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Dommage que les Français n'aient pas eu droit à une journée de congé pour admirer l'arrivée de Nicolas Sarkozy dans la cour du château de Versailles, en carrosse ou presque, accueilli par un protocole assez peu républicain! Mais on peut parier que les médias relaieront comme il se doit ce show monarchique.
Les députés socialistes ont décidé d'aller écouter le président de la République. Nous n'avons pas approuvé en son temps cette procédure d'allocution devant le parlement réuni en congrès, mais dès lors que la Constitution l'autorise désormais, nous la respectons.
La déclaration du chef de l'Etat donnera lieu, hors sa présence, à un débat sans vote. Le temps qui nous a été imparti pour une réponse éventuelle a été généreusement fixé à 10 minutes: dans ces conditions, nous avons décidé de ne pas participer à cette parodie de démocratie. Nicolas Sarkozy fera trois petits tours et s'en ira, peu soucieux des réactions ou interrogations suscitées par son discours.
Sans préjuger des orientations qu'il fixera éventuellement, deux observations s'imposent.
La première est que Nicolas Sarkozy, contrairement à ses promesses de candidat, a une communication qui semble venir en direct du passé: pas de conférences de presses régulières comme il s'y était engagé, mais des discours souvent pontifiants face à des auditoires sélectionnés dans la clientèle UMP. Le show d'aujourd'hui se veut un reflet du discours sur l'état de l'union du président américain auquel il ne ressemble pourtant pas du tout, puisqu'aux Etats-Unis ce sont les parlementaires qui sont les initiateurs et les organisateurs de ce moment fort de la vie politique du pays. On n'est donc frappé ni par l'innovation ni par l'audace de prestations au contraire bien conformistes.
En second lieu, le spectacle royal d'aujourd'hui portera un nouveau coup aux institutions de la Ve République. Nicolas Sarkozy va prononcer une sorte de déclaration de politique générale, alors que les articles 20 et 21 de la Constitution précisent que le Premier ministre détermine la politique de la nation. Depuis deux ans, le chef du gouvernement faisait partie en France des espèces menacées. A partir de cet après-midi, sa disparition sera effective. Il faudra bien un jour clarifier la nature du régime.
Parce que j’ai toujours considéré qu’en ma qualité d’élu je devais
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Bernard
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