Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 11:32

Le thème n'est pas innocent, le support non plus. En choisissant de s'exprimer dans un hebdomadaire d'extrême-droite, le ministre des Transports efface l'illusion, si elle existait encore, d'une frontière entre l'UMP et l'extrême-droite. La pétition lancée par Thierry Mariani n'est d'ailleurs pas le seul fait de la « droite populaire », ce collectif ultraconservateur de l'UMP, puisque le secrétaire général du parti présidentiel, Jean-François Copé, a confirmé que la majorité luttera contre le droit de vote des étrangers. Comme à chaque fois que les socialistes défendent le droit de vote aux élections locales des étrangers vivant en France depuis plus de cinq ans, la droite s'y oppose au motif d'un lien entre citoyenneté et nationalité qui est non seulement discutable, mais hypocrite dans la mesure où le gouvernement vient de durcir les conditions d'accès à la nationalité française en exigeant une maîtrise de la langue ainsi qu'une connaissance des droits et devoirs des citoyens répondant à des critères très sélectifs donc totalement restrictifs. L'interview complaisamment accordée par un ministre de la République à un journal répertorié depuis plusieurs décennies à l'extrême-droite, avec photo en « une », est une transgression inadmissible. Pire, entendre M. Mariani justifier son hostilité au droit de vote des étrangers au motif que « le patriotisme n'est pas une marque déposée du FN » est une injure aux valeurs de la France. Cela ne semble émouvoir personne, ni à l'Elysée, ni à Matignon. Il aurait pourtant été légitime que le chef du gouvernement condamne, tant sur la forme que sur le fond,  cette déclaration infâme de l'un de ses ministres.


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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 09:13

 

 

Pour la première fois dans notre histoire, l'Assemblée nationale examine le projet de budget sous la menace d'une dégradation du triple A français. Quoi que l'on pense des agences de notation, leurs réactions sont un indicateur de la situation économique des pays. Parmi les 17 pays notés triple A par Moody's, la France fait désormais figure de mauvais élève. Notre déficit s'élève à 5,6% du PIB, contre 0,9% pour l'Allemagne et 3,9% pour les Pays-Bas. Notre stock de dette s'approche de 87% du PIB. Et que propose le  gouvernement?  Il fait sa révolution idéologique en taxant les hauts revenus … à hauteur de 400 millions! Dérisoire en comparaison de la perte de recettes de 1,9 milliard d'euros liée à la réforme de l'ISF votée il y a quelques semaines, et surtout des 1 692 milliards d'euros de notre dette. Avec Nicolas Sarkozy, la France accumule les records et pas seulement ceux du déficit et de la dette. Record du nombre de taxes crées, 30 en 5 ans, la dernière en date s'abattant sur les boissons sucrées; record de déficit du commerce extérieur, 75 milliards cette année, du jamais vu; record de faiblesse du taux de marge de nos entreprises, ce qui plombe toute perspective de croissance. De plus, et contrairement à ses allégations, la droite a alourdi la dépense publique de 4 points de PIB depuis 2002: 56,3% cette année, soit  une hausse de 80 milliards en 10 ans. Dix ans, ça suffit, criait la rue en 1968. Au vu de la dégringolade de notre pays depuis une décennie et plus encore depuis 2007, ce slogan pourrait redevenir d'actualité. Et lorsqu'on entend Jean-François Copé, François Baroin ou Valérie Pécresse dénoncer avec agressivité la prétendue « imposture » du projet socialiste, qu'ils ne sont pas loin de rendre responsable de l'avertissement de Moody's, on se dit qu'il y a quelque chose de surréaliste à devoir supporter leurs criailleries.


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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 11:15

 

 

Rêvons un peu. Dans l'histoire de la Ve République, la gauche n'a fait élire qu'un seul Président. Nous avons cru parfois à la victoire, elle aurait été juste et méritée, mais pour la première fois, grâce à la force donnée par l'investiture citoyenne des primaires, le candidat socialiste sera porté par la confiance d'un million et demi de Français et par la dynamique qui l'a placé en tête le 9 puis le 16 octobre. La longue carrière politique de François Hollande, sa conduite de la campagne des primaires, les mots qu'il a prononcés hier soir, confirment sa pugnacité dans la bataille, mais aussi sa capacité de rassemblement et son sens de l'unité. Tous les socialistes se sont montrés hier soir responsables et enthousiastes autour de lui. Jamais une campagne présidentielle socialiste ne s'est si bien présentée. Après la longue marche qui a conduit François Hollande à son investiture, un marathon l'attend pour affronter la droite et l'extrême-droite au cours des six prochains mois. Ce sera difficile, il le sait, il y est prêt. Nous le sommes aussi, à ses côtés, pour qu'en mai 2012 l'espoir se transforme en victoire.


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