Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 10:36

La retraite cristallise les injustices subies par les femmes tout au long de leur parcours professionnel. Quelques données qui se passent de commentaires: la pension des femmes représente en moyenne 62% seulement de celle des hommes; elles liquident leurs droits en moyenne deux ans plus tard que les hommes, et en tout cas 30% d'entre elles (contre 5% des hommes) liquident leurs droits à 65 ans, faute de disposer du nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein: car seulement 40% des femmes (contre 85% des hommes) parviennent aujourd'hui à faire valoir une retraite à taux plein. Le taux d'emploi des femmes de plus de 60 ans est cependant très bas: 4,3%. Les bénéficiaires du minimum vieillesse sont pour 57% des femmes.

 

Les raisons sont connues:des carrières morcelées, interrompues pour l'éducation des enfants, des périodes de chômage plus nombreuses, une fréquence supérieure d'emplois précaires et à temps partiel.

 

Face à ces saisissantes inégalités, le projet du gouvernement ne propose pas grand chose, si ce n'est  la comptabilisation des indemnités journalières de congé maternité dans le salaire moyen annuel, ce qui est bien peu dans la mesure où les congés maternité ne représentent que quelques mois sur la totalité d'une vie professionnelle. En revanche, le recul à 62 ans de l'âge légal et à 67 ans de l'âge de départ à taux plein risque de générer des décotes pour une très grande majorité de salariées. La suppression du dispositif autorisant un départ anticipé pour les fonctionnaires attestant de 15 ans de services et ayant élevé trois enfants touchera aussi de plein fouet les femmes. Pour la première fois dans l'histoire de la régression sociale, on va rendre rétroactif un dispositif à la date de l'examen en conseil des ministres!

 

L'injustice faite aux femmes, une longue histoire! Les réformes de 1993 et 2003 ont déjà eu comme effet une baisse générale du niveau des pensions qui a d'abord frappé les femmes. Les inégalités que la réforme du gouvernement va aggraver sont le reflet des inégalités dans le travail. Les salaires des femmes sont en moyenne inférieurs de 25% à ceux des hommes. Elles sont 30% à travailler à temps partiel contre 5% des hommes.

 

Le système de retraites doit corriger autant que possible ces disparités. De nombreuses propositions existent. Au delà, nous devons aller beaucoup plus vite et bien plus loin dans le combat en faveur de l'égalité des droits dans le travail, afin de corriger à la racine ces anomalies qui s'accumulent dans le temps et constituent, au moment de la retraite, des handicaps importants pour les salariées.


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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /2010 14:32

Le gouvernement vient de présenter sa réforme des retraites, dont la principale mesure est le recul de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, qui induit le décalage de 65 à 67 ans de l'ouverture du droit à taux plein.

 

lire la suite de La lettre de Bernard Roman

 


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Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /2010 12:29

 

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy est intervenu dans le dossier des repreneurs du quotidien Le Monde. Dans quelques jours, il va choisir le nouveau président de France Télévision. L'année dernière, il a désignécelui de Radio-France et par ricochet celui de France-Inter.

 

Depuis 2009, le président de la République a décidé de nommer directement les présidents de l'audiovisuel public.

 

Ce mode de désignation est à l'origine de la crise qui secoue aujourd'hui le service public de la radio, et qui pourrait guetter celui de la télévision. Le recul de la liberté d'expression était inscrit dans les faits à partir de cette reprise en main du service public.

 

Deux humoristes qui avaient la particularité de faire rire tous les matins deux millions d'auditeurs ont été licenciés brutalement. Certes, ils savaient qu'ils avaient déplu. Mais enfin, faire rire n'était pas interdit. Désormais, ça l'est. Dans une radio dont les dirigeants sont nommés ou choisis par le chef de l'Etat, c'est un effet secondaire du fait du prince. Prince-sans-rire, apparemment, qui n'apprécie pas l'humour au petit déjeuner.

 

Desproges et Coluche seraient aujourd'hui censurés. Ils ne faisaient pas toujours dans la finesse, et pourtant nous les regrettons encore et leurs sketches n'ont pas pris une ride. L'humour est la politesse du désespoir, disait Boris Vian. Intercaler l'éclaircie du rire entre les nuages sombres de l'actualité, c'est une idée plutôt salutaire.

 

L'arbre ne doit d'ailleurs pas cacher la forêt. Certaines émissions emblématiques de la radio publique semblent également passer à la trappe. Désormais, le service public de l'information à la radio, ce sera du lisse: rien qui dépasse, aucune aspérité.

 

Face à cette dictature du politiquement correct dans une radio qui nous a invités à « écouter la différence », la liberté d'expression doit être défendue et le combat des journalistes de la station soutenu.

 

Désormais, ce sera « écoutez la révérence ». Fini, l'étincelle du chansonnier, du bouffon, dans la grisaille du matin. Terminé, le commentaire au deuxième degré. Bye bye, la caricature et l'irrévérence. Qui se souvient qu'à l'époque de l'affaire des caricatures de Mahomet, Nicolas Sarkozy assurait préférer un excès de caricature à la censure, et Philippe Val, alors directeur d'un journal qui alliait à merveille l'information et la satire, écrivait que « en censurant les caricatures, la démocratie s'affaiblit ». On ne peut mieux dire.

 


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