Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 11:53

 

Le président de la République dit comprendre l'inquiétude et la colère des Français. Il ne répond ni à l'une ni à l'autre.

 

L'inquiétude, non seulement le chef de l'Etat la justifie, mais il l'amplifie par ses propos: " C'est la crise du siècle, sans précédent. Une crise comme on n'en a jamais connu. C'est la première fois dans l'histoire de la mondialisation qu'une telle crise frappe tous les pays sans exception. Et elle est d'une brutalité inouïe ".

 

Après une telle dramatisation, nous sommes en droit d'attendre des mesures elles aussi " sans précédent ". Mais non! Quelques réflexions sont versées au débat, avec une inhabituelle prudence, comme pour être testées auprès des syndicats et de l'opinion. De plus, ces suggestions qui n'ont pas encore le statut de propositions manquent cruellement d'ambition et de densité. Quand elles ne font pas polémique, comme la suppression de la taxe professionnelle.

 

Quant à la colère, elle exprime le sentiment d'injustice des salariés auxquels on demande d'encaisser une crise dont ils ne sont pas les responsables mais les victimes. A cet égard, et en dépit de la modeste et théorique avancée que constitue le projet d'accord entre les grandes banques et les autorités de régulation sur les bonus des traders, la réponse de Nicolas Sarkozy reste bien timide au regard de celle de Barack Obama, qui, lui, a bien compris que la crise née des pratiques de la finance appelait aussi une réponse morale. Cette exigence de justice ne répondra pas seule à la crise, mais elle s'impose pour rétablir la confiance.

 

A cet égard, comment ne pas être choqué de l'attitude du Medef? Les positions de Laurence Parisot sont ahurissantes. Elle s'alarme d'un éventuel plafonnement, comme aux Etats-Unis, des salaires des dirigeants des grandes entreprises bénéficiaires d'une aide de l'Etat. Puis elle propose un assouplissement des règles du licenciement économique pour limiter les possibilités de recours des salariés devant les prud'hommes.

 

Il faut espérer que le gouvernement français s'élèvera contre ces déclarations. Pour que retombe la colère, il faudrait d'abord que cessent les provocations.


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