Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 11:32

Le chômage s'est très significativement aggravé au mois d'octobre. Le nombre de demandeurs d'emplois a progressé de 52 400, soit 2% de plus que le mois précédent, et 25% de plus sur un an.

 

Ce chiffre annoncé par Pôle emploi ne prend en compte que les demandeurs d'emploi en catégorie A, ceux qui n'occupent aucun emploi. De la même manière, le communiqué du ministère de l'Economie fait aussi l'impasse sur la situation des demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite, pourtant en progression de 43 000 personnes en octobre et de 20% sur l'année.

 

Au total, fin octobre, près de 3,8 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi en métropole, et plus de 4 millions avec les Dom. Un tel niveau est sans précédent depuis 2005.


Incontestablement, le pouvoir cherche à minimiser les chiffres, d'une part en ne s'intéressant pas à toutes les catégories de chômeurs, d'autre part en n'évoquant pas les salariés victimes d'un licenciement économique qui bénéficient d'un contrat de transition professionnelle ou d'une convention de reclassement personnalisée, et sont comptabilisés comme « stagiaires de la formation professionnelle ».

 

La polémique sur les statistiques n'est donc pas infondée, mais il faut aborder le fond du problème. Car la réalité est que la France connaît un chômage de masse, dont l'UMP sous-estime volontairement la gravité. Le président de la République n'assurait-il pas, le 23 novembre dernier, devant les dirigeants de Pôle emploi: « On va y arriver ensemble! ». Quant à François Fillon, samedi à Aubervilliers, il n'a pas craint d'évoquer la réussite des réformes réalisées par Nicolas Sarkozy, et « enviées par d'autres pays européens ».

 

Beaucoup de Français ont pourtant du mal à voir ce que la politique de Sarkozy a d'« enviable ». Ils la jugent plutôt déplorable. D'ailleurs, pour qu'ils ne soient pas tentés de sanctionner le pouvoir en mars prochain, le gouvernement veut leur faire croire que le pire de la crise est passé. Or, nous nous trouvons en plein coeur de la crise économique, et la crise sociale est devant nous. Il serait donc temps que le gouvernement engage une politique de soutien à l'emploi, avec un effort particulier en direction des jeunes, et qu'il prenne des mesures contre les processus d'exclusion professionnelle qui s'amplifieront aussi longtemps que le chômage ne sera pas contenu et sa courbe durablement inversée.

 

Au lieu de quoi, de l'Elysée à Matignon, du gouvernement à l'UMP, tout le monde va être réquisitionné pour nous tenir un discours unique, sur les thèmes de prédilection du chef de l'Etat: sécurité, immigration, « identité nationale ». Pas sûr que le pays s'y reconnaisse...


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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 11:10




Alors que la grève des travailleurs sans-papiers dure depuis six semaines, touchant de nombreuses entreprises et chantiers, le gouvernement s'est enfin saisi du problème, mais avec une certaine incohérence. Deux ministres se disputent le dossier, promettant un dispositif législatif qui existe déjà! De plus, l'application de sanctions est difficile compte tenu de l'ampleur du phénomène des travailleurs sans papiers. Entre 350 000 et 400 000, voire 500 000, dans une multitude de secteurs: l'intérim, l'aide à domicile, la restauration, le bâtiment, la sécurité, le nettoyage. Autant dire que le patronat français s'accommode très bien de ce phénomène, et que l'agitation gouvernementale n'est, une fois encore, rien de plus que de la gesticulation à visée électoraliste.



Lire:  la note d'actu





























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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 14:25

L'histoire de la baisse de la TVA dans la restauration est l'illustration, en quatre actes, d'une méthode de gouvernement un peu inquiétante: les caprices du président de la République doivent avoir force de loi.

 

Premier acte, une promesse présentée comme toujours de manière simpliste et incontestable, à grands coups de slogans. Avec la TVA à 5,5%, Sarkozy le jure: les restaurateurs baisseront  leurs prix, les consommateurs y gagneront donc du pouvoir d'achat, et des emplois seront créés dans le secteur. Sa majorité est habituée à voter sans discuter, elle s'exécute.

 

Deuxième acte: dès la fin de l'été, il apparaît que les cafetiers et restaurateurs n'ont pas respecté les engagements qu'ils ont pris auprès de l'Etat. Ils ont diminué leurs prix de moins de 1,5%, ont créé très peu d'emplois, et refusé d'augmenter les salaires, consentant à peine à l'ouverture de négociations au demeurant peu concluantes.

 

Troisième acte: la gauche demande la suspension d'un dispositif dont l'échec est patent, mais une partie de la droite s'inquiète aussi. La baisse de la TVA dans la restauration prive l'Etat de près de 3 milliards d'euros de recettes fiscales chaque année. Dans un contexte budgétaire piteux, ce gaspillage est un scandale. Lundi, la commission des finances du Sénat, au sein de laquelle la droite est majoritaire, vote, à l'unanimité, le rétablissement du taux de 19,6% de TVA dans la restauration. Manière pour les sénateurs, toutes tendances confondues, de montrer qu'ils ne sont pas dupes. L'auteur de l'amendement déclare: « Face au risque de creusement de notre déficit public, cette baisse de la TVA pour les restaurateurs ne nous semble pas justifiée, d'autant plus que les consommateurs n'ont pas vu de résultats probants sur les prix pratiqués ».

 

Quatrième acte: en séance publique, cet amendement est supprimé et le taux réduit de TVA dans la restauration rétabli. Quant au gouvernement, qui n'avait pas écarté, si les restaurateurs ne jouaient pas le jeu, d'en « tirer les conséquences », n'a plus aujourd'hui aucun moyen de pression sur eux : hier, Nicolas Sarkozy a juré que « jamais » il ne reviendrait sur le taux de 5,5% dans la restauration.

 

Entre les consommateurs et les restaurateurs, le chef de l'Etat a choisi. Sur ce plan-là, au moins, il a sa cohérence: comme d'habitude, les consommateurs-contribuables paieront les cadeaux qu'il fait à sa clientèle électorale. Son ticket-restaurant à lui, c'est plutôt le ticket-restaurateurs.


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