Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 11:53


Une grève générale a eu lieu jeudi dernier: près de 2 millions de personnes dans les rues, tous les syndicats rassemblés dans les cortèges, le secteur public mais aussi les salariés du privé réunis dans ces défilés. Au-delà des slogans de manifs, ce sont une inquiétude massive et une colère profonde qui s'expriment.

 

Cette mobilisation est comparée à celle de 1995. Autant dire que nous ne sommes pas dans des revendications catégorielles mais bien dans une vague de fond.

 

A ce titre, la journée de jeudi est bien plus qu'un avertissement au pouvoir. Or, que répond celui-ci? Rien. Nicolas Sarkozy, généralement hyper-réactif, se tait. Ses services publient un communiqué inepte. Une possible intervention télévisée jeudi prochain est évoquée. Pourquoi ce président qui prononce au moins un discours par jour découvre-t-il soudainement les vertus du silence?

 

Le Premier ministre, lui, reste insaisissable. En répondant à la motion de censure des députés socialistes, il relance son idée d'union nationale avec une phrase bien maladroite: " La crise mérite que l'on soit d'abord tous Français ". Aujourd'hui, il explique que " rien ne serait pire qu'un changement de cap ". Cette fin de non-recevoir est de surcroît un contresens: il faut, au contraire, " changer de cap ".

 

La majorité au pouvoir ne parvient pas à prendre la mesure de la crise, de ses dégâts sur l'emploi, de sa dureté pour les salariés. Les Français, jeudi, ont défilé contre l'injustice. Celle qui est inscrite dans la politique de Nicolas Sarkozy. Celle que la crise rend insupportable. Celle qui précède la révolte.


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