Mercredi 17 février 2010
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Le gouvernement fait la sourde oreille aux demandes de la communauté éducative, qui dénonce les suppressions de postes et l'absence
d'encadrement. La semaine dernière, alors que les enseignants du lycée Adolphe Thiers de Vitry-sur-Seine, où un lycéen venait d'être passé à tabac, moins d'un mois après la mort d'un élève d'un
lycée du Kremlin-Bicêtre, exerçaient leur droit de retrait pour demander au ministre de les écouter, M. Chatel a qualifié de mouvement de grève ce qui était un message de détresse.
Après une nouvelle agression dans un lycée à Thiais, lundi, le gouvernement a tenté à nouveau de minimiser la gravité de l'évènement.
Il refuse d'affronter des problèmes qui sont le signe de son échec. Car cette majorité dogmatique, péremptoire, est incapable de se remettre en cause.
Les enseignants font pourtant preuve de modération et d'esprit de responsabilité au regard des multiples difficultés qu'ils
rencontrent dans l'exercice de leur mission. Ils souhaitent avoir les moyens de travailler, de suivre les élèves en difficulté, de prévenir les comportements violents, ce qui suppose de rétablir
dans les établissements des surveillants, des conseillers d'éducation, des assistantes sociales, des infirmières, des éducateurs, toute cette chaîne humaine qui compose les maillons de la
communauté éducative et qui est affaiblie par les 70 000 suppressions de postes de ces dernières années.
Les enseignants doivent être entendus. Ils soulignent qu'il faut privilégier une approche préventive et éducative, au lieu de répondre
par des portiques, des caméras, des fouilles, tout cet arsenal répressif et déshumanisé que le pouvoir met en place.
Lorsque les députés socialistes interrogent le ministre de l'Education nationale, celui-ci nous accuse d'entretenir une
« petite polémique ». Entre lui et nous, comme entre lui et les enseignants, ce n'est même pas un dialogue de sourds, c'est le mépris. C'est une fin de non-recevoir qu'exprime
M. Chatel. Quant à l'annonce de l'ouverture d'états généraux sur la sécurité en avril, elle n'est qu'une manoeuvre dilatoire.
Les établissements scolaires sont le lieu de focalisation d'un malaise plus général. Celui des territoires abandonnés parce que les
services publics les désertent. Celui des populations oubliées quand le chômage des jeunes explose et que rien n'est fait pour les banlieues. Celui que suscitent des débats artificiels qui
divisent et stigmatisent. Ce gouvernement conduit toujours la même politique: d'abord il ghettoïse, puis il bunkerise, et si nécessaire, il karcherise.
La société française est aujourd'hui de plus en plus désorientée, marquée par l'exclusion, révoltée par les injustices. L'école est le
symbole par excellence de la République. Si elle va aussi mal, c'est que la République est atteinte.
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