Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 09:00

 

 

Comme les choses sont simples pour quiconque est membre de l'UMP. Il y a l'avant Nicolas Sarkozy, et l'après Nicolas Sarkozy. Avant, tout allait mal. Depuis, les problèmes ont disparu. Une fois encore, M. Guéant nous fait la démonstration de ce théorème. Le ministre de l'Intérieur a passé la journée de mardi à commenter des chiffres flatteurs dont le seul inconvénient est d'être fantaisistes. Il annonce une baisse de 0,34% de la délinquance générale en 2011, cette approche globale ayant l'avantage pour lui de mêler des faits dont la gravité n'est en réalité pas comparable. Ainsi, il se glorifie d'une « diminution de 1,74% des atteintes aux biens »... mais n'évoque pas la progression de 17,1% des cambriolages de résidences principales. Il ne précise pas davantage que la moitié de cette « baisse des atteintes aux biens » est imputable au recul des vols d'automobiles, en raison tout simplement de l'efficacité des dispositifs de sécurité des voitures. De la même manière, M. Guéant insiste sur le fait que les atteintes violentes à l'intégrité physique sont quasiment stabilisées (+ 0,1% d'augmentation), mais se tait sur d'autres constats: depuis 2007, les violences contre les personnes ont augmenté de 8%, et les vols avec violence de 7%;  depuis un an, les homicides et tentatives d'homicides ont fait un bond de 11,5%. La présentation des chiffres à la sauce Guéant lui permet de justifier la propagande xénophobe et anti-rom  du discours de Grenoble, opportunément réactivée à l'occasion de la campagne électorale. Sur ce sujet, le ministre est très bavard. En revanche, la liste de ses dissimulations est éloquente: aucune mention du refus des services de police d'enregistrer certaines plaintes, pas un mot sur les 10 000 suppressions de postes et de gendarmes depuis 2007, et silence absolu sur le sentiment d'insécurité des Français, au zénith en dépit des 26 lois votées depuis dix ans, que Nicolas Sarkozy trône place Beauvau ou en son Palais.


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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 13:51

 

 

Depuis plusieurs semaines, la question n'était plus de savoir si la France allait perdre son triple A, mais quand cette annonce interviendrait. Les milieux financiers avaient anticipé cette dégradation, François Hollande la pressentait imminente et intégrait cette donnée dans ses propositions, et Nicolas Sarkozy lui-même ne déclarait plus qu'il était « mort » si la note de la France venait à être abaissée. Ainsi, après avoir imposé aux Français la réforme des retraites, le démantèlement des services publics et deux plans de rigueur en quatre mois au nom de l'impérieuse nécessité de conserver le triple A de la France, le président de la République  fait mine d'ignorer purement et simplement la décision de Standard & Poor's. Comment celui qui a bâti toute sa mythologie personnelle sur l'action, la responsabilité, la culture du résultat, ose-t-il se dérober à ce point?  Il ne peut se retrancher derrière la crise, puisque des pays comme l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, conservent leur triple A. C'est bien sa politique qui est sanctionnée: le choix de la rigueur au détriment de la croissance; l'aggravation de la dette, dont le taux est passé de 64% du PIB en 2007  à 87% en 2011; le poids de cette dette, qui depuis 2002 s'est alourdie de 900 milliards d'euros. Entendre aujourd'hui des ministres qui sont aux affaires depuis dix ans mettre en cause la gestion socialiste est tout simplement une escroquerie intellectuelle. Les critères de Maastricht n'ont été respectés que sous le gouvernement de Lionel Jospin. Mais c'est surtout la lâcheté de la majorité qui frappe. Le chômage, la pauvreté, la précarité, les déficits, tous ces indicateurs sont au rouge, mais personne au gouvernement ni dans la majorité ne s'en juge responsable. Lundi dernier, François Fillon reprochait à François Hollande d'avoir décrit une France « affaiblie, abaissée, abîmée, dégradée ». Le lendemain, le président de l'Assemblée nationale prédisait « la guerre » si le programme du PS entrait en application. Ce matin, madame Pécresse proclame « caduc » le programme de François Hollande. Ce serait risible si ce n'était aussi stupide.


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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 09:03

 

En ce début d'année électorale, nous  sommes en « campagne », mot qui s'applique parfois à des opérations militaires. De là à évoquer la « guerre »  à l'idée que la majorité pourrait perdre le pouvoir au printemps prochain, il y a un pas que vient de franchir Bernard Accoyer en déclarant mercredi, lors de ses voeux:  « Si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre ». Passons sur le fait que le président de l'Assemblée insinue, dans sa malheureuse formulation, que seul Nicolas Sarkozy serait « responsable » et « courageux ». L'essentiel est la violence de la déclaration. Car le président de l'Assemblée nationale n'est pas un militant UMP ordinaire. Quatrième personnage de l'Etat, il est le garant du fonctionnement des institutions, de l'esprit républicain, et il veille au respect des droits des députés de l'opposition. Il est naturellement et démocratiquement issu des rangs de la majorité parlementaire et il n'a pas à renier son appartenance politique. Du moins devrait-il, ce qui a toujours été le cas par le passé, dépasser tout esprit partisan et observer, sinon une absolue neutralité, du moins une certaine hauteur dans ses commentaires politiques. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a demandé à monsieur Accoyer de s'excuser. Ce dernier s'y refuse, et ose plaider la déformation de ses propos. C'est une dérobade de sa part: la mention de la « guerre » concluait explicitement sa diatribe contre les propositions du parti socialiste et de François Hollande. Face à la virulence du parti du président et à ses incessantes attaques, il faut bien constater que l'UMP joue la tactique du piranha, se jetant sur tout et n'importe quoi pour surenchérir, sur-réagir, mettre en pièces et déchiqueter, dans la ligne  revendiquée par Jean-François Copé lui -même: « Chez nous, c'est massacre à la tronçonneuse ».


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