Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /2010 14:15

 

En trois ans, le déficit public est passé de 2,7% du PIB à 8,2%, et la dette de 63,8% du PIB à 83,2%, soit plus de 1 500 milliards d'euros.

 

Dans la période agitée qui a suivi la crise grecque, François Fillon a annoncé l'objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB d'ici 2013. Cela impose de réaliser 100 milliards d'économies dans les trois prochaines années. Le Premier ministre a évoqué un « coup de rabot » de 5 milliards sur les niches fiscales, le gel des dépenses de l'Etat pendant 3 ans et la réduction de 10% des dépenses de fonctionnement de l'Etat.

 

Ces économies ne permettent de remplir que la moitié de l'objectif. Pour le reste, le gouvernement mise sur des gains sur les recettes, dont 35 milliards d'euros de rentrées fiscales. Il table pour ce faire sur une croissance de + 2,5% en 2011 et en 2012. Ces hypothèses sont jugées bien trop optimistes par nombre d'économistes, mais aussi par la Commission européenne et le FMI.

 

La France est donc contrainte à montrer plus de détermination dans le redressement de ses finances publiques. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le secrétaire général de l'Elysée s'est exprimé lundi dans le Financial Times, journal de référence des spécialistes de la finance internationale.

 

Ce qu'il y dit est clair. Selon Claude Guéant, « La France se prépare à d'importantes coupes budgétaires. Il y aura d'autres annonces. Nous devons faire plus, bien sûr. Beaucoup plus ».

 

Le message est clair et s'adresse aux marchés financiers qu'il importe de rassurer en ces temps perturbés. Certains commentateurs entrevoient dans ces propos la perspective d'un gel des salaires des fonctionnaires dès cette année.

 

Les marchés financiers ont droit à la vérité, les citoyens français, non. C'est ce qu'il faut croire puisque le lendemain, le même Guéant rassure la presse française: « Il n'y a pas d'amplification. Rien de plus n'est envisagé par rapport aux orientations que nous avons déjà données ».

 

Officiellement, le mot « rigueur » n'est toujours pas prononcé, sans que l'on sache s'il faut considérer cette pruderie verbale comme de la dissimulation, de la lâcheté, ou du mépris pour l'intelligence des Français. Ceux-ci auraient pourtant droit à autre chose que ces propos dilatoires et évasifs. A l'automne, lorsque le plan de rigueur leur tombera dessus, ils savent bien que c'est à eux que les efforts les plus durs seront imposés.

 


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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /2010 13:33

 

Le quotidien Le Monde connaît actuellement de graves difficultés financières qui lui imposent une recapitalisation. Il est inutile d'insister sur l'importance de l'enjeu, compte tenu de la place de ce journal de référence dans la presse écrite française. A ce paramètre s'ajoute désormais, comme pour toute la presse, la nécessité de s'adapter au développement de l'information par internet.

 

Un certain nombre de repreneurs potentiels se sont manifestés à ce jour, sachant que l'une des spécificités du Monde est que c'est à la rédaction qu'appartiendra le choix final, puisque les journalistes, par l'intermédiaire de la société des rédacteurs associée aux sociétés de personnels, disposent d'un droit de regard sur la gestion de l'entreprise et possèdent la minorité de blocage.

 

Il y a une dizaine de jours pourtant, le directeur du quotidien a été purement et simplement « convoqué » à l'Elysée, pour y rencontrer le chef de l'Etat en personne, qui entend peser sur l'avenir du Monde. Nicolas Sarkozy a donc fait connaître son opposition à l'une des offres de reprise, qu'il assortit de la  menace directe, au cas où cette offre serait malgré tout retenue, de remettre en question les aides gouvernementales importantes prévues pour le sauvetage de l'imprimerie du quotidien, qui doit être restructurée. Cela s'apparente, ni plus ni moins, à du chantage.

 

Le président de la République, qui compte déjà de nombreux « amis » au sein des directions de radios, journaux, télévisions, est un récidiviste de ce droit d'ingérence.  Il s'est octroyé le pouvoir de nommer lui-même les présidents de l'audiovisuel public, allant même jusqu'à prétendre rompre ainsi avec l'hypocrisie antérieure.

 

Il lui semble donc totalement normal, alors qu'il est désormais totalement accaparé par la préparation de sa nouvelle candidature en 2012, de s'assurer d'un contrôle accru sur les moyens d'information.

 

Ce n'est un secret pour personne que Nicolas Sarkozy a une conception très personnelle de la démocratie, qu'il aime bien plier à son bon vouloir, sans aucun état d'âme sur les moyens mis en place à cet effet. Les pressions exercées ces jours derniers sur le journal Le Monde en sont une nouvelle illustration. Sans doute pas la dernière.

 


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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /2010 11:30

« Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts », martèle encore et toujours Nicolas Sarkozy. Contre toute évidence. « Il n'y a pas de politique de rigueur », répète François Fillon. Contre toute logique. Car les déficits, la crise européenne, la multiplication des plans d'austérité dans les pays voisins, rendent inéluctable la recherche de nouvelles recettes et donc la hausse des impôts. Les Français l'ont bien compris, mais leurs dirigeants n'osent pas le leur dire.

 

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