bernard-roman

Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 14:27

 

Quel dévissage! Deux sondages consécutifs confirment la dégringolade de Nicolas Sarkozy. Deux instituts lui attribuent la même cote: 41% d'opinions positives seulement. Pour la Sofres, la chute atteint huit points en un mois, et pour LH2 treize points. Pareille impopularité quelques mois après une victoire électorale, ce n'est pas inédit: Jacques Chirac, élu en 1995 sur le thème de la « fracture sociale », avait connu un désaveu comparable pour avoir laissé Alain Juppé lancer des réformes contraires à cet engagement de campagne. Mêmes causes, mêmes effets: la déception en 2008 porte sur le pouvoir d'achat. Seule différence, l'actuel président de la République est davantage en première ligne, puisqu'il assigne à résidence et contraint au silence son premier ministre. François Fillon n'est même plus un « collaborateur »: hier soir, c'est Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, qui a expliqué la politique du gouvernement dans une grande émission politique. Institutionnellement, c'est anormal. Le gouvernement ne détermine plus et ne conduit plus la politique de la nation, comme le prévoit la Constitution française. De surcroît, le parlement ne peut plus exercer son pouvoir de contrôle sur un gouvernement qui n'a prise sur rien, les décisions dépendant des foucades des conseillers élyséens. Politiquement, ce dysfonctionnement est contre-productif. Il n'est pas étonnant que l'exécutif soit jugé sévèrement sur son action économique et sociale: le gouvernement échoue car il n'a tout simplement pas de politique. Il commence à en payer le prix dans les urnes, comme le confirment les législatives partielles, à Chartres notamment. A un mois des municipales, la droite redoute un vote-sanction dans certaines villes. Car le « sarkozysme », cet engouement irraisonné qui a saisi la droite française, et séduit une majorité d'électeurs, montre aujourd'hui, montre déjà, ses limites et ses dérives. Il ne faut pas l'oublier, la politique est un engagement noble, qui repose sur le débat d'idées, le respect des principes républicains, et la volonté d'agir. Il est temps de revenir à cette triple exigence. Sarkozy a cru pouvoir s'y soustraire. Les Français lui donnent un avertissement de travail.

 


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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 14:14

 

Il n'y aura pas de plan de rigueur, c'est ce qu'a assuré hier encore le premier ministre à l'Assemblée nationale. Sa ministre des finances persiste à affirmer avec un aplomb stupéfiant que l'économie française est solide. Qu'on en juge: l'inflation s'aggrave, le pouvoir achat se dégrade, la dette s'alourdit, le déficit du commerce extérieur plonge, et maintenant la crise financière et boursière fait craindre une possible récession. Le moral des Français n'a jamais été aussi bas depuis vingt ans, l'inquiétude majeure des ménages portant sur leur niveau de vie futur. Ces angoisses sont légitimes. Les menaces sont réelles. Le moins que l'on puisse attendre de nos dirigeants politiques dans ce contexte est d'anticiper, d'informer, de gouverner, tout simplement. Une sorte de service minimum dû aux Français qui les ont portés au pouvoir. A cet effet, les députés socialistes demandent depuis plusieurs semaines que le gouvernement engage avec le parlement, avant les municipales, un débat sur sa politique économique et financière. Le premier ministre répond: « Circulez il n'y a rien à voir », et Christine Lagarde: « Tout va très bien madame la marquise ». Pourtant Sarkozy a reconnu que « les caisses sont vides ». Fillon s'est plaint que que le pays soit « en faillite ». Et le ministre du budget, Eric Woerth, a estimé hier en commission des finances que les caisses sont « plus que vides ». En toute logique, il faudra bien, très vite, redresser la barre, et en tout cas prendre des décisions avant juin, date à laquelle la France présidera pour six mois l'Union européenne. Seulement voilà, annoncer ces perspectives à la veille de municipales que le pouvoir en place redoute, ce serait calamiteux. Les décisions viendront, pourtant, dès le printemps. La TVA sociale est quasiment dans les tuyaux, l'augmentation de la CSG aussi. Rendez vous le 24 mars. Une période sans élections s'ouvrira. Sarkozy pourra agir à sa guise. Il y aura, forcément, une cure d'austérité pour les Français, de nouveaux prélèvements, de nouvelles injustices, des ponctions supplémentaires sur le pouvoir d'achat des plus fragiles. Mais chut! Pour l'heure, le seul objectif du gouvernement est de limiter la casse lors du prochain scrutin, quitte à se contredire, à se taire, à mentir. Même le président, dont la dégringolade se poursuit dans les sondages, se fait discret: un aveu, en quelque sorte.

 

 


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Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 11:33

 

Devinette: qui a dit: « Demain, une partie des enseignants sera en grève, sans que l'on sache précisément les motifs de ce mouvement qui tend à devenir un rituel auquel les Français s'habituent tant bien que mal, considérant que c'est un mauvais moment à passer. Je considère pour ma part qu'il y a des moyens plus modernes de poser les questions relatives à l'évolution de notre système éducatif ». Je donne deux indices: cette déclaration a été prononcée par un homme, le mercredi 23 janvier. Une chose semble sûre, pour être aussi mal informé des réalités du système éducatif français, l'auteur de cette phrase doit travailler dans une sphère qui en est bien éloignée. Car la grève de jeudi a démenti ce visionnaire. Elle a été très suivie par les enseignants dont 54% ont répondu au mot d'ordre. Le malaise qu'ils expriment est profond, puisqu'ils estiment que le service public de l'éducation est fragilisé par les suppressions de postes, le recours à des vacataires et à des contractuels, le forcing du gouvernement qui veut imposer un service minimum pour lequel il avait promis une concertation aujourd'hui abandonnée. Enfin, leurs inquiétudes sont comprises des parents d'élèves qui savent que le système scolaire a besoin d'être amélioré avec les enseignants et non contre eux. A ce stade, vous l'avez sans doute deviné, ce roi de la gaffe n'est autre que Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, s'exprimant à la tribune de l'Assemblée nationale dans le cadre des questions au gouvernement. Sa réponse est affligeante, reflétant un mépris des enseignants et de la mission de l'éducation nationale indigne de ses fonctions. Les résultats de sa politique sont à l'avenant: 11 000 suppressions de postes depuis qu'il est ministre, en particulier dans les collèges et les lycées, dégradation du pouvoir d'achat des enseignants, refus de toute revalorisation du métier d'enseignant. S'il doit être évalué comme ministre, M. Darcos ne sera pas le premier de la classe! Sa copie est mauvaise, tant sur la forme que sur le fond, et finalement hors sujet.

 


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