Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 11:52

Le coup de colère de Juppé, dont il s'est excusé sur la forme mais pas sur le fond, révèle, sans doute sciemment de la part de l'ancien premier ministre, combien la réforme territoriale annoncée par Nicolas Sarkozy dérange même dans ses rangs. Le sénateur Raffarin ne manque pas une occasion de signaler qu'il n'y a pas de majorité pour voter ce projet. Au-delà des interrogations sur la réforme de la taxe professionnelle, c'est l'ensemble du projet de Nicolas Sarkozy qui peine à trouver sa cohérence et son utilité.

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 12:18

Le secrétaire d'Etat à l'intérieur et aux collectivités locales a un vocabulaire aussi orienté que son ciseau. A propos d'une opération de redécoupage plus proche de la chirurgie que de la dentelle, il évoque un « ajustement de la carte électorale ».

 

Simple « ajustement », vraiment? 67 départements métropolitains sont concernés. Dans 42 d'entre eux, le nombre de députés est modifié, soit à la hausse soit à la baisse. Ainsi, le Nord et le Pas de Calais perdent chacun 3 sièges. Globalement, 33 circonscriptions sont supprimées, à effectif constant. Les 25 départements « remodelés » font l'objet d'une modification des contours de leurs circonscriptions.

 

De manière scandaleuse, 11 nouvelles circonscriptions sont réservées aux Français de l'étranger: le fait que ces derniers aient voté à 52% en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007 est assurément fortuit. Le découpage de ces circonscription défie au demeurant le sens commun, le Liban étant par exemple rattaché à l'Afrique et Israël à l'Italie. Le critère qui a prévalu n'est manifestement pas celui de la continuité géographique, qui n'aurait pas permis que 9 de ces 11 circonscriptions soient acquises à la majorité contre vents et marées.

 

Sur la base des résultats des élections législatives de 2007, le redécoupage actuel offrirait 20 sièges supplémentaires à l'UMP, alors que la gauche en perdrait 15. Au prix parfois d'incongruités dont le Conseil constitutionnel, que nous saisirons, pourrait s'étonner. Deux exemples parmi bien d'autres: dans le département du Tarn, M. Marleix, contrairement aux préconisations de la commission Guéna, coupe en deux les deux principales villes, Albi et Castres, car un remodelage respectant les bassins de vie aurait désavantagé les députés UMP et Nouveau Centre; dans l'Ain, la circonscription d'un député UMP, pour être préservée, s'étire sur 150 kilomètres de long et 2 de large, au point qu'il faut passer par la Suisse pour relier le nord de ce ruban au sud! Les couturières et les tailleurs utilisent un ciseau cranteur qui découpe un tissu en zigzag. M. Marleix aussi.

 

Un seul parti, l'UMP, sort gagnant de ce redécoupage qui institue le fait qu'une voix de droite pèse plus qu'une voix de gauche. A l'avenir, il faudra que la gauche réunisse 51,4% de suffrages pour être majoritaire à l'Assemblée nationale. En d'autres termes, si 51,3% d'électeurs nous accordent leur confiance, nous serons quand même minoritaires dans l'hémicycle.


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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 10:18


 

Le groupe socialiste a déposé dans le cadre des séances d'initiative parlementaire une proposition de loi visant à « rendre plus justes et plus transparentes les politiques de rémunérations des dirigeants d'entreprises et des opérateurs de marché », qui sera débattue jeudi en séance publique à l'Assemblée nationale.

 

Ces propositions posent les bases d'une politique des hauts revenus et se limitent à des dispositions théoriquement consensuelles reprenant les intentions maintes fois exprimées par l'exécutif mais non concrétisées.

 

Il s'agit d'abord de contrôler drastiquement l'usage de l'argent de contribuables lorsque l'Etat participe à la recapitalisation d'une entreprises, grâce au plafonnement des salaires des dirigeants d'entreprises aidées. En outre, notre texte propose, afin de mettre un terme à une série de scandales, de limiter les bonus des traders, supprimer les stock options et les parachutes dorés, limiter les retraites chapeaux, et garantir la transparence des rémunérations des dirigeants et leur plafonnement.

 

Ces orientations correspondent à des déclarations répétées du chef de l'Etat. Voici quelques mois encore, dans un discours prononcé à Saint Quentin, ne déclamait-il pas: « Il ne peut pas y avoir d'économie sans morale. Alors il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat ou qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel ».

 

Dont acte! Ajoutons qu'au lendemain du G20 de Pittsburgh, dont il a fait un compte rendu bien plus enthousiaste et personnalisé que la plupart de ses homologues, le président français n'a pas craint  d'affirmer: « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c'est terminé ».

 

On pouvait s'attendre de la part de sa majorité à une même détermination. Pourtant, lors de l'examen de notre proposition en commission des lois, sept articles sur huit ont été purement et simplement rejetés par les députés UMP.

 

Seul rescapé, l'article 2, portant sur l'instauration d'un comité des rémunérations au sein des conseils d'administration des entreprises, a été adopté après avoir été littéralement vidé de sa substance, comme si l'UMP avait compris qu'un refus de sa part de l'intégralité du dispositif serait difficilement plaidable.

 

La coproduction législative si chère à M. Copé ne concerne donc que la majorité. L'opposition, elle, ne doit pas avoir voix au chapitre. Les journées réservées à l'initiative parlementaire ne seront-elles que des séances virtuelles où nous serons condamnés à jouer les figurants dans des parties perdues d'avance?

 

Il ne faut jamais croire M. Sarkozy. Ni lorsqu'il affirme combattre l'immoralité du capitalisme financier, ni lorsqu'il prétend donner un rôle à l'opposition parlementaire. Il veut bien des débauchages individuels qu'il comme des faire-valoir, mais surtout pas des contre-pouvoirs. Des proies, mais pas d'ombre.


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