Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 11:19

Nicolas Sarkozy a lâché du lest sur le calendrier de la réforme des retraites, renonçant apparemment à une méthode trop expéditive. Sur le contenu, il semble inévitable d'aller vers un relèvement de l'âge de la retraite et de la durée de cotisation, deux options qui ne sont pas séparables d'une réflexion sur l'emploi des seniors, particulièrement faible en France.

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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 11:35

Le gouvernement fait la sourde oreille aux demandes de la communauté éducative, qui dénonce les suppressions de postes et l'absence d'encadrement. La semaine dernière, alors que les enseignants du lycée Adolphe Thiers de Vitry-sur-Seine, où un lycéen venait d'être passé à tabac, moins d'un mois après la mort d'un élève d'un lycée du Kremlin-Bicêtre, exerçaient leur droit de retrait pour demander au ministre de les écouter, M. Chatel a qualifié de mouvement de grève ce qui était un message de détresse.

 

Après une nouvelle agression dans un lycée à Thiais, lundi, le gouvernement a tenté à nouveau de minimiser la gravité de l'évènement. Il refuse d'affronter des problèmes qui sont le signe de son échec. Car cette majorité dogmatique, péremptoire, est incapable de se remettre en cause.

 

Les enseignants font pourtant preuve de modération et d'esprit de responsabilité au regard des multiples difficultés qu'ils rencontrent dans l'exercice de leur mission. Ils souhaitent avoir les moyens de travailler, de suivre les élèves en difficulté, de prévenir les comportements violents, ce qui suppose de rétablir dans les établissements des surveillants, des conseillers d'éducation, des assistantes sociales, des infirmières, des éducateurs, toute cette chaîne humaine qui compose les maillons de la communauté éducative et qui est affaiblie par les 70 000 suppressions de postes de ces dernières années.

 

Les enseignants doivent être entendus. Ils soulignent qu'il faut privilégier une approche préventive et éducative, au lieu de répondre par des portiques, des caméras, des fouilles, tout cet arsenal répressif et déshumanisé que le pouvoir met en place.

 

Lorsque les députés socialistes interrogent le ministre de l'Education nationale, celui-ci nous accuse d'entretenir une « petite polémique ». Entre lui et nous, comme entre lui et les enseignants, ce n'est même pas un dialogue de sourds, c'est le mépris. C'est une fin de non-recevoir qu'exprime M. Chatel. Quant à l'annonce de l'ouverture d'états généraux sur la sécurité en avril, elle n'est qu'une manoeuvre dilatoire.

 

Les établissements scolaires sont le lieu de focalisation d'un malaise plus général. Celui des territoires abandonnés parce que les services publics les désertent. Celui des populations oubliées quand le chômage des jeunes explose et que rien n'est fait pour les banlieues. Celui que suscitent des débats artificiels qui divisent et stigmatisent. Ce gouvernement conduit toujours la même politique: d'abord il ghettoïse, puis il bunkerise, et si nécessaire, il karcherise.

 

La société française est aujourd'hui de plus en plus désorientée, marquée par l'exclusion, révoltée par les injustices. L'école est le symbole par excellence de la République. Si elle va aussi mal, c'est que la République est atteinte.


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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 11:05


Une double opportunité se présente aujourd'hui pour les droits des femmes en Europe.

 

Celle de la présidence espagnole de l'Union européenne tout d'abord. José Luis Zapatero, qui a fait voter par le parlement espagnol des lois courageuses sur l'égalité entre les femmes et les hommes, a inscrit cet objectif parmi les priorités de sa présidence européenne et notamment du Conseil des ministres des 25 et 26 mars prochains.


Celle de l'évolution institutionnelle ensuite. L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne et la création de l'Institut Européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes élargissent les compétences de l'Union en matière de droits des femmes.

 

Le gouvernement français ne saisit pas cette chance pour la cause des femmes. La France, qui n'a d'ailleurs plus de ministère dédié aux droits des femmes, n'a pas présenté ses positions en vue de la réunion de Valence et n'avait pas prévu d'en saisir le parlement.

 

Le groupe socialiste a donc rédigé une proposition de résolution qui invite le gouvernement français à soutenir dans les négociations européennes à venir le principe de la « clause de l'Européenne la plus favorisée ». Il s'agit d'identifier parmi les législations des Etats-membres celles qui sont les plus favorables aux femmes, et de proposer l'alignement sur celles-ci de l'ensemble des législations nationales. Cette harmonisation par le haut pourrait s'appliquer dans cinq domaines: les droits sexuels et reproductifs, le droit de la famille, la prévention et la lutte contre les violences de genre, l'accès aux responsabilités dans la vie publique et l'entreprise, et l'émancipation économique.

 

Ce texte, rejeté par la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale mais voté à la quasi unanimité de la commission des lois mercredi dernier, sera débattu dans l'hémicycle jeudi prochain.

 

L'attitude de la majorité sera intéressante à observer. Car les inégalités persistent en Europe, en matière d'emploi, de formation, de rémunérations, d'exposition au travail précaire. Les violences physiques concernent près de deux femmes sur dix en Europe et les violences sexuelles une sur dix. Les inégalités dans la sphère publique restent élevées: la féminisation des parlements européens ne s'élève en moyenne qu'à 23,7%, avec des écarts allant de 46,7% en Suède à 6,7% à Malte et un peu glorieux 18,5% en France.

 

J'espère que l'Assemblée nationale soutiendra cette initiative du groupe socialiste afin de doter les citoyennes d'Europe des moyens légaux de leur émancipation et de leur garantir le plus haut niveau de protection juridique offert par l'un des Etats-membres. Une manière de porter l'égalité entre les femmes et les hommes au rang de principe européen et, pourquoi pas, de faire de l'Europe un modèle.


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