Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 11:58

Trois dimensions, un seul axe, ainsi apparaît le bilan du président de la République et de son gouvernement. L'axe n'est ni le changement ni la rupture, mais l'échec.

 

Les deux premières dimensions sont la déroute économique et le gâchis social. La France se porte mal, avec un déficit explosif, un endettement exponentiel, un chômage endémique. Alors que l'emploi est la préoccupation majeure des Français, il semble le cadet des soucis du chef de l'Etat. Dans ses voeux, le 31 décembre, rien. Pourtant, près de 4 millions de personnes sont inscrites au Pôle emploi. Nous allons passer cette année le seuil de 10% de taux de chômage. Nos entreprises détruisent de l'emploi et notre industrie perd des parts de marché, comme on le voit avec le fiasco d'Abu Dhabi. De surcroît, les inégalités sont criantes, notamment en matière fiscale à cause du bouclier pour les riches que Sarkozy s'obstine à maintenir. Le Conseil constitutionnel vient de censurer la taxe carbone parce qu'elle constituait une rupture de l'égalité devant l'impôt, les  entreprises les plus polluantes en étant exonérées mais pas les ménages les plus modestes, ceux pour lesquels le coût de l'énergie ne cesse de s'alourdir.

 

L'échec se révèle aussi dans un troisième domaine, celui de la démocratie et des libertés. Dans cette République que l'on nous promettait « irréprochable »,  on expulse des réfugiés vers leur pays en guerre, on recourt à la garde à vue sans discernement (1% de la population a été placé en garde à vue en 2008), on tente de diviser les Français avec un ignoble débat sur l'identité nationale, et finalement, jour après jour, c'est la démocratie qui s'affaiblit. Rien ne doit résister au chef de l'Etat, qui refuse toutes les formes d'opposition, y compris au plan politique. Il s'attaque ainsi aux socialistes par tous les moyens. Après un redécoupage des circonscriptions législatives qui exigera désormais de la gauche un score de 51,4% pour obtenir la majorité à l'Assemblée nationale, il prépare le même coup bas pour nos collectivités. La réforme territoriale dont nous allons examiner le premier projet de loi dès mercredi, prévoit la mise en place d'un « conseiller territorial », issu de la fusion du conseiller général et du conseiller régional, et qui sera élu selon un mode de scrutin uninominal à un seul tour illisible, insolite et sans doute inconstitutionnel: en effet, ce scrutin pourra conduire à accorder des sièges à des candidats qui n'ont pas la majorité, et c'est même son seul objectif. Il s'agit tout simplement de remédier au point faible de l'UMP, parti unique donc dépourvu de réserves de voix pour les seconds tours.

 

2010 ne sera pas une année facile pour les Français. Mais nous devons l'aborder avec combativité, comme une année de mobilisation politique, en faveur de la croissance et de l'emploi, de la justice et des libertés.


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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 12:13

Tout ce que fait Sarkozy est grand, au moins dans les annonces. A l'arrivée, c'est souvent une autre histoire. Comme celle du « grand Paris », ou celle du « grand débat sur l'identité nationale », ou encore celle du « grand emprunt ». Car le « grand emprunt » est devenu petit, conformément aux préconisations de la Commission présidée par Alain Juppé et Michel Rocard, qui ont proposé à l'Etat d'investir 35 milliards d'euros dans sept priorités. L'accent mis sur la recherche et l'enseignement supérieur n'est pas contestable, mais le dispositif retenu risque d'aggraver les disparités entre les différentes universités françaises.

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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 10:56

Le groupe socialiste recevait hier Wali Mohammadi, auteur du livre « De Kaboul à Calais », dans lequel il raconte le calvaire de sa famille en Afghanistan, l'enfer de Kaboul, son exil, sa survie grâce à une famille de Calais, son intégration en France où il exerce aujourd'hui le métier de boulanger pâtissier à Lille tout en préparant son bac. Wali Mohammadi a traversé l'horreur. Il dit qu'il est « né dans la guerre », qui a coûté la vie à son père, sa mère, une de ses soeurs et ses deux frères. Pourtant, il livre un message d'espoir en nous disant: « Le rêve permet d'avancer ».

 

Il n'empêche, le cauchemar se poursuit. Le  gouvernement français a renvoyé cette nuit neuf migrants afghans vers Kaboul, où sévissent la guerre, la violence, les attentats, et où leur vie sera en danger. Il existe cependant des règles européennes qui auraient dû leur permettre de bénéficier d'une protection internationale. Elles figurent dans une directive européenne de 2001, transposée en droit français en 2005, et pourtant non appliquée.

 

A l'Assemblée nationale et au Sénat, les parlementaires socialistes ont déposé une proposition de résolution souhaitant que la France agisse au niveau européen en faveur de l'octroi de cette protection temporaire aux réfugiés afghans en provenance d'Afghanistan ou du Pakistan. Face à la situation de guerre qui pousse des dizaines de milliers d’Afghans à fuir leur pays, l’application de cette directive permettrait d’assurer, de manière temporaire, l’accueil et le séjour de ces réfugiés.

 

L’Union Européenne et la France, engagée militairement dans le conflit, ne peuvent ignorer cette situation. Les Vingt-sept Etats membres, qui viennent d'adopter le programme pluriannuel de Stockholm, doivent assumer leurs responsabilités dans l'accueil des personnes nécessitant une protection internationale.

 

Nous demandons aussi que la France se montre ambitieuse dans la promotion auprès de ses partenaires européens d'un régime d'asile commun, fondé sur des normes élevées, permettant de garantir un accès effectif à la protection internationale pour toutes les personnes fuyant les conflits.

 

C'est le rêve de Wali Mohammadi, c'est aussi le rêve européen, si l'Europe veut bien se souvenir qu'elle a été fondée sur un idéal de paix et de liberté.


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