Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 14:34

Voici donc le tsar de l’UMP intronisé. Le show d’hier était réussi, témoignant du talent de metteur en scène de sa propre image qui caractérise Nicolas Sarkozy.

Je ressens pourtant une impression de malaise  tant l’image qui nous est renvoyée par les médias me semble fausse. Passons sur le rapt par Sarkozy de références culturelles comme Jaurès ou Camus, il est coutumier du fait. Mais quelle manipulation !

On nous présente la famille UMP « rassemblée », mais en octobre dernier, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, pronostiquaient encore plusieurs candidatures, et ni Jacques Chirac, ni Jean-Louis Debré, ni Dominique de Villepin n’ont rendu les armes, même s’ils ont perdu le combat.

On nous présente un candidat « libre », apôtre de la « rupture » alors qu’il a été l’un des acteurs principaux du quinquennat qui s’achève et ne peut se soustraire à sa responsabilité sur de nombreuses difficultés du pays, notamment la crise des banlieues et l’échec à réduire les violences contre les personnes.

On nous présente un candidat attaché à « la République réelle », alors qu’il organise l’expulsion d’enfants sans papiers, qu’il est obsédé par la délinquance des mineurs au point de vouloir la dépister dès la petite enfance et de vouloir réformer l’ordonnance de 1945.

On nous présente un candidat soucieux de la liberté de la France alors que voici quelques semaines il était aux pieds de George Bush et s’accordait avec lui sur « l’arrogance » de la France.

Le président de l’UMP a un problème de cohérence avec lui-même.

Conscient d’inquiéter les Français par son libéralisme, son atlantisme, son communautarisme, il veut montrer une image apaisante, assurant avoir changé –c’est donc qu’il n’était pas parfait ?-, parlant maintenant non plus de son ambition élyséenne mais de son « devoir » de servir la France. Ne soyons pas dupes. C’est lui-même qu’il met en scène, avec une efficacité certes redoutable mais avec un cynisme total. Quand les citoyens perdent confiance dans la politique, ils se jettent dans les bras des démagogues. C’est le pari de Sarkozy. Son problème n’est donc pas la morale politique mais le résultat médiatique. En Italie, Sarkozy s’appellerait Berlusconi.

 


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