Lundi 23 mars 2009
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Au soir de la mobilisation du 19 mars, qui a rassemblé encore plus massivement que la journée du 29 janvier,
notamment en s'élargissant au secteur privé, le Premier ministre a « choisi TF1 », selon la formule de la chaîne, pour prendre le risque insensé d'intervenir en direct dans le
journal de 20 heures!
A vrai dire, il aurait pu enregistrer son intervention la veille, puisqu'il s'est exprimé comme si de rien
n'était.
En effet, François Fillon a pour unique réponse: « La mobilisation ne résoudra pas les problèmes de
la crise mondiale ». Certes, mais le président de la République et le gouvernement pourraient peut-être agir pour en atténuer les conséquences? Non plus. Car le chef du gouvernement
confirme qu'il ne fera rien: il n'y aura pas de mesures de relance, le Smic n'augmentera pas, et pour le reste il faut « attendre » les effets du plan annoncé le 18
février.
Le mot-clé est donc « attendre ». Mais attendre quoi? Attendre les effets du plan de
relance? Ils ne viendront pas, car les mesures sont insuffisantes et inadaptées. En revanche, les mauvaises nouvelles, elles, arrivent sans « attendre ». L'Insee prévoit 387
000 suppressions d'emploi dans le secteur marchand au cours du 1er semestre 2009 et un PIB en recul de 2,9% sur l'année, tandis que le FMI annonce une récession de 3,2% dans la zone euro. Rien à
faire: l'Union européenne, par les voix pour une fois concordantes de Sarkozy et Merkel, refuse d'engager une politique de relance concertée et vigoureuse, comme le lui suggère Dominique
Strauss-Kahn. Les dirigeants européens aussi « attendent » de voir si l'économie américaine donne des signes de rebond.
Je ne sais quel courtisan en mal de reconnaissance expliquait voici quelques mois qu'à la faveur des crises,
les hommes exceptionnels se révélaient. Il fallait bien sûr comprendre que Nicolas Sarkozy allait avoir l'occasion de donner toute sa mesure. En foi de quoi le président français est étrangement
discret. Il a même la semaine dernière tenté de remettre au premier plan la thématique sécuritaire, comme au bon vieux temps! « Attendre » et faire diversion en attendant...
Cette piètre tactique est le contraire de la responsabilité politique que nous sommes en droit d'exiger d'un exécutif qui veut concentrer en ses mains tous les pouvoirs.
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Vendredi 20 mars 2009
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10:25
Le débat sur le projet de loi Création et Internet reprend fin mars à l'Assemblée. Les députés socialistes
sont très réservés sur ce dispositif, à la fois inutile et inefficace, et qui ne garantira pas l'équilibre entre la rémunération de la création artistique et la liberté d'accès à la culture, en
particulier pour les jeunes. Le PS propose une « contribution créative », payée mensuellement par les internautes et redistribuée entre producteurs, éditeurs, auteurs et fournisseurs
d'accès. Mais le gouvernement et la droite s'arc-boutent sur une conception passéiste et élitiste de la culture, dont ils refusent la démocratisation et la diversification qui vont de pair avec
l'ère du numérique.
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Mercredi 18 mars 2009
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10:17
Les grosses fortunes sont les principales bénéficiaires du bouclier fiscal. Le Conseil des Prélèvements Obligatoires vient à nouveau de le confirmer. Le bilan 2008 du dispositif n'est pas
définitif, mais il ne devrait pas différer sensiblement des chiffres de 2007: 83% des sommes restituées aux bénéficiaires du bouclier fiscal ont profité à 10% de Français. Au point qu'à
l'occasion de l'examen du collectif budgétaire, un certain nombre de parlementaires de l'UMP souhaitent que les plus riches de nos concitoyens contribuent à l'effort de la collectivité et
appellent à la suspension du dispositif qui les exonère de cette solidarité.
Pour le président de la République, il n'en est pas question : « Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts », a-t-il déclaré hier. Ses plus zélés courtisans font même du bouclier
fiscal une question de « principe ».
Les défenseurs du bouclier fiscal recourent du reste à un argument étrange: moins de 14 000 foyers sont éligibles au dispositif, alors qu'à l'origine, Bercy en annonçait 235 000. C'est donc un
faux sujet. En d'autres termes, ils justifient le maintien du dispositif par son échec!
Les députés socialistes demandent depuis des mois la suppression du bouclier fiscal. Car au-delà de son caractère inique, il bloque de manière automatique toute réorientation de la politique
fiscale. Du fait qu'il intègre la CSG et la CRDS, le bouclier fiscal neutralise toutes les hausses d'impôts. Cette faille est apparue clairement lors de la mise en oeuvre du Revenu de Solidarité
Active: seuls les protégés de Nicolas Sarkozy, abrités derrière leur bouclier fiscal, sont exonérés de la taxe de 1,1% sur les revenus de l'épargne qui finance le RSA.
Cela n'empêche pas Eric Woerth, ministre du budget, d'assurer que « le bouclier fiscal est une mesure juste ».
D'une manière ou d'une autre, les jours du bouclier fiscal sont pourtant comptés. Le chef de l'Etat est pris au piège de son clientélisme, prisonnier de ses dogmes libéraux. Le bouclier fiscal,
de plus en plus, ressemble à un boulet.
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