Le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi est symboliquement important, car il résulte d’une méthode de concertation inédite dans notre pays insuffisamment acquis au dialogue social. Il est juridiquement fondamental car il ouvre de nouveaux droits significatifs pour les salariés.
Ces droits nouveaux sont à la fois individuels et collectifs. Sur le plan individuel, il s’agit de la généralisation de la couverture complémentaire : aujourd’hui, 400 000 salariés n’ont pas de complémentaire, 4 millions n’accèdent pas à une complémentaire collective cofinancée par leur employeur. Le projet prévoit aussi la création d’un compte personnel de formation permettant l’évolution professionnelle des salariés, ainsi qu’un droit à la mobilité professionnelle sécurisée.
Du point de vue des droits collectifs, les salariés entreront dans les conseils d’administration des grandes entreprises où ils auront un droit de vote ; 200 groupes employant près de 4 millions de salariés sont concernés. De plus, les salariés seront mieux informés et consultés sur les orientations stratégiques de l’entreprise.
La qualité de l’emploi et le recul de la précarité forment le second volet de cette future loi. Les principales mesures prévoient d’encourager le recours au CDI (les cotisations sur les embauches de jeunes en CDI seront réduites), d’instaurer des droits rechargeables à l’assurance chômage, et d’encadrer le temps partiel, souvent subi, en fixant une durée minimale de travail de 24 heures hebdomadaires. Une majoration de 10% dès la première heure complémentaire renforcera le pouvoir d’achat des salariés à temps partiel.
Enfin, le texte agit pour l’emploi en procédant à une réforme du dispositif de chômage partiel. Les accords de maintien dans l’emploi négociés entre employeurs et salariés permettront de faire varier le temps de travail ou la rémunération, naturellement avec la protection de nombreuses garanties pour les salariés, afin d’éviter les licenciements durant la durée de cet accord, que devront avoir signé des syndicats représentant plus de 50% des salariés.
Dans le même objectif, les procédures de licenciements collectifs seront réformées afin de rendre obligatoire l’accord des organisations syndicales (ou de l’administration faute d’accord majoritaire) en vue de limiter le nombre de licenciements et d’améliorer le contenu des plans de sauvegarde de l’emploi.
Ce texte global, qui aborde l’ensemble des dimensions du marché du travail, vise à lutter contre la précarité, instaure de nouveaux droits et va initier la recherche de solutions collectives pour sauvegarder l’emploi. Son adoption constituera un moment-clé de la bataille pour l’emploi dont François Hollande a rappelé jeudi dernier la priorité absolue.


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