Le mardi 6 juillet, j'ai interrogé à l'Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur, M. Brice Hortefeux, sur les conditions dans lesquelles est décédé en juin 2009, deux jours après son interpellation par les forces de police d'Argenteuil, le retraité algérien M. Ali Ziri:
« Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'Intérieur.
Il y a un an, M. Ali Ziri, un retraité algérien de 69 ans, est décédé après une interpellation effectuée deux jours plus tôt par les policiers d'Argenteuil, alors qu'il se trouvait à bord d'un véhicule conduit par un de ses amis.
Les deux hommes étaient en état d'ébriété, mais cela ne justifie en rien que le contrôle de police se soit déroulé dans des conditions de violence inacceptables.
Car monsieur Ali Ziri, victime d'un grave malaise, est conduit à l'hôpital d'Argenteuil .
Il ne se réveillera pas.
Une première autopsie conclut à une crise cardiaque et le parquet ne donne pas suite à l'affaire.
Mais une seconde expertise médicale contredit catégoriquement ce constat, puisqu'elle recense 27 hématomes sur le corps du défunt, dont certains très importants, confirmant l'hypothèse de violences policières (corroborant ainsi le témoignage du conducteur du véhicule).
Aujourd'hui la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité publie un rapport accablant qui renforce cette hypothèse.
Selon ce rapport le traitement reçu par Ali ZIRI après son arrestation a été particulièrement violent.
La CNDS met en doute le thèse officielle et évoque « l'usage de la force de façon disproportionnée et précipitée ».
Les images de vidéo surveillance le montrent. On y voit en effet Ali ZIRI être expulsé du véhicule de police, jeté au sol, menotté et allongé par terre la tête dans ses vomissures.
Monsieur le ministre,
La mort d'un homme ne peut être un dossier que l'on classe sans autre forme de procès. La CNDS, dont le gouvernement auquel vous appartenez envisage la dilution dans le « Défenseur des droits », réclame des suites à cette affaire, les policiers étant d'ailleurs parfaitement identifiables sur la vidéo.
Il est nécessaire désormais que toute la vérité sur cette douloureuse affaire soit établie.
An nom des valeurs de notre démocratie, nous vous le demandons ».


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