Partager l'article ! Mensonge à double tiroir: Nicolas Sarkozy n'a pas de temps à perdre. Début mars, lorsqu'il nomme à la tête de la Caisse nationale des Cai ...
Nicolas Sarkozy n'a pas de temps à perdre. Début mars, lorsqu'il nomme à la tête de la Caisse nationale des Caisses d'épargne et des Banques populaires, en vue de préparer leur fusion qui en fera le deuxième groupe bancaire français, le secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol, il assure tranquillement que la Commission de Déontologie « a eu l'occasion de rendre son avis ».
Ce faisant, il énonce un mensonge à double tiroir -que certains ont qualifié, par euphémisme, de « lapsus ». La Commission n'a pas donné son avis pour la bonne raison qu'elle n'a pas été réunie. Son président, Olivier Fouquet, a simplement eu transmission par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, d'une lettre de M. Pérol dans laquelle celui-ci estime n'avoir exercé aucune mission de contrôle sur les deux établissements bancaires.
Le second tiroir du « lapsus » tient au fait que la Commission de déontologie aurait bien dû être saisie. Créée en 1993 par la loi Sapin, elle a pour vocation de se prononcer sur les éventuels conflits d'intérêts. M. Perol considère que la question est infondée. Pourtant, de 2002 à 2004, comme directeur-adjoint du ministre des Finances, il a géré le dossier des Caisses d'épargne. En raison de ses fonctions au sein de la banque Rotschild, il a ensuite conseillé la création de Natixis, dont la débâcle est en partie à l'origine des difficultés actuelles des deux banques. Enfin, en qualité de secrétaire général adjoint de l'Elysée, il a négocié les conditions de la fusion entre les Caisses d'épargne et les Banques populaires, ainsi que les modalités de l'entrée de l'Etat dans leur capital -à hauteur de 5 milliards- avant d'en devenir le principal dirigeant. N'est-il pas un peu hâtif d'affirmer qu'il n'existe aucune confusion entre intérêt public et intérêt privé?
Dans le cadre de la mission de contrôle qu'exerce le parlement, les députés socialistes ont demandé que François Pérol soit entendu par la Commission des Finances (la date du 25 mars est arrêtée) et que le président de la Commission de déontologie soit auditionné par la Commission des Lois.
Cette audition s'est tenue jeudi dernier. M. Fouquet a confirmé qu'il a remis à M. Guéant une lettre d'information technique qui ne constitue en aucun cas une appréciation de sa part sur la conformité à la déontologie de la nomination en cause. Il a aussi rappelé que la Commission de déontologie ne dispose pas du pouvoir d'autosaisine, et finalement reconnu que la Commission de déontologie avait « sérieusement envisagé une démission collective ».
Rien n'est réglé. Les syndicats des banques concernées n'excluent pas un recours devant le parquet. En pleine crise économique, alors que le pays a besoin d'institutions bancaires à la fois solides et fiables, la désinvolture de Nicolas Sarkozy les fragilise sur ces deux plans.
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Bernard
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