Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /2008 14:10

 

 

Sur son site internet, l'UMP s'indigne vertueusement de « l'attitude négative du PS qui rejette toute idée d'union nationale face à la crise financière mondiale Â». Je trouve que M. Dominique Paillé et M. Frédéric Lefebvre, auteurs de ces communiqués puissants, ne manquent pas d'air! La crise financière est grave, elle est la conséquence dramatique de l'hyperlibéralisme américain qui fascinait tant Nicolas Sarkozy durant sa campagne, et si la majorité actuelle n'en porte pas la responsabilité, elle est en revanche comptable devant l'opinion de sa politique économique désastreuse qui prive aujourd'hui la France de toute marge de manoeuvre pour soutenir l'activité. La crise financière permet au chef de l'Etat de s'exonérer de ses promesses électorales. Il a menti aux Français sur le pouvoir d'achat, sur l'emploi, sur la croissance, sur la fiscalité, sur l'endettement. Mais il pense que maintenant, cela se verra moins.

 

Pourquoi aujourd'hui les socialistes soutiendraient-ils ce pouvoir qui depuis juin 2007 nous refuse toute concertation, caricature nos positions, rejette nos amendements à l'Assemblée nationale, méprise nos propositions? Pourquoi serions-nous solidaires d'une politique que nous avons combattue constamment et dont nous n'avons cessé de dénoncer l'injustice et l'inefficacité?

 

Alors, l'unité nationale? Non merci. Car pour la droite, cette recherche de consensus devrait évidemment s'organiser autour des idées libérales chères à l'UMP. Le rêve du parti majoritaire, c'est que l'opposition se taise.

 

Nous n'avons aucune raison de céder à cette exigence. En revanche, nous avons présenté lundi un plan en six points qui propose les initiatives suivantes pour atténuer les répercussions de la crise: premièrement, un fonds national de garantie des crédits distribués aux PME et aux accédants à la propriété; deuxièmement, un soutien à l'investissement des entreprises en réduisant l'impôt sur les sociétés de celles qui réinvestissent leurs bénéfices et innovent; troisièmement, des mesures de soutien au pouvoir d'achat (chèque transport, relèvement des allocations familiales et des prestations familiales, financés par la suppression du paquet fiscal), et des exonérations de cotisations sociales conditionnées à l'augmentation des salaires et à la création d'emplois; quatrièmement, la stabilisation voire l'augmentation des dotations de l'Etat aux collectivités locales pour favoriser leurs politiques en faveur de l'éducation, des transports collectifs, des économies d'énergie et du logement; cinquième piste, l'élaboration d'un plan à l'échelle de l'Europe permettant de financer par un emprunt européen les dépenses d'infrastructures destinées à soutenir la croissance; enfin, la convocation d'une conférence monétaire internationale, ce nouveau Bretton Woods que les socialistes réclament depuis longtemps.

 

Toujours partants, messieurs de l'UMP, pour l'unité nationale?


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