Lundi 12 décembre 2011
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Mercredi dernier à l'Assemblée nationale, Valérie Pécresse assurait très haut et très fort que le gouvernement veille à
la répartition équitable des efforts demandés aux Français, et ajoutait: « Nous taxons plus ceux qui ont plus de patrimoine ». C'est faux, car la politique fiscale de ce gouvernement a
creusé un fossé d'injustices entre les Français. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a construit une France de rentiers et d'héritiers. L'Insee compare trois catégories: les 10% de ménages les plus
riches détiennent à eux seuls la moitié du patrimoine total et disposent en moyenne de plus de 550 000 euros chacun; les 50% de moins fortunés possèdent en moyenne 30 000 euros; les 10% de
ménages les moins aisés ont moins de 2 700 euros de patrimoine brut. La première catégorie a un patrimoine 35 fois supérieur à la seconde (32 en
2004), et 205 fois supérieur à la troisième. Les inégalités de patrimoine s'accentuent donc par le haut. L'écart s'est amplifié à cause du bouclier
fiscal, de la diminution de l'impôt de solidarité sur la fortune et de l'abaissement des droits de mutation et de donation pour les plus aisés, qui ont abouti à concentrer la richesse nationale
entre un nombre restreint de personnes. L'héritage, facteur déterminant des inégalités entre les ménages, a pris ainsi une place croissante dans le revenu disponible des Français. Or, une
économie dans laquelle l'héritage et la rente augmentent perd son dynamisme et son inventivité, et donc sa capacité à préparer l'avenir. Cela s'appelle une impasse. Nous y sommes.
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Vendredi 9 décembre 2011
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Depuis plusieurs mois, le président de la République multiplie des déplacements dispendieux dont les
frais sont assumés par le contribuable. En 2011, il a déjà effectué 62 déplacements. C'est plus que les années précédentes, ce qui laisse penser que le candidat à sa propre succession accompagne
le chef de l'Etat dans ces voyages. Le parti socialiste vient de saisir la Commission des comptes de campagne afin de savoir s'il est légitime que les coûts de ces initiatives, lorsqu'elles
donnent lieu à des actes de propagande, pèsent sur les Français. Le doute existe et la majorité se place d'ailleurs sur la défensive. Le ministre des relations avec le parlement Patrick Ollier
affirme: « Une campagne électorale commence quand le candidat dit qu'il est candidat ». C'est un peu gros, et c'est faux. Si nous posons des questions, il nous est répondu que nous
voulons « interdire au président de présider ». Est-ce présider que de passer une demi journée dans la Creuse, le 11 octobre dernier, à
critiquer le projet socialiste? Ou d'annoncer le programme économique de l'UMP pour 2012 le 15 novembre à Bordeaux? Ou de lancer sa campagne présidentielle à Toulon le 1er décembre? Ces exemples
non exhaustifs révèlent ce qui peut être une infraction à la législation électorale. Un an avant le premier tour d'une élection, tout candidat est tenu d'établir un compte pour ses dépenses. En
l'espèce, la confusion des genres est évidente. Car il n'entre pas dans la fonction d'un président de la République, théoriquement président de tous les Français, de prendre des positions
partisanes en attaquant le candidat de l'opposition et ses propositions. Il n'incombe pas aux contribuables de financer des meetings électoraux. Les déplacements de Nicolas Sarkozy sont évalués
entre 130 000 et 300 000 euros par la Cour des Comptes, sans compter la mobilisation des forces de sécurité, qui sont souvent de l'ordre de quelques
centaines d'hommes. Ainsi, la facture du meeting politique de Toulon atteint plusieurs centaines de milliers d'euros. Ce cinéma coûte cher. Et comme
disait Coluche: « Rigolez pas, c'est avec votre pognon! »
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Lundi 5 décembre 2011
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A chaque jour, ou presque son discours. Depuis son élection en 2007, le chef de l'Etat nous a habitués
à ces déplacements incessants réglés autour de mises en scène rodées et de discours formatés pour passer en boucle sur les chaînes de télévision. Certains de ces shows ont marqué des tournants,
comme celui du discours sécuritaire de Grenoble. Nicolas Sarkozy ayant le culte de sa propre grandeur, ses interventions sont toujours présentées comme « fondatrices ». Nous avons ainsi
assisté, jeudi dernier, au « grand » discours du Zénith de Toulon, dûment rempli de 5 000 sympathisants ou adhérents de l'UMP. Les communicants de l'Elysée, à force de faire le buzz par
anticipation sur cet événement, ont involontairement suscité un bilan de « Toulon I ». Le 25 septembre 2008, dans la préfecture varoise, Nicolas Sarkozy avait en effet promis rien moins
que la moralisation du capitalisme financier, la régulation des marchés et le refus de la rigueur. Trois ans plus tard, le libéralisme est plus
débridé que jamais, les marchés et les agences de notation ont pris le pouvoir, et la France, plongée dans le chômage et bientôt la récession, est déclassée auprès de ses partenaires européens
notamment allemands. Moralité: les discours, « fondateurs » ou non, n'empêchent pas les effondrements. Toulon I avait un temps fait illusion, laissant croire à un président de la
République déterminé et combatif face à la crise qui commençait. Toulon II, discours du renoncement, montre l'image d'un candidat non déclaré mais en campagne et qui, surtout, voudrait bien ne
pas s'encombrer de son bilan de sortant. Il aura du mal.
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