Lundi 14 avril 2008
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La réforme Fillon de 2003 prévoit un « rendez-vous sur les retraites » en 2008. Dans cette perspective, les intentions du
gouvernement ont de quoi inquiéter. Les mésaventures du Fonds de réserve des retraites illustrent le cynisme du premier ministre et du ministre en charge du dossier, Xavier Bertrand. On se
rappelle qu'en 2001, le gouvernement de Lionel Jospin a mis en place le Fonds de réserve des retraites, dont l'objectif était de constituer d'ici 2020 une réserve de 150 milliards d'euros
permettant de couvrir la moitié des besoins de financements supplémentaires des régimes de retraite des salariés du privé. Le FRR constitue ainsi l'un des leviers de la réforme des retraites,
avec la durée et le niveau des cotisations, et le taux de remplacement. Or, aujourd'hui, il est à sec. Depuis 2002 en effet, l'Etat ne lui pas versé les recettes des privatisations, contrairement
à ce que la loi prévoyait. Sa ressource principale provient donc d'une faible part des prélèvements sociaux, lui assurant un abondement annuel de 1,3 milliard d'euros seulement. De plus, le Fonds
vient de perdre 10% de sa valeur depuis le 1er janvier, soit 3 milliards d'euros, en raison de placements boursiers imprudents. Mais ce n'est pas tout. Confronté à son incurie budgétaire, le
gouvernement envisagerait de faire main basse sur la « cagnotte » du FRR pour désendetter la France. Interrogé par Didier Migaud, la semaine dernière, Xavier Bertrand, à son habitude, a
pris les choses de haut. Hier, Roselyne Bachelot, invitée du grand jury RTL-Le Figaro-LCI, a botté en touche, mais sans démentir. Un aveu ?
Mercredi 9 avril 2008
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La France en 3ème position d'un classement international, voici un événement qui mérite d'être salué
! Quel est donc ce domaine dans lequel nous obtenons, en 2007, une « médaille de bronze » ? La défense des droits de l'homme ? L'égalité entre les femmes et les hommes ? Le respect de
l'environnement ? Trêve de rêve (ou de plaisanterie). Notre exploit est beaucoup moins glorieux. L'année dernière, nous avons partagé avec le Japon et le Royaume-Uni le triste privilège de
figurer parmi les pays qui ont le plus réduit leur effort en faveur des pays en développement. Selon les chiffres publiés par l'OCDE, pour la première fois depuis huit ans, l'aide française a
chuté dans une proportion considérable, passant de 6 765 millions d'euros en 2006, soit 0,47 du PIB, à 6 343 millions d'euros en 2007, 0,39% du PIB. Vers quelles affectations budgétaires ces 422
millions d'euros se sont-ils envolés ? Combien de villages d'Afrique ou d'ailleurs ont-ils dû renoncer à des projets d'écoles, d'hôpitaux, d'assainissement d'eau, à cause de quelques millions de
moins ? Certes, la France doit réduire ses déficits, mais les gaspillages ne sont certainement pas dans l'aide publique au développement, dont nous nous étions au demeurant engagés à augmenter le
montant. Et quels sont les bénéficiaires des quelques millions de plus ? 400 millions d'euros, c'est le coût estimé en année pleine des remboursements prévus au titre du bouclier
fiscal.
Lundi 7 avril 2008
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Il était une fois un jeune homme, venu du Mali en 2004 pour donner un rein à sa soeur qui vivait en France. Il n'était donc pas un
immigré clandestin. Il avait bénéficié d'un titre de séjour jusqu'en 2007. Depuis trois mois il se trouvait sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière. Vendredi dernier, il a paniqué
au cours d'un contrôle de police à la gare RER de Joinville-le-Pont. Dépassé par la peur qui est malheureusement le lot commun de nombreux « sans-papiers » traqués sur notre territoire,
il s'est jeté dans la Marne pour échapper aux policiers. Il n'a pas pu être ranimé après son transfert à l'hôpital. Il n'est pas la première victime de cette politique du chiffre qui définit
arbitrairement le nombre de reconduites à la frontière que les forces de l'ordre sont tenues d'effectuer. Le pouvoir actuel assume ce choix, le revendique, et ne le remet pas en cause, même
lorsque de pareils drames surviennent. Hier, le porte-parole du gouvernement a réagi avec une brutalité consternante: « Quand on est un citoyen en règle, on se conforme aux contrôles de
la police ». On croirait entendre un dirigeant chinois parlant des Tibétains. Le jeune homme s'appelait Baba Traoré. Il est mort à 29 ans, en France, patrie des droits de
l'homme.
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