nos arguments. Il connaît bien le dossier, c'est donc volontairement qu'il travestit nos déclarations. Car ce que nous disons est simple: nous estimons que les salariés qui ont commencé à travailler tôt et qui ont cotisé le nombre de trimestres requis doivent pouvoir partir à 60 ans. La retraite à 60 ans est en effet un bouclier social pour les plus modestes. Nous estimons aussi que l'âge de départ sans décote doit rester fixé à 65 ans, car le recul de ce seuil va pénaliser très lourdement un grand nombre de salariés fragiles et notamment les femmes. La réaffirmation de ces deux exigences n'est pas contradictoire avec la nécessité d'encourager effectivement à travailler plus longtemps ceux qui le peuvent, et nous ne contestons pas l'allongement de la durée de cotisation comme l'un des moyens de garantir le financement de notre système de retraites.

 

Selon un sondage, le financement des retraites est, après le chômage et l'emploi, la deuxième préoccupation des Français, qui ont donc clairement conscience des enjeux, des risques, et des efforts à faire. Ce que nous disons, c'est tout simplement ceci: des efforts justes sont acceptables, mais cette réforme injuste est insupportable. C'est pourquoi nous la combattons.

 


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