En trois ans, le déficit public est passé de 2,7% du PIB à 8,2%, et la dette de 63,8% du PIB à 83,2%, soit plus de 1 500 milliards d'euros.
Dans la période agitée qui a suivi la crise grecque, François Fillon a annoncé l'objectif de ramener le déficit public à 3% du PIB d'ici 2013. Cela impose de réaliser 100 milliards d'économies dans les trois prochaines années. Le Premier ministre a évoqué un « coup de rabot » de 5 milliards sur les niches fiscales, le gel des dépenses de l'Etat pendant 3 ans et la réduction de 10% des dépenses de fonctionnement de l'Etat.
Ces économies ne permettent de remplir que la moitié de l'objectif. Pour le reste, le gouvernement mise sur des gains sur les recettes, dont 35 milliards d'euros de rentrées fiscales. Il table pour ce faire sur une croissance de + 2,5% en 2011 et en 2012. Ces hypothèses sont jugées bien trop optimistes par nombre d'économistes, mais aussi par la Commission européenne et le FMI.
La France est donc contrainte à montrer plus de détermination dans le redressement de ses finances publiques. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le secrétaire général de l'Elysée s'est exprimé lundi dans le Financial Times, journal de référence des spécialistes de la finance internationale.
Ce qu'il y dit est clair. Selon Claude Guéant, « La France se prépare à d'importantes coupes budgétaires. Il y aura d'autres annonces. Nous devons faire plus, bien sûr. Beaucoup plus ».
Le message est clair et s'adresse aux marchés financiers qu'il importe de rassurer en ces temps perturbés. Certains commentateurs entrevoient dans ces propos la perspective d'un gel des salaires des fonctionnaires dès cette année.
Les marchés financiers ont droit à la vérité, les citoyens français, non. C'est ce qu'il faut croire puisque le lendemain, le même Guéant rassure la presse française: « Il n'y a pas d'amplification. Rien de plus n'est envisagé par rapport aux orientations que nous avons déjà données ».
Officiellement, le mot « rigueur » n'est toujours pas prononcé, sans que l'on sache s'il faut considérer cette pruderie verbale comme de la dissimulation, de la lâcheté, ou du mépris pour l'intelligence des Français. Ceux-ci auraient pourtant droit à autre chose que ces propos dilatoires et évasifs. A l'automne, lorsque le plan de rigueur leur tombera dessus, ils savent bien que c'est à eux que les efforts les plus durs seront imposés.


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