Jeudi 17 novembre 2011
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Mardi, pendant que le gouvernement annonçait (et que la majorité votait) l'instauration d'une journée de carence pour les
fonctionnaires en arrêt maladie et d'un quatrième jour de carence pour les salariés du privé, Nicolas Sarkozy, solennel, martial, exhumait un thème de campagne déjà utilisé en 2006: la fraude
sociale. Le président-candidat ne recule pas devant les grands mots, estimant que « la fraude, c'est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l'esprit de
1945 ». Nicolas Sarkozy en campagne retrouve ses fondamentaux. Déjà, en 2006, il s'adressait à « celui qui travaille dur pour gagner sa vie
et qui est démoralisé de voir que l'assistance paye mieux que le travail. Aujourd'hui, la majorité a repris ce flambeau. On se souvient de Laurent Wauquiez stigmatisant « les dérives de l'assistanat », qualifié de « cancer de la société ». La nouvelle offensive anti-assistanat est lancée dans le
contexte du rapport que vient de rédiger un député de la « droite populaire ». Ce document parlementaire évalue à 20 milliards d'euros le coût supposé de la fraude sociale à l'Etat,
mais reconnaît que ce montant correspond pour l'essentiel aux cotisations non versées par les chefs d'entreprises, la fraude aux prestations sociales comme le RSA, les allocations familiales, les
arrêts maladie, se limitant à moins de 1% des 400 milliards de prestations sociales versées chaque année par la sécurité sociale. Surtout, au moment où le gouvernement donne des leçons de vertu
budgétaire en assurant, à juste titre d'ailleurs, que nous ne devons pas léguer nos dépenses sociales à nos enfants, il omet de préciser que c'est exactement ce qu'il a fait l'année dernière, en
transférant à la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale) 120 milliards de dette sociale, ce qui revient à emprunter pour faire payer une partie des soins médicaux d'aujourd'hui par
ceux qui travailleront au-delà de 2022. La lutte contre la fraude de quelques-uns est donc l'arbre qui cache la forêt de la régression sociale pour tous, et pour longtemps.
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Lundi 14 novembre 2011
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Chacun de nous ressent autour de lui la montée de la précarité chez les jeunes, leurs difficultés à
accéder à l'emploi, au logement, aux soins médicaux, ou simplement à financer leurs études. Le dernier rapport du Secours catholique recense avec beaucoup de précision ce phénomène. Le fait que
12% de situations rencontrées par l'association concernent les moins de 25 ans est inquiétant parce que les jeunes ne s'adressent à une organisation caritative qu'en dernier recours. Il apparaît
que les 18-25 ans sont aujourd'hui la classe d'âge la plus pauvre de France, 30,5% de cette population étant dépourvue de ressources et 40,2% au chômage. La Croix-rouge observe de son côté que
depuis deux ans, les demandes d'aide alimentaire des moins de 25 ans sont passées de 3 à 9%. Cette dégradation est alarmante. Trois piliers soutenaient traditionnellement l'autonomie des jeunes:
la famille, l'emploi, le logement. Or, les familles s'appauvrissent, la recherche d'un premier emploi reste un parcours du combattant jonché de stages bidons et de contrats précaires, dans le
contexte d'un chômage massif, enfin le logement demeure un rêve inaccessible pour les jeunes. Les dernières mesures de rigueur décidées par le gouvernement fragiliseront encore de nombreux
jeunes, notamment le doublement de la taxe sur les mutuelles qui risque de provoquer, une « crise sanitaire », selon les deux principaux syndicats étudiants que le ministre de
l'enseignement supérieur refuse pourtant de recevoir. Les études supérieures ne sont d'ailleurs plus un rempart puisque, dans la répartition de personnes faisant appel au Secours catholique, près
de 40% ont un niveau d'études supérieur contre 36% n'ayant pas dépassé le niveau primaire. La jeunesse devra être au coeur de nos propositions pour 2012, elle ne peut plus attendre.
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Jeudi 10 novembre 2011
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C'est devenu une habitude de ce gouvernement, il préfère les réponses éparpillées aux réformes efficaces. Le deuxième
plan de rigueur depuis le mois d'août vient ainsi d'être annoncé, au moment de l'examen au parlement de la loi de finances pour 2012 et du budget de la sécurité sociale. Comme toujours, cette
majorité pratique le saupoudrage pour tenter de masquer le matraquage. Le dernier dispositif Fillon est un plan pour les marchés, pas pour les
Français.
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