Mercredi 9 novembre 2011
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L'incident
de séance hier entre François Baroin et le groupe socialiste est honteux. Peut-on être ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, et répondre à une question sur le plan de rigueur
annoncé la veille par une contre-attaque accusant les socialistes d'avoir été « conduits par effraction au pouvoir en 1997 »? Chacun peut comprendre que le ministre soit fatigué, et
nous savons tous que nos propos peuvent parfois dépasser notre pensée -en l'occurrence, toutefois, il est toujours surprenant de constater que pour la droite française, la gauche n'est pas
légitime au pouvoir. François. Baroin, je veux le croire, admettra tôt ou tard que ses propos sont regrettables. Cet échange m'a choqué par sa virulence, mais j'ai été bien plus boulerversé par
le chahut organisé par les députés UMP durant la question de mon collègue Michel Vauzelle, qui interrogeait le gouvernement à la suite des
inondations qui ont frappé le Var et les Alpes-maritimes les 5 et 6 novembre dernier. Les vociférations du groupe majoritaire ont rendu son intervention inaudible, alors qu'il évoquait des
situations dramatiques, cinq personnes ayant perdu la vie à cause de ces intempéries, des milliers ayant été évacuées de leurs maisons. Michel
Vauzelle saluait le travail des sauveteurs et des forces de sécurité et souhaitait seulement obtenir du ministre de l'Intérieur un renforcement des moyens et des équipes de secours. Je pense au
désarroi, voire au désespoir, des habitants de ces départements du Sud-est, et j'ai honte qu'une partie de l'Assemblée nationale préfère l'invective stupide et hors de propos à l'expression de sa
solidarité envers des familles éprouvées.
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Lundi 7 novembre 2011
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Un mensonge, une contre-vérité, un déni: ainsi peut se résumer le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour
2012, qui l'Assemblée vient d'adopter en première lecture. Le PLFSS est un mensonge puisqu'il reste fondé sur une prévision de croissance de 1,75%,
revue aujourd'hui à 1%, sans que le gouvernement ait daigné répondre en séance aux interrogations des députés socialistes qui lui demandaient quelles mesures il envisageait pour compenser ce
différentiel, alors même qu'il manque 1,5 milliard d'euros pour le combler. Une contre-vérité dans la mesure où le gouvernement continue à fantasmer sur de supposées fraudes qui seraient cause du
déficit de la sécurité sociale, dans le but de se dédouaner de sa propre responsabilité dans la dégradation des comptes, et pour préparer l'opinion à des mesures contre les plus faibles. Si pour
le moment, la réduction des indemnités journalières pour arrêt maladie n'est plus à l'ordre du jour, le gouvernement ne s'est pas engagé à y renoncer. En attendant, il instaure un jour
supplémentaire de carence qui obéit à la même logique de suspicion et de sanction à l'encontre des salariés malades. Enfin, le déni réside dans l'incapacité de cette majorité de prendre à
bras-le-corps les problèmes que sa politique a creusés: l'aggravation du déficit structurel de notre sécurité sociale, l'accroissement des inégalités d'accès aux soins, l'affaiblissement du
service public de santé et du service public hospitalier, l'abandon de la réforme promise de prise en charge de la dépendance. Au lieu de quoi le gouvernement se limite à un saupoudrage de
mesures dont le point commun est de peser sur les Français les plus démunis: déremboursement d'un nombre croissant de médicaments, imposition des complémentaires santé à hauteur de 7%, report de
trois mois de la revalorisation annuelle des allocations familiales qui d'ordinaire intervient en janvier et ne sera effective qu'au 1er avril 2012. Et ce n'est qu'un début.
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Jeudi 3 novembre 2011
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La crise de la zone euro s'invite au G20, alors que la semaine dernière Angela Merkel et Nicolas Sarkozy assuraient avoir mis en place une solution pour la Grèce.
Le référendum annoncé par Georges Papandréou est vécu par les dirigeants européens comme une trahison, comme si le fait de donner la parole au peuple était contre-nature. En fait, que la
consultation du peuple grec ait finalement lieu ou non, c'est aujourd'hui l'Europe elle-même qui est en question. Il faudra s'interroger sur l'enchaînement de défaillances politiques qui ont fait
passer l'Europe d'un beau projet pour la paix et pour les peuples à une technocratie déshumanisée et ultra-libérale. La crise actuelle est extrêmement grave par les répercussions qu'elle peut
entraîner, à ce jour non maîtrisées. Mais surtout, elle révèle un défaut de gouvernance que la tension de la zone euro fait éclater au travers de trois erreurs devenues des fautes. En premier
lieu, et bien qu'il soit indéniable que la Grèce doit impérativement assumer ses responsabilités et redresser ses finances, l'Europe n'a pas su faire preuve de solidarité dès le début des
attaques spéculatives contre l'un de ses Etats-membres. Elle a en second lieu manqué de réactivité en intervenant à la fois trop tardivement et trop faiblement sur le plan financier. Enfin, elle
a négligé la justice sociale en agissant trop brutalement au travers de mesures d'austérité drastiques et insupportables. L'Europe a depuis trop longtemps privilégié sa dimension économique,
accepté la soumission à la finance, déserté le champ du politique, reporté les réformes structurelles. Ce faisant, elle a abandonné l'exigence de démocratie et laissé les peuples s'éloigner
d'elle. Un immense défi l'attend désormais.
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