Mercredi 5 décembre 2007
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Une fin de non recevoir. C'est la réponse de Nicolas Sarkozy à l'impatience légitime des Français qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder et espérent donc des mesures pour revaloriser les salaires et faire baisser les prix. Ni l'un ni l'autre, a répondu jeudi le président de la République, les caisses de l'Etat sont vides. Pas dupe, l'opinion se fâche, et le lâche: dimanche, un sondage confirme que 65% de personnes interrogées jugent le chef de l'Etat trop absent sur la question du pouvoir d'achat. C'est pourquoi dès hier soir, François Fillon est envoyé au front, promettant pour les prochains jours un dispositif législatif de rachat des RTT et des comptes épargne-temps, et le déblocage de la participation. Pour autant, ces annonces ne sont pas à la hauteur des besoins. Une étude de l'Insee démontre que les revenus du travail ont tendance à ne pas progresser depuis 1978, en raison notamment du développement du temps partiel et de la baisse du nombre de jours rémunérés. Depuis 1980, la proportion de travailleurs à temps partiel est ainsi passée de 6% à 18% de l'effectif salarié total, tandis que celle des emplois intermittents ou intérimaires a progressé de 17% à 31% . Plus que les 35 heures, dont le gouvernement poursuit le démantèlement, ce sont bien ces formes de précarisation, dont les femmes sont les premières victimes, qui pèsent sur les revenus salariaux. Au-delà des mesures d'urgence pour la hausse des salaires et la baisse des prix que propose le parti socialiste, il faut à la France plus de croissance, plus d'emplois, et une sécurisation des parcours professionnels. Toutes choses qu'il appartient à l'Etat de garantir.
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Mercredi 28 novembre 2007
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Une impression de déjà vu, en pire. Novembre 2005. Novembre 2007: la mort de deux adolescents embrase des villes de la banlieue parisienne. D'un côté, la souffrance indicible des familles effondrées. De l'autre, la violence qui se déchaîne, inacceptable, inexcusable. Entre les deux drames, entre les deux dates, il y a une similitude: l'abandon, depuis 2002, de politiques qui commençaient à porter leurs fruits. La police de proximité, qui parvenait à établir un dialogue avec les jeunes des cités. Une politique du logement qui préférait la mixité aux ghettos. Le développement d'emplois jeunes et d'emplois aidés qui permettaient aux éducateurs et aux associations de réparer patiemment le tissu social déchiré. Entre les deux dates, il y a aussi une différence: on est passé de la tension à la crise. Les émeutes de Clichy sous Bois étaient des signaux d'alarme. Celles de Villiers le Bel révèlent une violence enracinée. Elles sont injustifiables et condamnables, elles ne sont pas représentatives de l'état d'esprit de la population, mais elles traduisent un phénomène qui doit être pris en compte. Sarkozy candidat à l'Elysée n'a pas pu retourner pendant sa campagne là où Sarkozy ministre de l'Intérieur avait promis des actes, car ceux-ci ne sont jamais venus. Hormis les provocations à base de « racaille » et de « kärcher », il ne s'est rien passé. L'isolement social, l'enclavement territorial, le chômage massif, le désert éducatif, ont perduré. Les policiers ont continué, souvent à contre-coeur, à n'intervenir que dans des logiques répressives. Les coupes budgétaires se sont poursuivies, à hauteur de 30 millions dans la loi de finances pour 2008, avec des conséquences si graves que la Cour des comptes s'en est émue il y a quelques semaines. Les emplois promis ne se sont pas concrétisés, et l'Observatoire national des zones urbaines sensibles souligne que le taux de chômage dans ces banlieues est deux fois supérieur à la moyenne française. Fillon et Alliot-Marie, comme il y a deux ans Villepin et Sarkozy, ne semblent pas prendre la mesure de la situation. Les élus et les habitants des communes concernées ont réussi à rétablir le calme. Mais ils demandent aussi, et depuis si longtemps, des actes. Il y a urgence. Les inégalités sont trop fortes en France. Elles se sont aggravées ces dernières années, et exacerbées jusqu'à la caricature depuis quelques mois. On ne peut même plus dire que le pacte républicain est menacé. Il est brisé.
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Lundi 26 novembre 2007
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Jeudi prochain, à l'initiative du groupe socialiste, l'Assemblée nationale examinera une proposition de loi visant à soutenir le pouvoir d'achat des ménages face à la hausse des produits pétroliers. Depuis plusieurs semaines, lors des questions d'actualité, nous rappelons au gouvernement l'urgence de mesures en faveur du pouvoir d'achat. Depuis plusieurs semaines, nous exigeons l'organisation d'une conférence sur les salaires du secteur privé et de la fonction publique, la mise en place d'un chèque transport financé par une taxation des super-profits des compagnies pétrolières (12,5 milliards d'euros en 2006 pour Total...), un encadrement des loyers, une transparence totale des marges de la grande distribution et la répercussion sur les consommateurs des avantages obtenus sur les producteurs. Pas de réponse. A son retour de Chine, jeudi sans doute, le président de la République devrait s'adresser aux Français. Son intervention avait été annoncée la semaine dernière. Et puis elle a été différée. Ce report traduit l'embarras du pouvoir. Car les Français ne se satisferont pas des habituelles envolées oratoires suivies de mesurettes inapplicables. Leur première attente est salariale: 65% de Français constatent que leur pouvoir d'achat a diminué au cours des douze derniers mois. Et pour cause. Sarkozy et Fillon font tout à l'envers: pas de revalorisation du Smic, pas d'augmentation de la prime pour l'emploi, aucune mesure pour lutter contre la hausse du prix de l'alimentation, de l'essence et du fioul, rien pour le logement des plus démunis, ni pour les étudiants. Au contraire, des franchises sur les soins médicaux, l'assujettissement à la redevance de foyers jusque là exonérés, sans doute pour compenser les 15 milliards de cadeaux fiscaux aux amis du Fouquet's. Le « président du pouvoir d'achat » est rattrapé par les inquiétudes des Français. Leur colère est à ses trousses.
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