Lundi 5 octobre 2009
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72% de militants socialistes sont favorables à une nouvelle limitation du cumul des mandats.
Deux lois seulement ont été adoptées en ce domaine. La première en 1985, lorsque Laurent Fabius était Premier ministre et Pierre Joxe ministre de l'Intérieur. La deuxième en 2000, sous le
gouvernement de Lionel Jospin.
Je conserve une grande fierté d'avoir été le rapporteur de cette loi qui nécessita pas moins de deux ans de navette parlementaire avant son adoption définitive. Encore s'agit-il d'une loi
inachevée. En effet, en raison du conservatisme du Sénat, la loi organique s'appliquant aux députés et sénateurs n'a pas été aussi contraignante que nous le souhaitions, puisqu'un parlementaire
peut toujours présider un conseil général ou régional, ou être maire.
De sorte que, aujourd'hui, tous partis confondus, une moyenne de 82% de parlementaires cumulent en France, alors qu'ils ne sont que 16% en Italie, 15% en Espagne, 13% au Royaume-Uni et 10% en
Allemagne. Pour autant que je sache, les parlements de ces grands pays européens ne sont pas moins efficaces ou moins représentatifs que le nôtre.
La proposition sur laquelle nous nous sommes prononcés vendredi correspond à ce que nous voulions en 1998, à savoir l'impossibilité de cumul entre un mandat parlementaire et une présidence
d'exécutif ou la participation à un exécutif, ce dispositif étant conçu comme « étape vers le mandat parlementaire unique ».
Je suis donc heureux que les militants expriment leur adhésion à ce dispositif. Mais je suis conscient que les mêmes obstacles, dix ans après, surgiront. A cet égard, je précise que je ne crains
pas l'affaiblissement de notre parti par rapport à la droite parce qu'il s'appliquerait des règles de non-cumul. La pression sur l'UMP sera réelle si nous confirmons notre engagement contre le
cumul des mandats, ce que nous ferons en déposant une proposition de loi à l'Assemblée nationale.
La limitation du cumul des mandats est le corollaire de la décentralisation dont nous sommes aussi les ardents défenseurs, et surtout une exigence sur la voie de la modernisation et du
renouvellement de notre démocratie. Pour toutes ces raisons, elle est aussi, comme me l'a dit un jour mon ami Pierre Joxe, « une règle de santé politique ».
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