Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 13:51

 

 

Depuis plusieurs semaines, la question n'était plus de savoir si la France allait perdre son triple A, mais quand cette annonce interviendrait. Les milieux financiers avaient anticipé cette dégradation, François Hollande la pressentait imminente et intégrait cette donnée dans ses propositions, et Nicolas Sarkozy lui-même ne déclarait plus qu'il était « mort » si la note de la France venait à être abaissée. Ainsi, après avoir imposé aux Français la réforme des retraites, le démantèlement des services publics et deux plans de rigueur en quatre mois au nom de l'impérieuse nécessité de conserver le triple A de la France, le président de la République  fait mine d'ignorer purement et simplement la décision de Standard & Poor's. Comment celui qui a bâti toute sa mythologie personnelle sur l'action, la responsabilité, la culture du résultat, ose-t-il se dérober à ce point?  Il ne peut se retrancher derrière la crise, puisque des pays comme l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, conservent leur triple A. C'est bien sa politique qui est sanctionnée: le choix de la rigueur au détriment de la croissance; l'aggravation de la dette, dont le taux est passé de 64% du PIB en 2007  à 87% en 2011; le poids de cette dette, qui depuis 2002 s'est alourdie de 900 milliards d'euros. Entendre aujourd'hui des ministres qui sont aux affaires depuis dix ans mettre en cause la gestion socialiste est tout simplement une escroquerie intellectuelle. Les critères de Maastricht n'ont été respectés que sous le gouvernement de Lionel Jospin. Mais c'est surtout la lâcheté de la majorité qui frappe. Le chômage, la pauvreté, la précarité, les déficits, tous ces indicateurs sont au rouge, mais personne au gouvernement ni dans la majorité ne s'en juge responsable. Lundi dernier, François Fillon reprochait à François Hollande d'avoir décrit une France « affaiblie, abaissée, abîmée, dégradée ». Le lendemain, le président de l'Assemblée nationale prédisait « la guerre » si le programme du PS entrait en application. Ce matin, madame Pécresse proclame « caduc » le programme de François Hollande. Ce serait risible si ce n'était aussi stupide.


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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 09:03

 

En ce début d'année électorale, nous  sommes en « campagne », mot qui s'applique parfois à des opérations militaires. De là à évoquer la « guerre »  à l'idée que la majorité pourrait perdre le pouvoir au printemps prochain, il y a un pas que vient de franchir Bernard Accoyer en déclarant mercredi, lors de ses voeux:  « Si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre ». Passons sur le fait que le président de l'Assemblée insinue, dans sa malheureuse formulation, que seul Nicolas Sarkozy serait « responsable » et « courageux ». L'essentiel est la violence de la déclaration. Car le président de l'Assemblée nationale n'est pas un militant UMP ordinaire. Quatrième personnage de l'Etat, il est le garant du fonctionnement des institutions, de l'esprit républicain, et il veille au respect des droits des députés de l'opposition. Il est naturellement et démocratiquement issu des rangs de la majorité parlementaire et il n'a pas à renier son appartenance politique. Du moins devrait-il, ce qui a toujours été le cas par le passé, dépasser tout esprit partisan et observer, sinon une absolue neutralité, du moins une certaine hauteur dans ses commentaires politiques. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a demandé à monsieur Accoyer de s'excuser. Ce dernier s'y refuse, et ose plaider la déformation de ses propos. C'est une dérobade de sa part: la mention de la « guerre » concluait explicitement sa diatribe contre les propositions du parti socialiste et de François Hollande. Face à la virulence du parti du président et à ses incessantes attaques, il faut bien constater que l'UMP joue la tactique du piranha, se jetant sur tout et n'importe quoi pour surenchérir, sur-réagir, mettre en pièces et déchiqueter, dans la ligne  revendiquée par Jean-François Copé lui -même: « Chez nous, c'est massacre à la tronçonneuse ».


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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 11:36

Nicolas Sarkozy, qui  a inauguré son quinquennat avec des cadeaux fiscaux aux riches, va-t'il le terminer en portant la TVA à 24%? Tout à son obsession d'échapper à son bilan désastreux, le président de la République fait la seule chose qu'il sache faire, la fuite en avant, en lançant le débat sur la TVA « sociale ». Une fois encore, l'UMP veut imposer l'essentiel de l'effort aux Français les plus modestes, qui peinent à assumer les effets des deux plans de rigueur Sarkozy-Fillon, en particulier l'augmentation de près de 5% des tarifs des mutuelles, le relèvement à 7% du taux réduit de TVA sur le prix de l'eau, des transports en commun, du logement social, des livres et fournitures scolaires. Avec la TVA « anti-sociale », la droite veut maintenant appauvrir davantage encore les ménages les plus modestes: en effet,  le poids de la TVA représente 14% du revenu des 10% des ménages les plus pauvres, contre 5% du revenu des plus riches. Pour les premiers, son alourdissement de 4 points serait tout simplement insupportable. De plus, la TVA « sociale » entraînera une chute immédiate de la consommation, enfermant le pays dans la récession. Cette ultime lubie sarkozyste n'est donc pas seulement une hérésie sociale mais aussi une aberration économique. Au moment où la majorité UMP de l'Assemblée nationale vient d'alléger l'impôt sur la fortune, elle prépare ainsi un troisième plan de rigueur pour le pays. Les parlementaires socialistes s'opposeront résolument au projet de la majorité, à ce dernier coup bas. François Hollande s'est engagé à abroger ce dispositif s'il est élu.


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