Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 14:38


Seuls les imbéciles, dit-on, ne changent pas d'avis. C'est donc sans complexe que le président de la République confirme sa capacité d'adaptation, en annonçant hier un « plan emploi » dont la seule proposition chiffrée consiste à ajouter 100 000 contrats aidés aux 230 000 prévus pour 2009. Or, les crédits consacrés à l'emploi sont en baisse dans le budget. Surtout, c'est ce gouvernement qui a supprimé 200 000 emplois aidés, jusqu'ici accusés de tous les maux. En juin 2006, le candidat Sarkozy ne dénonçait-il pas avec vigueur « la logique exclusive du traitement social du chômage, de l'emploi aidé et de l'assistance »? De la même manière, c'est sans hésitation qu'il évoque désormais à propos des contrats de transition professionnelle la création d'une « véritable sécurité sociale professionnelle », directement prélevée dans le projet socialiste! Bref, ce plan n'en est pas un, sauf en termes de communication. Car en matière d'emploi, l'information qui nous est donnée est incomplète. Alors que l'on s'attend à l'annonce de 8 000 chômeurs supplémentaires en septembre, la majorité qui dirige la France, à la faveur de la crise, passe son bilan par profits et pertes. Depuis plusieurs mois, donc antérieurement à la crise, l'économie française se dégrade: le chômage remonte depuis plusieurs mois en dépit du contexte démographique; les destructions de postes sont massives dans le secteur industriel et significatives dans d'autres secteurs; la précarité et le sous-emploi ont continué de croître; la défiscalisation des heures supplémentaires a eu pour effet qu'une heure supplémentaire coûte moins cher qu'une heure embauchée. L'impact de la crise financière sur l'emploi va être très lourd. Il le sera d'autant plus que l'économie française est fragilisée par l'absence totale de soutien à l'activité productive de la part du gouvernement, dont la politique a conduit à une multiplication de plans sociaux. Alors le « plan emploi », c'est Sarkozy? Les plans sociaux, aussi.


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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 10:40



L'ensemble du monde de la justice, magistrats, avocats, personnel pénitentiaire, éducateurs, est uni dans une même inquiétude. Il est assez exceptionnel d'assister à une mobilisation comme celle de jeudi dernier. Le malaise n'a cessé de s'amplifier depuis un an et demi face à la dégradation de la justice. Depuis 2002, directement ou indirectement, la loi pénale a subi pas moins de 20 modifications. Cette compulsion législative explique les tensions, car la logique répressive s'accentue au fil des réformes, aggravant la surpopulation carcérale, et notamment le phénomène d'incarcération des mineurs. La France compte 63 000 détenus pour 50 000 places dans les maisons d'arrêt, certaines prisons ont un taux d'occupation de 200%, 93 suicides sont à déplorer depuis le début de l'année. Comment ne pas comprendre le désarroi de magistrats qui sont à la fois réprimandés lorsqu'ils n'appliquent pas les peines planchers et dans le même temps mis en cause, comme à Metz au début du mois, à la suite du suicide d'un mineur? L'incompréhension entre le gouvernement et le monde judiciaire est profonde. Face à une rupture de confiance qui est totale, il est étrange de prétendre renouer un dialogue partiel. C'est pourtant le choix du chef de l'Etat, qui reçoit aujourd'hui un seul syndicat de magistrats. Cette tentative d'affaiblir l'unité syndicale est un vieux réflexe qui n'est pas à la hauteur de la situation. Ce que défendent les magistrats, c'est l'indépendance du pouvoir judiciaire pour une démocratie équilibrée, et l'idée d'une justice respectée car respectueuse. Cela mérite d'être entendu.


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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 14:11

C'est un vote de conviction que les députés socialistes ont exprimé hier, en approuvant le projet de loi sur le Grenelle de l'environnement. Nous avons voulu en effet manifester la force de notre engagement en faveur d'un combat qui ne peut être gagné que collectivement et solidairement. Nous avons aussi eu le souci de conforter la position française dans la difficile négociation du « paquet climat-énergie » à l'ordre du jour du Conseil européen environnement de Luxembourg. Nous avons enfin pris acte des avancées du texte, puisque une centaine d'amendements socialistes sur des thèmes que nous estimons majeurs ont été adoptés en séance.

Mais c'est aussi un vote de vigilance que nous émettons, dans la mesure où nous sommes conscients des limites de cette loi, notamment du fait d'un financement encore hypothétique. Nous mesurons aussi les insuffisances de plusieurs dispositifs du fait des restrictions apportées par certains députés de la majorité.

Surtout, au delà de notre soutien sans réserve au processus du Grenelle et de notre mobilisation pour la protection de l'environnement, nous sommes attentifs aux prochaines étapes législatives. Nous veillerons, dès la deuxième lecture du texte, à ce que le contenu n'en soit pas édulcoré. Puis, lors de l'examen du budget du ministère de l'Ecologie, nous vérifierons que les crédits sont bien affectés aux actions promises. Enfin, nous n'oublions pas que ce Grenelle I est une loi d'orientation, dont les objectifs seront concrétisés, juridiquement et financièrement, dans un Grenelle II que nous examinerons dans quelques semaines.

En votant « oui » hier, nous prenons date pour la suite.

 


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