Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 11:25

 

Tribune de Bernard Roman
dans la Croix du Nord
19 septembre 2008



Le parti socialiste est aujourd'hui prisonnier d'une logique autodestructrice.

 

J'ai exercé des fonctions de responsabilité localement et nationalement au sein du PS. Je suis un élu. J'ai vu de près et vécu de l'intérieur tout ce qui fait battre le coeur d'une formation politique. Mais depuis quelques mois, et en particulier à La Rochelle, je ne me retrouve plus toujours dans les méthodes de ce parti.

 

Le socialisme ne va pas si mal...

 

Le PS administre aujourd'hui une majorité de collectivités locales et a remporté en mars dernier des succès significatifs. Il est au parlement le premier parti d'opposition. Il combat avec énergie et conviction les mesures du gouvernement lorsqu'elles sont inacceptables. Il vient d'adopter une nouvelle déclaration de principes qui réaffirme ses valeurs: la justice sociale, les libertés, l'égalité et la volonté de ne laisser personne au bord du chemin, l'engagement européen et internationaliste au service de la paix, la protection de l'environnement. Il est riche de ses compétences, de sa capacité idéologique, de ses militants. Nous savons bien cependant qu'il doit s'efforcer de s'ouvrir davantage à la société, aux jeunes, à la diversité, renouveler ses pratiques -je pense à la parité, au non-cumul des mandats-, préférer le contenu à la communication.

 

Pour autant, je réfute absolument les commentaires sur l'indifférenciation entre la droite et la gauche. Partout où la droite dirige, la pauvreté s'aggrave, les inégalités se creusent, l'indifférence s'installe. La gauche promeut au contraire le progrès, la confiance dans l'homme, l'acharnement à vouloir la justice. Le discours de Barack Obama lors de la convention démocrate ne dit que cela: pour cela il est magnifique et plein d'espoir. Ces valeurs sont celles de la gauche, partout, car elles sont universelles. C'est une responsabilité immense que de les défendre.

 

... mais le PS est en danger

 

Le parti socialiste avance vers son congrès de Reims dans une atmosphère étrange: tout le monde redoute une répétition tragique de Rennes mais personne ne semble capable de l'éviter. Est-il trop tard? Certains reprochent à François Hollande les synthèses qu'il a réalisées au cours de ses mandats, qui auraient retardé certains arbitrages. Devant le déchaînement que suscite sa succession, je me demande si sa volonté de rassemblement n'a pas protégé le parti socialiste.

 

Le mot " déchaînement " est violent, je l'emploie à dessein. Dans la mesure où les orientations politiques des principaux candidats au poste de premier secrétaire sont comparables, que leur désir de rénovation est identique, c'est donc que l'affrontement se situe ailleurs. Cet ailleurs qui fait que le nom du PS est en permanence associé aux expressions de " guerres de chefs " et autres " querelles d'ego ". Cet ailleurs qui fait qu'aujourd'hui le PS est en danger.

 

C'est bien le choc de quelques ambitions qui mine notre parti. L'ambition est légitime, elle est même nécessaire à l'action politique. Mais l'ambition et l'action ne trouvent leur sens que si elles se placent au service de l'intérêt général.

 

Pendant que le parti socialiste s'affaiblit dans des luttes internes, d'autres forces tentent d'occuper à sa place l'espace qui va de l'extrême-gauche au centre. Olivier Besancenot crée un nouveau parti, les Verts préparent leurs listes pour les européennes, François Bayrou tire le débat vers sa stratégie. Nous cédons du terrain, avec le risque de manquer le rendez-vous des européennes de 2009 et peut être même celui des régionales de 2010.

 

Nous laissons aussi sans réponse les défis de l'avenir. Le monde est instable, parsemé de conflits qui peuvent à tout moment s'embraser. La menace terroriste plane. Le sous-développement, la faim, les épidémies, les catastrophes naturelles, déciment des régions entières. La cote d'alerte est atteinte en matière de réchauffement climatique. Or, la social-démocratie est porteuse des valeurs et des actes politiques qui peuvent rendre le monde moins dangereux, plus solidaire, plus juste.

 

Nous serions donc collectivement coupables si nous ne nous rassemblions pas avant Reims. Dès le mois de juillet, j'ai signé la contribution de François Hollande parce qu'elle s'inscrit dans une démarche de rassemblement. Cet objectif d'élargissement semble être partagé par les amis de Bertrand Delanoë. Le mouvement doit se poursuivre. Les convergences d'idées justifient ce chemin commun. L'intérêt du parti socialiste l'exige.

 

On ne s'engage pas dans le socialisme par hasard, mais par choix, par conviction, pour améliorer la condition humaine et rendre le monde meilleur.

 

C'est un idéal? Oui. Une utopie? Et alors? Le socialisme est bien une aventure personnelle qui dépasse le destin de chacun au service de tous. C'est le moment de s'en souvenir. Sinon...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 14:52

Un tiers du Sénat va être renouvelé dimanche 21 septembre.

Dans l'indifférence générale, et pour cause. Le résultat de l'élection est connu à l'avance: la droite conservera sa majorité dans une assembléeQui représente les collectivités territoriales pourtant dominées par la gauche.
Cherchez l'erreur!
Les communes rurales, largement acquises à la droite, représentent 95% du collège des grands électeurs. Le Sénat est ainsi l'image inversée de la réalité du pays, la négation de l'urbanisation et de la modernité. Dans ces conditions, les Français n'attendent rien du Sénat, Chambre lointaine et peu légitime, en dépit de la qualité des travaux qu'il produit souvent.C'est dommage car le bicamérisme est un système qui garantit la démocratie parlementaire, sous réserve toutefois des conditions d'élection de chaque Assemblée. Rien ne va donc changer dimanche.A partir de 2011, le Sénat sera élu par moitié tous les six ans, le quinquennat ayant contraint les sénateurs à renoncer à leur sacro-saint mandat de neuf ans.
Cette concession, qui rendra le Sénat un peu moins décalé des résultats des élections locales, a beaucoup coûté à la droite sénatoriale, qui n'a pas pu s'y dérober. En revanche elle a refusé, en dépit de la bataille parlementaire menée par les socialistes l'été dernier, de saisir l'occasion de la réforme constitutionnelle pour adapter le mode de scrutin aux évolutions démographiques. Pas question de renoncer au confort de la Haute Assemblée. "Ne pas déranger": ce panneau pourrait être accroché aux portes du Palais du Luxembourg, comme dans les hôtels. Peu importe alors, de Jean-Pierre Raffarin ou Gérard Larcher, Philippe Marini ou Alain Lambert, qui succèdera au président du Sénat Christian Poncelet. Cette fonction, qui est pourtant la seconde dans le rang protocolaire, n'évoque pas grand-chose à nos concitoyens. Si ce n'est un immense confort et quelques priviléges. M. Lambert n'expliquait-il pas ce matin sur un plateau de télévision que "le rêve de tout sénateur est de mourir en fonction"?
Au moins, c'est dit!


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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 14:58

N'en déplaise à Nicolas Sarkozy, chanoine de Latran, la laïcité n'a pas à être qualifiée. Lui accoler un adjectif -fût-ce celui de « posistive »- c'est la restreindre. Elle est un principe qui depuis plus d'un siècle a permis à notre République de vivre dans l'harmonie et la tolérance. Le mélange des genres pratiqué par le chef de l'Etat, la manière dont il réintroduit perpétuellement la question religieuse dans le débat politique, sont sans précédent sous la Ve République, dont les présidents successifs ont soigneusement respecté le caractère privé et intime du choix religieux. Je ne peux m'empêcher de penser que durant les quatre jours de sa visite en France, le Pape a tenu son rôle, au contraire du chef de l'Etat, qui a outrepassé le sien. J'ajoute que Nicolas Sarkozy, si friand des positions du Vatican sur la laïcité, se fait en revanche discret lorsque Benoît XVI fustige « le culte de l'argent et du pouvoir », au moment où le parlement s'efforce d'éclaircir le rôle de l'Elysée dans le recours à la procédure d'arbitrage en faveur de Bernard Tapie. Enfin, je me félicite que certains de nos ministres, qui se sont précipités à la rencontre du Souverain Pontife, aient été touchés par la grâce. Comment expliquer autrement que par le mystère de la révélation les deux idées géniales du week-end? Voilà que Jean-Louis Borloo, au nom de sa conversion à l'écologie, veut taxer les gobelets en plastique des pique-niqueurs, dont les revenus ne sont généralement pas protégés par le bouclier fiscal. Xavier Darcos, encore plus inspiré, décide de distribuer des médailles aux bacheliers. Des médailles bénies à Lourdes, sans doute. Au nom de la laïcité « positive ».


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