Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /2010 15:26

Le mardi 6 juillet, j'ai interrogé à l'Assemblée nationale le ministre de l'Intérieur, M. Brice Hortefeux, sur les conditions dans lesquelles est décédé en juin 2009, deux jours après son interpellation par les forces de police d'Argenteuil, le retraité algérien M. Ali Ziri:

 

« Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'Intérieur.

 

Il y a un an, M. Ali Ziri, un retraité algérien de 69 ans, est décédé après une interpellation effectuée deux jours plus tôt par les policiers d'Argenteuil, alors qu'il se trouvait à bord d'un véhicule conduit par un de ses amis.

 

Les deux hommes étaient en état d'ébriété, mais cela ne justifie en rien que le contrôle de police se soit déroulé dans des conditions de violence inacceptables.

 

Car monsieur Ali Ziri, victime d'un grave malaise, est conduit à l'hôpital d'Argenteuil . 

 

 Il ne se réveillera pas.

 

Une première autopsie conclut à une crise cardiaque et le parquet ne donne pas suite à l'affaire.

 

Mais une seconde expertise médicale contredit catégoriquement ce constat, puisqu'elle recense 27 hématomes sur le corps du défunt, dont certains très importants, confirmant l'hypothèse de violences policières (corroborant ainsi le témoignage du conducteur du véhicule).

 

Aujourd'hui la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité publie un rapport accablant qui renforce cette hypothèse.

 

Selon ce rapport le traitement reçu par Ali ZIRI après son arrestation a été particulièrement violent.

 

La CNDS met en doute le thèse officielle et évoque « l'usage de la force de façon disproportionnée et précipitée ».

 

Les images de vidéo surveillance le montrent. On y voit en effet Ali ZIRI être expulsé du véhicule de police, jeté au sol, menotté et allongé par terre la tête dans ses vomissures.

 

Monsieur le ministre,

 

La mort d'un homme ne peut être un dossier que l'on classe sans autre forme de procès. La CNDS, dont  le gouvernement auquel vous appartenez envisage la dilution dans le « Défenseur des droits », réclame des suites à cette affaire, les policiers étant d'ailleurs parfaitement identifiables  sur la vidéo.

 

 Il est nécessaire désormais que toute la vérité sur cette douloureuse affaire soit  établie.

 

An nom des valeurs de notre démocratie, nous vous le demandons ».


Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Partager    
Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /2010 14:16

Il est très fort, Sarkozy: plus il intervient, plus tout va mal pour lui!

 

Deux exemples, que je retiens parmi la multitude des épisodes de même nature. Il a suffi que le chef de l'Etat se mêle de la recapitalisation du journal Le Monde en faisant connaître son hostilité à l'une des offres sur les rangs pour que cette dernière soit finalement retenue. De la même manière, il a fait modifier la loi pour nommer lui-même les PDG de l'audiovisuel public. Résultat, Radio France connaît une crise majeure et le chef de l'Etat a dû renoncer à  nommer celui qu'il pressentait à la tête de France Télévisions. Le pire, c'est que ces déconvenues ne lui serviront sans doute pas de leçon et qu'il continuera à croire que ces pratiques qui avaient cours avant mai 1981 peuvent être réhabilitées impunément. Il n'en est rien. La France a changé, les Français surfent sur le net et vivent tous les épisodes de la vie publique en temps réel, en y participant, en les commentant, et il faut vraiment vivre à l'Elysée pour ne pas le comprendre.

 

Autre exemple. Il est évident, depuis sa création, que le bouclier fiscal est une injustice que les Français ne pardonneront pas à Sarkozy. Au parlement, nous en demandons l'abrogation depuis des mois, utilisant tous les moyens dont nous disposons, débat budgétaire, propositions de loi, questions au gouvernement. Il nous est toujours répondu avec un incroyable mépris, notamment lorsque nous avons dénoncé un dispositif qui permet aux contribuables les plus fortunés d'échapper à l'effort qui est demandé à chacun pour financer le revenu de solidarité active. Je vois mal aujourd'hui, alors que nous venons d'apprendre que la détentrice de la première fortune de France se voit restituer par l'Etat un chèque de 30 millions d'euros au titre du bouclier fiscal, alors même qu'il est possible qu'elle ait recours à l'évasion fiscale par ailleurs, comment les jours du bouclier fiscal pourraient ne pas être comptés.

 

Combien d'avertissements, combien de manifestations, combien d'échecs faudra-t-il à Nicolas Sarkozy pour qu'il admette qu'il fait fausse route? Ni l'échec cuisant de son parti aux régionales, ni les millions de manifestants contre la réforme des retraites, ni les chiffres accablants de l'économie française, ne le détournent de sa ligne politique clientéliste, inefficace, terriblement inégalitaire.

 

Un fossé infranchissable s'est creusé entre Nicolas Sarkozy et le peuple qu'il dirige. Le chef de l'Etat est coupé de la réalité du pays. Les Français sont touchés par la crise, le chômage, inquiets devant la perspective d'un plan de rigueur, en colère face à un projet de réforme des retraites qui demande des efforts lourds aux salariés, révoltés par une politique qui laisse de côté de plus en plus de jeunes et abandonne les quartiers sensibles, mais lui, depuis son Palais, ne mesure pas leur révolte face aux connivences et aux conflits d'intérêts qui émaillent l'actualité, de l'épisode Epad à l'affaire Bettencourt, du scandale des sommes reversées au titre du bouclier fiscal aux faveurs accordées encore et toujours aux banquiers, rentiers, patrons et autres privilégiés. Durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis à ses électeurs une « République irréprochable »: il les a trompés. Au passage, il s'est aussi trompé, et il est sans doute trop tard pour qu'il redresse la barre. En serait-il d'ailleurs capable, c'est une autre question.


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 10:54

La réduction à 5,5% du taux de TVA dans la restauration a dès l'origine soulevé un grand scepticisme. Le premier bilan ne lève pas les doutes, au contraire.

 

Le contrat d'avenir signé il y a un an entre les restaurateurs et le gouvernement prévoyait la création de 20 000 emplois supplémentaires en 2 ans, une baisse des prix de 3%, et un accord social pour les salariés du secteur.

 

Qu'en est-il? Les créations d'emploi ne sont pas au rendez-vous. Le ministre Novelli a cru bon d'annoncer que l'objectif était non seulement atteint mais dépassé: c'est faux. Certes, quelque 21 000 emplois sont comptabilisés, mais le secteur en avait détruit 14 000 entre janvier 2008 et juin 2009, et la profession crée habituellement 15 000 emplois par an: c'est en supplément de ces derniers que devaient venir les 20 000 emplois pérennes promis par le gouvernement.

 

Rendez-vous manqué aussi pour la baisse des prix, avec une maigre diminution de 1,3%. La moitié des restaurateurs n'ont pas réduit leurs tarifs et 10% d'entre eux les ont même relevés!

 

Enfin, sur le plan social, un coup de pouce salarial a certes été accordé, mais l'effort de modernisation est demeuré fort modeste et en-deçà des engagements de la profession.

 

Face à ce bilan pour le moins mitigé, la droite est un peu gênée. Le rapporteur UMP du budget à l'Assemblée nationale plaide en faveur de l'instauration d'un taux de TVA intermédiaire de 12% dans la restauration. Dans la perspective du « coup de rabot » qui doit toucher l'ensemble des niches fiscales, François Baroin a qualifié la baisse de la TVA dans la restauration de « très très grosse niche » à laquelle il trouverait justifié de s'attaquer. Même Nicolas Sarkozy aurait évoqué cette semaine devant les députés UMP qu'il recevait à l'Elysée cette décision comme « une erreur de détail » dans sa politique économique -ce qui n'a pas empêché Christine Lagarde de jurer ses grands dieux qu'elle ne la remettrait pas en cause.

 

Dans cette cacophonie, une chose est sûre: alors que le déficit des finances publiques contraint le gouvernement à adopter des mesures de rigueur, comment justifier la prorogation d'un dispositif qui coûte 2,4 milliards par an à l'Etat, montant qu'il est instructif de mettre en regard des 3 milliards d'économies générées d'ici 2013 par la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires. La comparaison est indigeste, à tout le moins.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Bienvenue !



Parce que j’ai toujours considéré qu’en ma qualité d’élu je devais rester en contact permanent avec vous,

et parce que je sais combien il est important pour chaque citoyen de trouver un espace d’expression et de dialogue,
j’ai ouvert ce blog, d'une part, pour vous permettre de prendre connaissance de mon activité politique, de mes engagements, voire, de mes coups de gueule, et d'autre part, pour vous offrir la possibilité d’échanger avec moi sur des sujets d’actualité.


V
os commentaires m’intéressent, bienvenue sur mon blog!

Bernard ROMAN


Vous pouvez également, si vous le désirez, m’adresser un courriel :
contact@bernard-roman.org

 

Coordonnées

Permanence parlementaire
165 rue d'Arras
59000 Lille
Tél. 03 20 52 09 20
Fax.03 28 54 01 37
contact@bernard-roman.org



Siège de Région
151 avenue du Président Hoover
59555 Lille cedex
Tél. 03 28 82 50 01
Fax.03 28 82 59 01

Recommander

RSS

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés