Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 14:26


La crise économique a révélé le danger qui mène nos sociétés à l'explosion, celui de la course à la richesse et à la productivité. Les dérives scandaleuses du système financier à l'origine du désastre  correspondent à une culture du « toujours plus » bien ancrée dans nos sociétés dites « développées ».

 

A cet égard, le rapport Stiglitz qui propose de passer d'une approche quantitative à une logique qualitative offre une piste de réflexion séduisante. Il invite à intégrer des indicateurs sociaux et environnementaux dans les statistiques. Il s'agit de ne plus mesurer le PIB seulement en fonction de la production, mais de prendre en compte des paramètres comme la sécurité personnelle ou économique, l'environnement, la santé, dans l'évaluation de la « richesse » des pays.

 

Joseph Stiglitz explique pourquoi le PIB est utilisé de façon erronée en donnant deux exemples: les embouteillages, parce qu'ils augmentent la consommation d'essence, élèvent le PIB. Les incendies, ayant pour effet un accroissement des dépenses de reconstruction, font aussi progresser le PIB.

 

J'ignore quelles suites seront réservées à ces propositions, mais il me semble que tout un chacun aurait intérêt à s'en emparer, en particulier les parlementaires. Car cette nouvelle logique correspond exactement aux évolutions qui s'imposent, en particulier dans le monde du travail. Depuis quelques années, les salariés de certaines entreprises subissent des modes de gestion basés uniquement sur les critères du profit : nombre de postes à supprimer, objectifs à remplir, coûts à réduire, compétition à engager. Les vagues de suicides qui ont frappé Renault et PSA hier, Orange aujourd'hui, ne révèlent pas seulement des drames personnels mais aussi l'échec d'un modèle économique soumis à la dictature du profit.

 

Il ne s'agit pas d'être naïf, la concurrence existe en économie et les entreprises sont bien obligées de l'affronter. Mais n'y a-t-il pas moyen de lutter contre la souffrance au travail en humanisant l'entreprise, par exemple en veillant au dialogue social, en garantissant les droits des salariés et en introduisant des critères de santé au travail dans le management?

 

C'est une urgence: aujourd'hui en France, le mal-être au travail est une réalité pour 24% d'hommes et 37% de femmes.


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