Après-demain, Nicolas Sarkozy célèbrera le deuxième anniversaire de son élection à la présidence de la République. La semaine qui s'ouvre est une illustration parfaite de son bilan. L'angoisse
face à la crise, la révolte face au pouvoir, ont conduit un million de Français à défiler dans les rues le 1er mai. Ce n'était donc pas un 1er mai ordinaire, il était au contraire exceptionnel:
par l'unité syndicale, du jamais vu en pareille occasion; et par l'ampleur des cortèges partout en France.
Ce 1er mai devrait donc être un signal pour le gouvernement: celui-ci, pourtant, a décidé de ne pas l'entendre! Il y répond par le mépris et par une double méprise.
En minimisant la mobilisation populaire, il compare ce qui n'est pas comparable: la fête du travail ne doit pas être mise en rapport avec les manifestations organisées les jours de grève générale, mais avec les années précédentes. A cet égard, le 1er mai 2009 était exceptionnel.
La deuxième réaction du gouvernement est l'arrogance: après la provocation qui consiste à remettre à l'ordre du jour le travail du dimanche, qui ne crée pas d'emplois, le ministre Hortefeux concède laconiquement qu'il recevra les organisations syndicales fin juin (de cette année, quand même ...)
Qu'attendent les responsables pour agir? La semaine dernière, les personnels des hôpitaux, médecins compris, protestaient contre la réforme Bachelot. Dans les facultés, enseignants et étudiants maintiennent leur mouvement contre la loi Pécresse. Les personnels pénitentiaires protestent aujourd'hui contre leurs conditions de travail, sans grand espoir d'être écoutés par madame Dati.
C'est dans cette inaction que se révèle le bilan de Nicolas Sarkozy: deux ans d'injustices, de provocations, et finalement d'incompétence.


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