Lundi 5 mars 2007
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Airbus, c’est l’entreprise qui depuis des années fait la fierté de l’Europe et qui aujourd’hui n’est pas loin d’en être la honte. Le plan de restructuration annoncé prévoit en effet la suppression de 10 000 postes, dont 4 300 en France. C’est un véritable choc pour des salariés qui vont payer les pots qu’ils n’ont pas cassés. Le gouvernement actuel, et son candidat sortant, sont extrêmement mal à l’aise, car leur responsabilité est immense dans ce fiasco, même s’ils l’ont toujours niée. Je me rappelle à cet égard que les députés socialistes l’ont interpellé à maintes reprises, et notamment le 20 juin 2006, par la voix de François Hollande, au moment où Airbus annonçait des retards de livraison pour l’A 380, où le cours de son action s’effondrait de plus de 25%, et où la seule initiative prise par le coprésident français de l’entreprise était de lever ses stock-options afin de réaliser une plusvalue de 2,5 millions d’euros. Déjà, le premier secrétaire alertait le premier ministre sur le sort d’un millier de salariés de la filiale Sogerma et lui demandait de veiller à ce que l’Etat français, détenteur de 15% du capital, prenne ses responsabilités. Et face à des questions aussi essentielles, que fit M. de Villepin ? Il botta en touche en déclarant : « Je dénonce, monsieur Hollande, la facilité, et je dirais même, en vous regardant, la lâcheté de votre attitude ». Cette attitude de déni, d’incompétence et de mépris, continue. Alors que Ségolène Royal a rencontré dès jeudi les salariés d’Airbus, qu’elle évoquera demain avec Angela Merkel la manière dont la France et l’Allemagne peuvent trouver ensemble des solutions, alors que huit de nos présidents de région lancent une initiative intelligente, M. Breton balaie d’un revers de main l’ensemble de ces initiatives, et M. Sarkozy prépare dans la précipitation des annonces destinées à faire oublier que, sur son banc de ministre pendant la majeure partie de la législature, il n’a jamais levé un sourcil lorsque nous tirions la sonnette d’alarme. M. Sarkozy s’apprêterait à rencontrer des salariés licenciés d’Airbus. Osera-t’il leur proposer de « travailler plus pour gagner plus … » ?
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Mercredi 28 février 2007
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14:51
Dans son discours de Grenoble, voici quelques semaines, Ségolène Royal s’adressait aux jeunes en leur disant : « Je pense que les jeunes ne sont pas un problème : ils sont la solution à nos problèmes ». Elle avait aussi pris un engagement personnel très fort : « Je tiens à dire que je pense à Bouna, Zyed et Muhittin, aux jeunes électrocutés de Clichy, et je dis à leur famille que nous n’aurons de cesse que la vérité soit connue dans la tragédie qui a pris leur jeune vie ». Hier, notre candidate s’est rendue à Clichy-sous-Bois, où elle a rencontré en privé les parents de Bouna Traoré et Zyed Benna, avant de déposer des fleurs au pied de la stèle érigée en leur mémoire devant le collège que fréquentaient les deux adolescents. Ensuite, elle a signé le « contrat social et citoyen » rédigé par le collectif AC Le Feu sur la base des doléances recueillies en 2006 dans 120 villes de France. Surtout, elle a assuré les jeunes des banlieues qu’ils « font partie intégrante de la nation ». Enfin, elle a pris l’engagement de se battre, si elle est élue, pour « la réussite des quartiers populaires ». Elle tiendra parole. Je me souviens en effet que lors des émeutes de novembre 2005, elle fut l’une des rares personnalités politiques qui, dans ses interventions publiques, parlait des jeunes comme d’une énergie, d’un potentiel, d’une chance. A l’époque, il va sans dire que ce n’était pas le discours dominant. C’était déjà, chez Ségolène Royal, une conviction profonde. Ce sera, demain, une action qu’elle conduira avec force.
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Lundi 26 février 2007
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Il suffit que deux sondages indiquent un début de retournement de situation au profit de Ségolène Royal pour que tout ce que Jacques Julliard appelle « l’empire Berluscozy » se mette à douter des enquêtes d’opinion. Peu importe que les mêmes, depuis le meeting à 5 millions d’euros de la porte de Versailles, commentent chaque nouveau sondage d’une formule incantatoire : c’est le 21ème –ou 22ème, ou 23ème, ou 25ème – sondage qui donne Nicolas Sarkozy vainqueur le 6 mai prochain depuis le 14 janvier…
Passons donc, en admettant d’ailleurs que les sondages sont comme la météo, ils indiquent la température du jour mais pas le climat. Pour autant, je note avec intérêt ce matin deux informations qui sans être des sondages, sont des coups de sonde à mon avis significatif.
Nicolas Sarkozy, qui depuis des semaines reporte son retour sur la dalle d’Argenteuil où il n’est pas le bienvenu depuis ses déclarations sur les racailles et le kärcher, s’est rendu samedi soir à Saint-Denis, où se jouait le match de rugby France-Pays de Galles. Je lis dans Libération ce matin : « Son apparition sur l’écran géant de l’enceinte sportive a déclenché une copieuse bordée de sifflets dans les tribunes ».
Ségolène Royal, sur laquelle Brice Hortefeux a ce week-end tenu des propos injurieux qui traduisent sans doute un petit malaise dans le staff sarkozyste, a assisté vendredi soir à Paris à la dernière représentation du spectacle de Jamel Debbouze et d’une dizaine de jeunes comiques « Black-blanc-beur ». Selon une dépêche d’agence : « La candidate socialiste à la présidentielle a été acclamée par le public et le comédien (…) Ségolène Royal a été applaudie debout par une partie du public dès son arrivée au casino de Paris ».
Alors, que demande le peuple ?
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